‹ La Production animale dans le Département de la SommeChapitre 7 sur 16 · LE, MILIEU · texte numérisé non relu

LE, MILIEU

Le département de la Somme, qui constituait la majeure partie de l’ancienne province de Picardie, doit son nom au fleuve qui le traverse. Ses limites naturelles sont : à l’ouest, la Manche, avec un développement côtier de 56 kilomètres ; au sud-ouest, la Bresle, rivière qui le sépare de la Seine-Inférieure ; au nord, l’Authie, autre rivière qui marque la séparation avec le Pas-de-Calais. Au nord-est, il confine au département du Nord, à l’est, il est limitrophe de l'Aisne, au sud, de l'Oise. Sa superficie est de 616.120 hectares.

Dans sa plus grande partie, il est constitué par des plateaux plus ou moins ondulés, coupés par quelques vallées assez larges mais peu prononcées, que surmontent plusieurs chaînes de collines d’une faible altitude. Ces plateaux se terminent vers la Manche, dans la partie méridionale, par des falaises escarpées, tandis que dans la région septentrionale, ils s’abaissent insensiblement jusqu’à la mer. Le point culminant atteint 210 mètres près de Neuville-Coppegueule (canton d'Oisemont).

La Somme, longue de 240 kilomètres, dont 200 dans le département, a un cours sinueux orienté d’est en ouest. Elle reçoit des affluents nombreux, mais peu importants, dont les principaux sont : l'Ingond, la Beine, l'Allemagne, l’Avre, la Luce, la Noye, la Selle, l’Aïraine, la Trie, l'Amboise sur la rive gauche ; la Germaine, l’'Omignon, la Tortille, l'Ancre sur la rive droite.

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L'Authie, longue de 105 kilomètres, sert de limite avec le Pas-de Calais sur une grande partie de son cours.

La Bresle joue le même rôle par rapport à la Seine-Inférieure sur toute sa longueur qui est de 72 kilomètres.

Le climat, tempéré et humide, devient d'autant plus égal qu'on se rapproche davantage de la mer.

Dans le centre et dans la partie orientale, il est plus rude, mais il n'y a jamais de températures excessives.

La température moyenne de l’année est de 10204 ; celle de l'été : 17°48 ; celle de l'hiver : 2:58, soit une différence de 14°9 caractérisant un climat modéré. Les plus fortes chaleurs constatées ont atteint 38° et les plus grands froids — 25°, soit entre les unes et les autres un écart de 63°.

Le voisinage de la mer tempère les étés et donne des hivers relativement doux.

La pression moyenne est de 759 millimètres.

La nébulosité moyenne est de 65 à Amiens. Le ciel de Picardie est aux deux tiers caché par des nuages. Le maximum de clarté a lieu en mai (55,9) ; le minimum en janvier (76,3).

L'état hygrométrique moyen est de 84,5 ; en hiver, il est supérieur à 90 ; pendant les mois secs, il descend à 77.

Les vents dominants sont ceux de l’ouest, du sud-est et du nord-est.

On compte 128 jours de pluie par an donnant une hauteur de 629 millimètres.

Le terrain le plus ancien est la craie, qui existe dans tout le département. Cette craie a été déposée sur une surface très inégale et dans une mer tranquille ainsi que l'annonce la disposition de ses strates et des bancs de rognons de silex qu'elle contient. Sa partie supérieure a ensuite subi l'effet d'immenses courants d’eau qui la ravinèrent avant et après le dépôt de terrain tertiaire. Elle forme des bancs souvent très épais, affleurant dans un grand nombre de localités, et présentant parfois une puissance considérable, En certains points

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elle est mélangée à sa partie supérieure de rognons de silex disposés en lits horizontaux ou plus ou moins inclinés. Elle peut être assez compacte pour être exploitée comme pierre de taille (craie à bâtir) et certains lits peuvent même servir à l'empierrement des routes. La craie à belemnitelles, qui constitue la partie supérieure de l'étage est, en certains endroits, phosphatée et sableuse.

Au-dessus des formations crétacées, on trouve ça et là des lambeaux de terrain tertiaire. Ils sont, le plus souvent, entourés et recouverts de terrains plus récents et forment généralement des tertres.

Appartenant à l’éocène, ils sont constitués par des grès ferrugineux, des amas de sables et de silex verdâtres, des sables rouges, des grès coquilliers, des galets, des argiles, des lignites.

L’argile à silex est la formation qui nous intéresse le plus. Elle se rencontre dans les poches de la craie sur laquelle elle repose directement, en un épais revêtement susceptible d’atteindre de 6 à 10 mètres à l’est d'Oisemont.

Elle forme une argile grasse, compacte ; c’est presque une glaise qu'on dénomme « bief » ou «terre à panne ».

Dans les terres de culture, elle assure l’imperméabilité du sous-sol ; sa présence en Vimeu nous expliquera plus tard la vocation herbagère de cette région.

Les terrains quaternaires (pleistocène) sont très développés. Ils recouvrent presque partout la craie sur laquelle ils reposent directement dans la majeure partie des cas.

Connus jadis sous le nom de « diluvium », ils sont constitués par des mélanges sans cohérence de formations détritiques dont les matériaux ont été empruntés aux terrains antérieurs (craie, argile à silex, assises tertiaires). Ils résultent de l’action des eaux (érosion, puis ruissellement et alluvionnement) — de celle de l’air et, peut-être pour certains dépôts, de l’action

éolienne.

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