‹ La Production Coopérative: Par Les Associations OuvrièresChapitre 6 sur 9 · CAN · texte numérisé non relu

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Mais soit qu’on les envisage à l’élat actuel, soit qu’on les considère dans l’état de développement que rêve pour eux l'école néo-coopératiste, ces groupements coopératifs rencontrent et rencontreront en face d'eux une autre série de groupements ouvriers, les groupements syndicaux.

Quels peuvent et quels doivent être les rapports entre les syndicats et la coopération, soit qu'on l’envisage sous la forme de coopération de production autonome, soit qu'on la considère avec l'apparence que lui donne l’école néo-coopératiste ?

M. Gide (2) voit dans les syndicats un point d'appui nécessaire pour le développement de la coopération. Il estime que les syndicats auraient dù prendre dans une certaine mesure la direction du mouvement coopératif : chaque chambre syndicale commençant par constituer une coopéralion de consommation,et au lieu de distribuer aux membres les bénéfices du magasin coopératif, les versant dans sa caisse. Lorsque le capital ainsi

(4) V. sur le néo-coopératisme, son histoire, ses tendances et ses résultats possibles, un article de A.-D. Bancel, paru dans L’Effort, revue fédérale de littérature de sociologie et d’art, janvier et février

(2) La Coopération et son avenir, Revue socialiste, 1888, I, p. 595.

amassé serait suffisant, on s’en servirait pour constituer un atelier social dans lequel tous les membres du syndicat pourraient au besoin trouver de l'ouvrage. Enfin, cet atelier social constitué,le syndicat ouvrirait un magasin coopératif où l’on vendrait au public le produit de ces ateliers sociaux.

IL y aurait là un avantage, à la fois au point de vue syndical et au point de vue coopératif; les syndicats trouvant dans cette pratique le moyen d'employer l'activité de leurs membres et se procurant ainsi des ressources; la coopération, d'autre part, trouvant un appui dans la solidarité professionnelle de tous les membres des syndicats.

C’est ce qu’on à tenté de faire en Belgique avec les sociétés coopératives du genre du Vooruit: mais nous avons vu qu’en France,la réalisation de ce projet avait rencontré peu de faveur et trouvé de nombreuses difficultés du côté des organisations syndicales.

En Angleterre où, comme on le sait, les organisations syndicales sont particulièrement développées, la question des rapports qui devaient s'établir entre les trade-unions et les organisations coopératives, à préoccupé les partisans de l’un et l’autre mouvement. Cette question à fait notamment l'objet d’une étude de Mlle Béatrice Potter dont on connaît les sympathies et pour le mouvement syndical et pour le mouvement coopératif, dont elle s’est faite l'historienne. Dans une conférence faite à Tynemouth au congrès d'août 1892,

elle a étudié les relations qui doivent exister entre les trade-unionistes et les coopérateurs.

Nous croyons intéressant de résumer ici ces idées qui nous paraissent contenir une vue complète du problème.

Les trade-unions d’une part, et les organisations coopératives de l’autre, constituent les deux formes de l’organisation de la démocratie industrielle moderne et doivent toutes les deux être mises sur le même plan et se prêter un mutuel appui. Elles doivent se développer toutes les deux parallèlement et il n’est pas possible d'espérer le développement complet de l’une de ses organisations indépendamment du développement de l’autre.

Mais si le mouvement syndical et trade-unioniste est simple en ce sens que toutes les organisations syndicales sont construites sur le même plan et d’après les mêmes principes, le mouvement coopératif se présente, au contraire, sous une forme double avec d’un côté les associations coopératives de production, de l’autre, les associations coopératives de consommation.

Ces deux formes, pour Mlle Potter, doivent s’exclure. Il faut adopter l’une ou l’autre.

Or Mlle Béatrice Potter, comme M. Gide et comme l’école néo-coopératiste, abandonne résolument l’association coopérative de production, pour des raisons à peu près analogues à celles que nous avons déjà trouvées chez eux. En effet, si d’abord, la coopérative de

production est envisagée à l’état isolé, comme elle se présente actuellement, et si elle prétend entrer en concurrence avec les organisations patronales antérieurement existantes, elle est forcée d'adopter leurs procédés. Pour ne pas succomber, étant donnée la concurrence effrénée qu'elle aura à subir, elle sera forcée d'économiser sur la main-d'œuvre comme le font les patrons, et l'on pourra voir ainsi des associations co0péralives réduisant leurs ouvriers salariés à de véritables salaires de famine.

