‹ La production du coton en EgypteChapitre 15 sur 76 · I-HIMlbl · texte numérisé non relu

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M. Foaden a résumé les conclusions de ses expériences dans un certain nombre de formules, qui sont comme la substance de ses études sur l'importante question de la fertilisation des terres à coton.

R 1° La plantation de coton est invariablement amendée et répond libéralement à ce qu'on fait pour elle.

n 3° Le fumier de ferme ou un équivalent doit former la base de la fertilisation en Egypte.

r3° Les plantes à fourrages légumineuses sont une excellente préparation pour obtenir une bonne récolte de coton, mais, pour obtenir les meilleurs résultats, il faut labourer le sol quelque temps avant les semailles.

« II' Le plus grand profit résultant de l'usage de ces engrais, aussi bien que de fertilisants chimiques, ne peut être obtenu que quand le sol est bien préparé, labouré profondément et que la récolte est arrosée judicieusement pendant la croissance. De fréquents grattages à la herse la maintiennent dans un état progressif.

R S' On se sert avec avantage de fertilisants chimiques conjointement avec 1 à 1 5 tonnes de fumier de ferme par acre.

nB" L'acide phospborique à raison de lio livres par acre et sous forme (le phosphates solubles donne d'excellents résultats, il empêche la croissance hÂtive, augmente la quanltté récollée, améliore la soie et active la maturation.

«7° On a tout lieu de se louer de l'usage d'un mélange suhsécpient d'engrais azoté. Pour que ce mélange soit bon en Egypte, il faut i s5 livres de nitrate de soude et 5o livres de sulfate d'ammoniaque, là où on emploie une grande quantité de fumier de ferme, on peut conseiller de ne pas avoir recours à cet amendement additionnel. Pour les engrais azotés il est préférable d'en faire deux distributions.

<c 8' Les potasses n'ont nullement augmenté en Egypte le volume récolté , et leur valeur est problématique. On n'a pu encore établir, d'une façon précise, jusqu'à quel point elles ont agi sur la qualité de la soie, n

Une fois le terrain préparé, les cultivateurs procèdent aux semailles. De la qualité des graines qu'ils confieront à la terre , va résulter la qualité des produits qu'ils récolteront. Le choix des semences a donc été considéré, depuis longtemps, comme l'un des moyens les plus efficaces de prévenir ou d'enrayer l'inégalité, la dégénérescence des produits du Jumel. Mais, bien que les spécialistes aient de tout temps désigné ce but aux efforts du gouvernement et des cultivateurs, Vice-Roi et fellahs paraissaient s'en être assez peu souciés, à tel point que la sélection des semences est aujourd'hui encore h l'état de vœu plutdt que d'usage établi. Sous Mébémet-Ali, en dépit de quelques efforts accomplis vers ce but, l'accaparement et la centralisation des cotons de toute l'Egypte, sans distinction d'origine ni de qualité, mit obstacle à cette sélection. De nos jours, la livraison du coton en graines, aux industriels égraineurs, rend, la plupart du temps, dillicile le triage des semences. Dès 1869, M. Grégoire déplorait que les fellahs fussent réfraclaires à une pratique aussi salutaire : a Le cultivateur égyptien compte pour rien l'influence de la graine dans la quantité ou la qualité des produits T). Et il citait l'exemple des blés qui arrivaient tous mêlés aux magasins d'Alexandrie. Pour les semences de coton, les fellahs, selon lui.