Si maintenant on suppose que la coopération de production est arrivée à franchir les difficiles étapes du début et à se développer de façon à étendre sur l’ensemble de la production un vaste réseau d'associations, le seul résullat sera de constituer aux dépens du consommateur, un monopole aussi oppressif que peut l'être celui des capitalistes réunis en trusts.

En fait, Mile Béatrice Potter constate, qu'en Angleterre tout au moins, ce qu'elle appelle l'atelier à gouvernement autonome (self government workshop) se compose simplement d’un petit nombre de capitalistes ne travaillant pas, et d’un grand nombre d'ouvriers non associés, el que l’on ne peut guère attendre de l'avenir que le mouvement coopératif de production se développe autrement. La Révolution industrielle qui a amené une concentration de plus en plus grande des capilaux, à rendu, en effet, extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible aux ouvriers d'acquérir la pro-

priété de leurs instruments de travail, sans devenir des capitalistes indépendants. L'association de production convenait surtout au temps où l’industrie était domestique et manuelle, et l'âge des machines et de la grande industrie à amené la mort de l'association de producteurs, aussi certainement qu'il a fait disparaître les formes rudimentaires d'industrie, par exemple le tisseur à la main.

Par conséquent, Mile Béatrice Potter estime que ce n'est pas de ce côté que les coopérateurs devront tourner leurs efforts. C'est uniquement du côté des associalions coopératives de consommation. Pour celles-là tout est avantage et résultat certain. Ce sont elles qui offrent le moyen de faire passer peu à peu entre les mains de la classe ouvrière la direction de l’industrie.

Mais même en supposant qu’elles aient pris une extension aussi large qu'on peut le supposer, le mouvement trade-unioniste n’en conserve pas moins à côté d'elles une très grande utilité.

D'une part, en effet, la coopération, sous forme d’associations coopératives de consommation dirigeant la production, ne peut pas englober toutes les industries ; il y en a certaines, comme les services publics, les postes, les chemins de fer, les distributions d’eau et de gaz qui resteront toujours en dehors de son cercle d’action. Dans ces industries, quelle que soit la forme qu'elles revôtent, l'utilité des trade-unions continuera à se ma-

nifester comme par le passé.

D'autre part, et en supposant même par hypothèse que cette exception puisse ne pas exister et que la coopération s'empare de toute la production, il sera encore nécessaire qu'en face de l’organisation coopérative, il y ait un contre-poids,qu'’en face des consommateurs unis, les producteurs soient eux aussi représentés par une union puissante, qu’à côté des associalions coopéralives, se dressent les associations syndicales, les tradeunions.

En effet, les associations coopératives étant d'abord des associations de consommation, seront forcément guidées par le désir de vendre à meilleur marché leurs produits, et cet intérêt est directement opposé à celui du producteur qui, lui, veut avant tout le maintien d'un salaire suffisant, de ce que les Anglais appellent standard of hfe, et c’est là ce qu’aura pour but de défendre la trade-union.

L'expérience a montré déjà son utilité, même en face des associations coopératives, cette utilité ira croissant à mesure que l'extension de ces associations deviendra plus considérable.

C'est là un des côtés de la question.

Reste un second point de vue.

Les trade-unions ne suffiraient-elles pas à elles seules, sans les associations coopéralives, à assurer l'avenir de la classe ouvrière ?

Non, répond Mlle Béatrice Potter, le trade-unionisme

ne peut pas à lui seul, quelque développement qu'on

lui suppose, apporter une solution complète de la question sociale. Comme l'exprime Mlle Béatrice Potter, dans une image saisissante, contre le roc inébranlable de la rente, tous les orages du trade-unionisme se déchaînent en vain. Il faut quelque chose de plus que l'association des travailleurs, pour réaliser l'idéal qui consiste à faire recueillir à ces travailleurs, la totalité du produit de leur travail. Comme simples travailleurs, ils n’arriveront jamais à la suprématie, parce qu'ils seront toujours obligés de se plier aux nécessités de la production. Il faut qu'en même temps qu'ils luttent contre l'oppression comme travailleurs, ils luttent aussi pour la possession de l’industrie comme consommateurs.

Le bon unioniste, dit Mile Béatrice Potter, doit nécessairement joindre à cette qualité celle de membre d'une société coopérative de consommation, nationale ou locale.