ne connaissaieal d'autre choii que d'y employer tes graines provenaol d'un coton égrené après séchage au soleil, et non pas à l'étuve. Il se plaignait que le nombre toujours croissant des usines d'égrenage à vapeur, engageât les fellahs n'égrenant plus chez eui, Si acheter leurs graines dans ces étahlissements ; or, il est dilTicile qu'on y opère des triages, à cause de la quantité des semences qu'on y travaille, r Les produits de vingt localités différentes, de cent culdvateurs divers sont forcément réunis dans les mêmes magasins et égrainés ensemhle.n Ces observations, formulées en 1863 et maintes fois reprises depuis lors, n'ont pas cessé d'être vraies; personne ne doute que, par le choix des graines, on ne parviendrait à améliorer la qualité du coton, tout en maintenant ta quantité, et cependant les mêmes causent perpétuent la mâme confusion regrettable des semences. Mais, comme le coton Jnmel manifeste une instabilité continuelle, une tendance inquiétante à dégénérer, l'attention s'est portée vers tes moyens d'y porter remède et principalement vers le chois des graines. I<a station botanique de Zagazig, cherchant tes moyens d'améliorer tes variétés, fait une large part à celui qui nous occupe. Elle a expérimenté deux procédés : le triage â ta main dans les usines , et la s^ection , dans le champ même, des meilleures capsules. «Nous avons exécuté, en février ou mars, dans toutes nos usines, un triage à la main. Le but de ce travail, exécuté par nous-mêmes avec l'aide de plusieurs employés, était d'écarter toutes les graines étrangères. La semence a été ainsi épurée de tous les éléments dont te produit aurait différé de ta vraie nuance du Mit-Afifi. n Les produits triés, dont avaient été soigneusement exclues toutes les graines trop duveteuses, ou nues, on à duvet blanc, ont été semés à part, tandis que les graines exclues étaient, elles aussi, semées dans des champs distincts. Le second procédé consiste dans une sélection, sur le champ même, des capsules qui se recommandent par l'ahondance de la soie, la longueur de la Tibre, l'éclat de ta couleur. «Nous n'hésitons pas à déclarer que cette méthode de sélection est la seule possible, dit le Directeur de la station, les trieurs n'étant pas applicables et te triage à la main ne donnant pas des quantités suffisantes. Le but de celte s^ection est que, seuls, tes flocons les plus gros, les plus mûrs et uniformes en couleur, et les plus tendres doivent être conservés pour en retirer ta semence. Nous nous appuyons sur nos observations faites il y a deux ans, qui nous ont prouvé

que la graine contenue dans les capsules bien mûres et qui sont déjà tonabées par terre, lève le plus vite et a la végétation la plus précoce, n Ce n'est ps tout que de choisir, pour ta semence, tes graines de ta qualité la plus belle : il faut encore que l'origine de ces graines soit connue, car de cette origine dépend souvent ta qualité même de la semence. On nomme Takkawiê, en Egypte, les semences envisagées au point de vue de leur origine; or, les expériences de la Station botanique de Zagatig ont démontré que les Takkaan* provenant de sii provinces de la Basse-Egypte produisent un coton, dont le classement, te rendement au feddan, te rendement à l'égrenage, sont sensiblement différents. Tel est donc te sens dans lequel doit s'exercer ta bonne volonté des cultivateurs de coton. Sourds à leur propre intérêt, ceux-ci n'ont pas su, jusqu'à présent, opérer, sur ce point, une amélioration sensible, n L'idée de faire le moindre effort en vue de l'amélioration de ta qualité ne vient qu'à une minorité de cultivateurs. Toute l'activité dont on est capable n'est déployée que dans le but d'augmenter la quantité. De là l'Infériorité des produits aous le rapport de la bonté, de la valeur et du renom. »

Triées ou confondues, tes graines sont déposées dansJa terre entre le 1 5 mars et la Gn d'avril, sdon les régions. La veille du jour des semailles, les graines ont trempé dans une cuve pleine d'eau pendant vingt-quatre heures. Après l'exécution des derniers soins de préparation, on a tracé des sillons, espacés de o m. 8o cent, à i mètre; les semences y sont déposées par pincées, dans de petits trous écartés de o m. &o cent, ou m. &5 cent.; on met huit ou dix graines par chaque trou. Rappelons que trois méthodes règlent la succession des arrosages, en même temps que des labours au moment des semailles. S'il s'agit de culture baaU, on ne donne point d'arrosage préalable, mais, lorsqu'on dépose la semence dans tes trous, on y verse un peu d'eau, avec un arrosoir; on n'arrose ensuite que vers te milieu du mois de mai , et , après cela , tous les quinze ou vingt jours, jusqu'au moment de la cueillette. S'il s'agit de culture Jenua&ui, on fait un arrosage qudques jours avant les semailles et l'on n'arrose ensuite que vers le milieu d'avril. S'il s'agit de culture meikaoni, l'arrosage, au lieu de se faire quelques jours avant les semailles, se fait unmédiatement après; on fait un second arrosage douze ou quinze jours après et un troisième au milieu d'avril. Pour les cultures denuaoui, et

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meskaoui, on fait ensuite, tout comme pour le coton baaU, un arrosage tous les quinze ou vingt jours, jusqu'au moment de la cueillette. Arrosage avant les semailles, arrosage aussitôt après, arrosage pendant toute la végétation : cette multiplicité d'arrosages est la caractéristique de la culture actuelle. Elle oblige le cultivateur à avoir constamment l'eau à sa disposition, nécessité à laquelle le Service des Irrigations doit, h son tour, satisfaire. Mais , d'autre part, l'excès des irrigations entraîne certains dangers qui sont la salaison des terres et la formation des brouillards. Le séjour répété des eaux d'irrigations sur les terres, s'ii a bien des avantages, n'est pas sans quelques inconvénients. En s'infiltrant dans les couches inférieures du sol, ces eaux se chargent d'une forte proportion de matières chimiques, en particulier de chlorure de sodium. «Aussi, dit M. Baroîs, partout où des eaux d'infiltration arrivaient k la surface du sol pendant un temps suffisamment long, elles laissent, en s'évaporaut, des efflorescences blanchâtres et de vrais dépMs salins, qui rendent, en cet endroit, toute culture impossible. Cet effet se produit même sur les terres tjui bordent les canaux , lorsque le niveau de l'eau est un peu plus élevé que le sol environnant; à plus forte raison, ces efflorescences blanchâtres prennent naissance dans tous les terrains bas oîk les eaux de colature n'ont pas un écoulement suffisant. Ce phénomène a malheureusement causé la ruine de régions assez étendues en Egypte oît l'égouttement des eaux d'irrigation a été trop fréquemment négligé; aussi, l'infiltration est la terreur du cultivateur égyptien, n Ce danger est le principal argument en faveur du drainage des eaux d'arrosage. Ce sont presque toujours des mesures maladroites d'irrigation qui causent ce phénomène : M. Planchul cite l'exemple des terres du Wady de Tell-el-Kéhir, qu'une surélévation du plan d'eau du canal Ismailleh a ruinées. «L'eau, dit-il, au lieu de revenir à son point de départ (après les irrigations), s'est évaporée. Les terres se sont salées, et les fellahs ont dû abandonner leurs champs en voyant qu'il y avait pour eux impossibilité de les cultiver. Ce sol si noir, ce limon du Nil qui donne une si triste teinte aux villages égyptiens , est devenu d'un jaune de sucre cristallisé, et le marais aux émanations mortelles a succédé aux champs fertiles, n La salaison des terres est donc un danger qui résulte plutôt du mauvais aménsgemant des irrigations que de leur excès. Il n'en est pas de même de la formation des brouillards. Nous pouvons prouver, dit la Station

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botaoique de Zagazig , r que la plupart des brouillards locaux , en Egypte , ne sont que des évaporations terrestres, causées par des influences physiques de l'eau et par la décomposition de matières végétales dans le soin. Nous avons déjà dit que c'était surtout l'eïagération des arrosages qui provoquait ces brouillards , formés par l'humidité et la décomposition des gaz du sous-sol. «Le fellah est porté trop facilement à immerger dès le mois de septembre, de telle façon que l'humidité augmente cousidérablement. La coutume, d'ailleurs si favorable, de submerger complètement les terrains qui ont été en friche durant aoât et septembre contribue encore à donner naissance aux évaporations. En outre, beaucoup de fellahs ont l'habitude d'irnguer très fortement parce qu'ils savent que la turgescence des feuilles fait tomber le feuillage et hâte ainsi la maturation des capsules, n L'humidité et l'évaporation des gaz , qui sont la conséquence d'irrigations exagérées ou imprudentes, agissent sur les qualités de la noix et sur celles de la fibre, qu'elles endommagent. On prévient ce danger par un drainage soigneusement exécuté.

Les arrosages ne sont pas les seuls soins de culture. Dix ou quinze jours après les semailles, un ouvrier visite les semis et, s'il en trouve qui n'ont pas germé, on réensemence à câté, en arrosant le nouveau semis avec un arrosoir. Un mois et demi ou deux mois après, on fait l'éclaircissement en ne laissant pour chaque plant, que les deux tiges les plus robustes. On fait trois ou quatre binages de fin avril à fin juin. La floraison commence vers le milieu de juin. Comme les irrigations provoquent la croissance de mauvaises herbes, il est utile de les sarcler. L'éclaircissage n'est pas moins nécessaire et peut se faire en plusieurs fois. Enfin, la culture pourrait encore gagner à la pratique du pinçage, qui «consiste, dit M. Grégoire, à couper les bourgeons terminaux pour arrêter le développement du bois et favoriser la production du coton n. Le fellah a l'habitude d'arroser d'autant plus abondamment, quand arrive l'inondation, que les arrosages ont été plus rares pendant les basses eaux; la plante végète alors rapidement, chaque nouvel arrosage fait pousser de nouvelles fleurs et de nouvelles feuilles, d'où une moindre production de capsules et même la chute de capsules déjà nouées. Réensemencement, éclaircissage, sarclage, binage, pinçage: tels sont les soins que reçoivent les cotonniers jusqu'à la récolte. La vigilance des cultivateurs doit encore se porter sur un dernier point : défendre Li CoiMi *n égypu. 1 1