Cela est encore nécessaire à un autre point de vue, inverse de celui que nous avons rencontré tout à l'heure. L'association syndicale n’envisage forcément que l'intérêt particulier de ses membres, auxquels elle se préoccupe avant tout, de faire obtenir une rémunération supérieure, aux dépens même quelquefois de l'intérêt commun de la nation. Il lui est indifférent d’occasionner par ses réclamations une surélévation du prix des produits fabriqués qui peut être désastreux

pour l’industrie nationale.

Il y a par conséquent, en ce qui concerne l’organisation de l'industrie, des questions qu’il vaut mieux ne pas laisser à décider aux trade-unions seules, là aussi il y a la nécessité d'un contre-poids. Le rêve mal défini d'investir les trade-unions d’un pouvoir absolu et sans contrôle sur les nécessités de la branche d'industrie qu'elles représentent, doit être repoussé comme un idéal absolument faux. Chaque travailleur, avant même d'être un travailleur, est citoyen, il appartient à une collectivité, des intérêts de laquelle il a Le devoir de se soucier. Cette collectivité, c’est aux consommateurs réunis en associations d'en représenter les intérêts. D'où la nécessité des coopératives en face des tradeunions.

La conclusion pratique que Mile Béatrice Potter dégage de ces idées, c'est que chacune de ces deux branches de l’organisation industrielle moderne à le devoir de travailler autant qu'il sera en son pouvoir au succès et à la prospérité de l’autre. L’ouvrier coopérateur qui n'est pas en même temps membre d’une trade-union manque à tous les principes de solidarité entre tous les membres de la classe ouvrière, puisqu'il ne se soucie pas du maintien d’un salaire suffisant pour ceux qui concourent à l’établissement du produit qu'il consomme. D'autre part, le trade-unioniste qui n’est pas coopérateur, forge lui-même sa chaîne d’esclavage, puisqu'il se retire volontairement de la lutte qui tend à établir la suprématie de la démocratie ouvrière organisée, sur l’industrie.

Mais les deux organisations ne doivent pas se fondre en une seule, les syndicats ouvriers employant les capitaux dont ils pourraient disposer à fonder des associations coopératives. Mile Béatrice Potter, au contraire, voit plutôt les deux organisations se développer parallèlement, d’une façon indépendante, et traitant entre elles, en quelque sorte de puissance à puissance.

Mile Béatrice Potter esquisse un plan des rapports journaliers qui doivent s'établir entre les deux organisations.

Lorsque, par exemple, un ouvrier arrivera dans une ville et qu'il cherchera le local de la trade-union, il faudra que le secrétaire de cette union lui remette immédiatement l'adresse du magasin coopératifle plus proche et l'y fasse inscrire. Et de même, quand un magasin coopératif recevra un nouveau membre, il faudra que son adresse et son nom soient immédiatement indiqués au secrétaire du trade-council (bureau de la fédération des unions dans chaque district) lequel le signalera immédiatement au secrétaire de la trade-union de sa profession qui s’occupera de l'y faire adhérer.

Il faudra en outre, que la société coopérative, généralement plus riche et plus prospère, mette à la disposition de l’union locale, pour les fêtes ou les meetings qu'elle peut vouloir donner, ses bâtiments.

Les associations coopératives devront prescrire sévèrement la vente dans leurs magasins de tous les produits qui leur seront signalés par les unions au moyen

de la marque ou label, comme ayant été fabriqués par des ouvriers payés d’un salaire de famine, de façon à obvier autant que possible au développement du swealing-syslem.

[ faudra enfin que les associations coopératives s’engagent à ne pas faire travailler leurs ouvriers dans les ateliers de production qu’elles peuvent posséder avec un salaire inférieur à celui fixé par la trade-union de la profession. 3

Moyennant cet appui mutuel et ces concessions réciproques, les deux organisations pourront marcher de front dans la lutte contre l'organisation actuelle de l’industrie, et conquérir dans l’ordre économique l’indépendance que les révolutions ont assurée à tous les citoyens au point de vue politique.

Si les deux mouvements se réunissent franchement et s'appuient fortement l’un sur l’autre, ils ont devant eux la plus belle tâche à remplir ; grâce à eux le sweaing pourra disparaître, l'exagération du nombre des heures de travail ou toute autre forme de l'oppression industrielle deviendra impossible, l’industrie pourra être libérée des prélèvements illégitimement faits et le travailleur véritablément délivré. Mais sans une véri-table union basée sur un respect mutuel, tous ces pro-: grès seront difficiles, sinon impossibles. Les relations: entre les trade-unions et la coopération devront consister pour chacune des deux organisations à respecter: l'individualité de l’autre, tout en l’aidant dans son la-

beur Journalier, et toutes les deux joindront leurs effets pour arriver à la réalisation de l'idéal commun : l'avènement de l’état coopératif.

Nous avons tenu à analyser aussi complètement que possible cette conférence. Etant donnée l'importance que prend de jour en jour le mouvement syndical tant en France qu'en Angleterre, et les transformations que le développement de ces associations est de nature à apporter dans l’état actuel de l’industrie, la question des rapports qu’elles doivent entretenir avec les associations ouvrières est un des plus intéressants qui puisse se présenter à propos de leur étude. Il faut nécessairement savoir, si ces deux groupements devront être en lutte continuelle jusqu’à ce que le plus puissant ait complètement absorbé l’autre, ou si au contraire, il n’est pas possible de penser qu'ils pourront se développer parallèlement. Les idées de Mlle Béatrice Potter nous semblent à cet égard présenter la solution la plus rationnelle .

$ 8 Maintenant que nous avous parcouru les diverses écoles et examiné les opinions qu’elles professent à l'égard des associations coopératives de production, il nous reste à résumer les conséquences qu'il faut déduire tant de cette étude que des faits que nous avons constatés en étudiant le développement des associations coopératives en France et les principaux types d'orga-

nisation qu'elles présentent.

Ce qui en ressort le plus manifestement, c'est que l'association coopérative de production, à l’état isolé et autonome, a trompé les espérances des théoriciens qui en avaient prèché l’organisation. Loin d’apparaître, après une expérience de plus d'un demi-siècle, comme les instruments d’une transformation sociale radicale, elles ont montré qu'elles ne pouvaient servir qu'à améliorer, souvent il est vrai d’une façon très efficace, la situation de quelques petits groupes d'ouvriers (1).

L'expérience a permis de constater, en outre, qu’elles élaient forcément enfermées dans les limites de la petite industrie. Les associations coopératives qui ont réussi, se présentent toutes dans les milieux où florissaient autrefois les artisans isolés et indépendants, pour lesquels la concentration croissante des capitaux et le développement de la grande industrie, rend de jour en jour la lutte plus difficile et plus âpre. Les artisans autrefois isolés, devenus ouvriers, s'associent pour résister à cetanéantissement.

Ce sont là des caractères propres à l'association coopérative de production prise en elle-même et qui ne sont pas le fruit de difficultés passagères et pouvant être vaincues un Jour. Et cela tient à diverses raisons. La première, sur laquelle nous avons eu l’occasion de

(1) À ce point de vue, M. Gide, Rev. d'Ec. pol., janvier 1900, p. 27, estime qu’on peut évaluer à environ 300 fr, le bénéfice annuel moyen, que procurent & leurs membres les associations ou-

vrières de production. Mais les avantages principaux qu'il y voit pour les coopérateurs, c’est surtout l'indépendance et la sécurité.

nous élendre longuement, c’est la difficulté de constituer un capital social suffisant pour aborder la grande entreprise. Pourtant,quelle que soit l'importance de cet obstacle, on peut encore supposer que les ouvriers pourront, à l’aide de l’un des moyens que nous avons étudiés, arriver à le franchir.

Mais une autre difficulté se dresse. C’est que plus l'exploitation est grande, plus la nécessité augmente d'attribuer une responsabilité considérable à ceux qui dirigent la production. Les qualités nécessaires à la direction d’une telle entreprise ne peuvent se rencontrer que rarement chez les ouvriers. II y faut des connaissances, des aptitudes, des hérédités qu'ils ne possèdent pas encore.

Par contre, les ouvriers prennent facilement la fonction d'entrepreneur dans la petite industrie. Ils n’ont là à s'occuper que du marché local, ils connaissent la clientèle et la clientèle les connaît, ils travaillent, en somme, comme travailleurs associés dans les mêmes conditions que celles où ils étaient habitués à travailler comme artisans indépendants : et ils le font avec d’autant plus de chances de réussite, que le succès dépend en majeure partie dans une entreprise de cette nature de la productivité du travail de chaque associé et de son habileté professionnelle.