le cotonnier contre ses ennemis. Ces ennemis sont les plantes et les animaux prasites, les liserons en particulier. H n'en va pas de même des animaux parasites, du redoutable ver du coton. Ce ver provient d'un papillon qui dépose ses œufs sur les feuilles et les fleurs du coton; à l'éclosion, ces œufs produisent des chenilles en grande quantité, et c^les-ci se nourrissant des feuilles et des fleurs tuent bientôt la plante; quelque temps après , le ver devient papillon , la naétamorphose s'accomptissant dans l'espace de buit jours au plus. Le nom de ver du coton est d'ailleurs un nom collectif désignant diverses espèces d'insectes dont les uns s'attaquent à la tige, les autres aux jeunes pousses, les autres à la capsule elle-même. Plusieurs moyens ont été suggérés pour combattre l'insecte qu'on a nommé le s phylloxéra du coton». Le plus pratique, s'il s'agit d'un champ de peu d'étendue, est l'eifeuillage, qui consiste à arracher les feuilles et les fleurs chargées de chenilles et à les brâler. Ce moyen est coûteux et nuit aux plantes; au moins doit-il être appUqué avec soin. «Cette mesure si simple manque souvent son effet, écrit le Directeur de la station deZagazig. Qu'on suive attentivement les enfants occupés à la besogne, qu'on tourne el retourne les tas de feuilles ramassées et brûlées. Les chenilles y pullulent presque toujours arpès le passage des ouvriers et la soi-disant destruction des vers, n Un procédé du même genre consiste à faire déterrer, par les enfants ceux de ces insectes qui se tiennent cachés dans la terre, à m. 1 cent, environ de profondeur, et rongent les racines des cotonniers. On a tenté aussi de détruire les chenilles, soit par des fumigations, soit à i'aide de solutions chimiques. Celles-ci doivent être telles qu'elles ne nuisent pas aux plantes. Ce qui rend presque impraticable l'application de tout agent chimique, c'est l'absence de machines destinées à cet usage. L'agent le plus actif de destruction des chenilles, ce ne sont pas les hommes, c'est la nature qui le fournil en Egypte : cet agent est la chaleur, la sécheresse, qui, survenant au mois de juin, tue souvent les chenilles avant qu'elles aient exercé des ravages sérieux. Au contraire, si ta chaleur ne combat pas l'humidité de la crue, tes chenilles peuvent compromettre -la récotte des cotonniers, dont la végétation est déjà fort avancée quand elles font leur apparition.

La récolte se fait à partir des derniers jours de septembre , et se prolonge jusqu'à fin novembre ou commencement décembre : car il y a plusÎMirs

cueillettes pour chaque champ, toutes les noii n'arrivant pas en même temps à maturité. La cueillette est une opération facile que l'on confie aux enfants et aui femmes. Le procédé de sélecdon des graines que nous indiquions tout à l'heure en augmente un peu la difficulté. Si on le met à exécution, Run tiers des mains disponibles sera, d'après les prescriptions du promoteur de cet usage, destiné h la cueillette du coton pour Takkawi. Les enfants employés à ce travail doivent précéder leurs compagnons et . desservir deux ou trois sillons à la fois. Ils oe prendront que les capsules les plus ouvertes, les plus belles, les plus uniformes, et ramasseront surtout ce qui est tombé à terre. Les capsules ainsi récoltées seront mises à part dans des sacs, classées et égrainées.n

Après la récolte, le coton est mis dans les magasins de la ferme, pour dire envoyé aux usines k égrener. Le coton gagne à ne pas être dérobé, à peine cueilli , au contact de l'air. « Les grands propriétaires ont tous des terrasses où l'on porte, tous les soirs, la cueillette de la journée; le coton reste là quatre ou cinq jours exposé au grand air; quelques-uns font trier les flocons malades ou de mauvaise couleur; ces soins contribuent puissamment à donner de la supériorité h la récolte. Les petits cultivateurs, non seulement né^genl ces soins, maïs entassent soigneusement leur récolte dans cet étroit espace, et s'efforcent de le soustraire au contact de l'air pour éviter la perte de poids. La quantité est pour eux l'objet principal, la qualité n'est que très secondaire.» Ainsi, même une fois cueilli, le coton est susceptible de soins, entre le moment o{k il est cueilli et celui oà il est expédié à l'usine d'égrenage.