On constate, en effet, que la plus grande partie des associations qui ont réussi se trouvent dans les professions où la valeur de la main-d'œuvre est la plus con-

sidérable par rapport à celle des matières premières employées.

La société de production dans l’état actuel, ne peut guère prétendre à s'occuper que des métiers qui répondent à une consommation locale régulière. Et tant qu'un métier pourra être exercé par de petits patrons, il pourra l'être facilement par les sociétés de production.

Telle est la conclusion, qui se dégage à l'heure actuelle de l’état des associations coopératives de production.

Il ne faut d'ailleurs pas méconnaître l'utilité qu’elles peuvent présenter même à ce point de vue. Quel que soit le développement de la grande industrie, quelque importance que prenne le mouvement de concentration des capitaux, l'organisation de l'industrie nationale doit cependant rester complexe. À côté de la grande industrie subsisteront toujours des vestiges de la petite industrie qui répondent mieux à certains besoins particuliers locaux, et qui sans nuire au progrès général de la nation offrent des avantages très grands pour ceux qui les pratiquent.

L'association coopérative de production tend à perméttre à ces formes de petite industrie de lutter dans des conditions plus avantageuses, et c'est à ce titre qu'elle doit être encouragée. Mais il ne faut pas attendre autre chose d'elle. Comme le disait déjà M. Brentano

ATTITUDE DES DIVERSES ÉCOLES Sarl

en 1885 (1) « toutes les sortes d'entreprise de production dans lesquelles l’ouvrier assume les fonctions de producteur ne parviennent pas plus à résoudre à elles seules la question sociale que n'y est parvenue la simple déclaration, insérée dans le Code, de la liberté personnelle et de l'égalité des droits de l’ouvrier. De même que l’entreprise coopérative au point de vue économique, la loi au point de vue moral, ne permet qu'à un petit nombre d'ouvriers parfaitement doués, d'arriver au plus grand développement possible de leurs capacités et à une participation proportionnelle aux bienfaits de la civilisation. La grande masse des ouvriers, au contraire, ne parvient point à ce développement, à cette participation. »

Tout autre sera la question si on envisage la production coopérative, non plus dans les associations de producteurs autonomes et isolés, mais au point de vue où s’est placée l’école néo-coopératiste. Selon la distinction établie par Bernstein (2), la production coopérative ne doit pas s'établir par l’associalion, mais pour l'association. L'association n'est pas l'organe de production, elle est par essence l'organe de distribution. Que ces associations soient comme le veut l’école néocoopéraltiste les sociétés de consommation, qu'elles soient, comme on peut encore le vouloir, les syndicats

(4) Lujo-Brentano, La question ouvrière, p. 165. (2) Bernstein, Socialisme théorique et socialdémocralie pratique, p. 175.

professionnels, ce sont elles les grands facteurs de transformation sociale, el c’est par elles seulement que la production peut devenir véritablement coopérative.

Mur Le Président de la thèse, GIDE.

Vu :

Le Doyen, GLASSON.

Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, GRÉARD.

TABLE DES MATIÈRES

Pages INTRODUCTION. — La coopération dans le développement ÉCONOMIQUE + 1 CHAPITRE PREMIER. — Les théoriciens de la production COODÉTAUVOR CT 14 SEE TOUTE RE As ess NÉ RS lt L'école phalanstérienne.

L'association agricole et industrielle de Beauregard. SR RO DEN Er ea AT ee nn de lo a te 26 Différence avec les idées de Fourier.

Les essais d'application.

SR M D UCRO TRE RER ET le Rise ee Te (JE SAR ALOUSEBIANC ER EE 0e oc TR Le CHAPITRE II. — Le développement de la production Coopérative depuis 1848 jusqu’à He actuelle, : . - . . Re le 49 PEROU DTEDANALOUC ABSASASES EE 42

Associations des ouvriers menuisiers.

Société des ouvriers bijoutiers en doré.

IPreMIÈNCDCNOUC ISABEL DRE ET ee 44 Caractère des associations de cette Hate, Le Coup d'Etat. Ses suites.

DeuTiemeDenoe A SOOEAS TOR 50 Les organisations de crédit.

L'enquête de 1866.

Troistemeperode ASB1ENOSJOUTS EE RC 54 Relation avec le mouvement syndical.

Enquête de 1883.

Situation actuelle.

TABLE DES MATIÈRES

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