Comparée à ce qu'elle était sous Méhémet-Ali, la culture du coton s'est donc perfectionnée en même temps que transformée. Ces améliorations ont dà exercer une influence sur son rendement. La quantité de coton produite par un feddan dépend, en effet, pour beaucoup des soins donnés h l'arbuste, du traitement de la terre, mais il dépend aussi des qualités physiques de cette terre, de son degré de richesse ou d'épuisement. Les fluctuations du rendement ne sont donc pas seulement le reflet des soins dont la culture a été l'objet, mais aussi de l'état du sol de l'Ëgyple, sol plus ou moins fertile, selon qu'il est plus ou moins épuisé. « Le rendement ordinaire des premières années, dit M, Grégoire, était 8 quinteux par feddan. n L'auteur connaissait encore en 1869 des terres qui rendaient 7 kanters. En général, ajoute-t-il,

on comptait sur 5 kantars; 3 kaotars élaieat, néanmoins, un bon rendement moyen. Les rendements ont subi, aujourd'bui, une diminution, mais seulement par rapport aux plus élevés de ces chiffres. Les moyennes de 7 ou 8 kantars ne sont plus atteintes qu'eiceptionoellement, et plutfil dans les propriétés des petits cultivateurs, que sur celles des grands propriétaires. Cette inégalité vient , dit M. Ch. Pensa , de ce que le fellah possède toujours une ou deux bétes dont il boit le lait, et dont le fumier lui sert à engraisser ses 5 ou 6 feddans ; voilà pourquoi l'on rencontre , dans les petites propriétés, des rendements de 7 ou 8 kantars par feddan, au lieu de 3, à, 5 kantars sur les grandes propriétés. Ce n'est là qu'un exemple des variations que subissent les rendements, selon le traitement auquel on a soumis la terre. Les tableaux d'expérience de la station de Zagazig sont très instructifs à ce sujet : l'écart entre le rendement des diverses parcelles est compris entre 5 kantars au feddan et 1 3 kant. so. Il va sans dire qu'il ne faut nullement considérer des chiffres aussi élevés comme exprimant des rendements habituels; on a expérimenté, à Zagazig, sur de petites parcelles de terrain , d'une étendue de 1/1 o* de feddan , dont les rendements peuvent être comparés entre eux, mais non pas avec ceux d'une propriété ordinaire. Pour avoir sous les yeux des chiffres normaux, nous aurons recours au tableau publié par l'Administration des Domaines. Nous y remarquons que le rendement en coton brut a augmenté à mesure que se sont perfectionnés les procédés de culture, et particulièrement de 1889 à 1897. Le rendement moyen pour la période de 1890 à 1 8g3 estdei kant. 53, contre 3 kant. 80 pour la période 1879-1 889, et 3 kant. 10 pour la période totale 1879- 189 A. (Voir le tableau de la page suivante.) L'augmentation a été si considérable qu'elle a provoqué un accroissement du rendement en argent, malgré une baisse sans exemple sur les prix. On peut établir, pour l'Egypte entière, la même comparaison que pour les Domaines de l'Elat, entre la superficie totale ensemencée en coton et la quantité de coton récollée. Or, nous lisons dans une brochure publiée par l'Administration des Domaines, que nia superficie plantée en 1896 étant de 9^5.9^6 feddans, et le rendement total de â.7Bo.ooo kantars environ, le rendement au feddan ressort à A kant. 91/100. Cette année 189A était une bonne année-, le rendement moyen de à kant. 91 a été rarement dépassé. n Ainsi, en 1897, le rendement du coton au feddan, s'il était en diminution sur les premières

PRODUCTION DE L'ADMINISTRATION DES DOMAINES DE L'ÉTAT ÉGYPTIEN DB 1879 i i8gA.

COTON BT GRAINES.

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