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Ainsi, non seulement la moyenne de 1897 n'a jamais plus été atteinte dans les dix années suivantes, mais le rendement est descendu, en 190A, à 3 kant. 78, et, bien qu'étant en hausse, en 1906 et 1906, reste encore inférieur à h kantars et demi. C'est, sous une autre forme, la constataUoa
du même Fait que oous notions en terminant l'historique de la production du coton en Egypte : l'état stationnaire de la production dans les dix dernières années. Sans une augmentation considérable de la superficie afleclée chaque année à cette culture, co ne serait donc pas un état stationnaire que nous aurions à constater : ce serait une décroissance. Le fait est important et intéresse au plus haut point la prospérité et l'avenir de l'Egypte dont, de plus en plus, la richesse ne repose que sur le coton. 11 est plus facile de constater la baisse du rendement, que d'en indiquer la cause. Pour tenter cette explication, il faut, en tout cas, attendre d'avoir examiné toutes les conditions de la culture actuelle et, notamment, le régime des irrigation^.
Heureusement pour l'Egypte , une hausse eitrâmement sensible et rapide sur le prix du coton a compensé, et même au delà, la baisse du rendement depuis t8^-j. Celte hausse a permis une progression du rendement en argent par feddan de 8 livres i/s à 1 5 livres i/a, pendant que le rendement en quantité s'abaissait de 5 kantars 1/3 à U kantars i/li. Seule, cette hausse des prix a empêché l'^yple de se ressentir d'une circonstance qui n'en reste pas moins préoccupante pour l'avenir.
Il est nécessaire, pour que le cultivateur reçoive une rémunération, que le rendement soit abondant ou le prix de vente élevé , car la culture exige des frais assez considérables. La culture du coton a, de tout temps, été considérée comme une culture chère. Girard a démontré l'élévation de son prix de revient, par une comparaison frappante du bénéfice des diverses cultures de l'Egypte. Dans l'estimation des bénéfices que donne l'agriculture, il faut bien distinguer, selon lui, le bénéfice qui provient du meilleur emploi de la terre, de celui qui provient du meilleur emploi de l'argent. Par exemple, quelqu'un consacre à une certaine culture une portion déterminée de terre; les dépenses d'exploitation se montent à 10 pataquès, le produit à 3o, le bénéfice est de so pataquès; l'argent est placé à 300 0/0, tandis que, par la culture d'une quantité donnée de teire, le capital du cultivateur est augmenté de ao pataquès. Mats si cette personne fait une avance de tooo pataquès pour une autre culture sur la même étendue de terre, que le produit soit de i5oo pataquès, le bénéfice de 5oo, l'argent n'est placé qu'à 5o 0/0, mais la même superficie augmente de 5oo pataquès le capital du cultivateur. Dans le premier cas, c'est l'argent, dans le second cas, c'est la terre qui est le mieux employée. Appelons le premier, bénéfice
relatif, le deuxième, bénéfice absolu : on doit recbercber l'un ou l'autre, selon que l'argent a plus de valeur que la terre ou la terre plus de valeur que l'argent. Comparons donc le bénéfice de la culture du coton et celui des diverses autres cultures , en nous plaçant à ces deux points de vue : dans le premier tableau, loo est censé représenter la dépense constante d'exploitation; dans le deuxième, nous supposons une mesure fixe en terre consacrée à toutes les cultures et soit too le bénéfice absolu de la culture du blé.
PUBNIKR TlBLBltl.
Coiia 608 Oignons 3A3 Lin a6s
Trèfle 536 LentUles,... 3o6 Sacre 9S3
Tabac kUo Orge 3oo Cartliame... 9oâ
Fenagrec,. Aoo Lojùa 991 Indigo 191
Blé 369 Laitue ûSh Donnili i5â
Fèves 369 Pois 981 Colon ih»
DEUXIÈME TIBLEID.
Indigo 198Ù Carthàme.. . 107 Fenngrec.. . 69
Sucre 1087 Trtfle loi Pois 56
TalMC 911 Bié 100 Or^ 60
O^ons.... 1^8 Laitue 81 Lupin hS
Un 161 Golia 76 Dourah &6
Cobm lâi Fèves 70 Lentilles.... 45
On voit que la culture du colon occupe deux rangs très différents dans ces tableaux : c'est que, pour une même dépense de 100 pataquès, une foule d'autres cultures rendront un bénéfice plus considérable; tandu que, la surface cultivée étant la même, mais les avances étant variables, la culture du coton rendra , proportionnellement à la surface cultivée , un bénéfice plus élevé que ces mêmes cultures. Pour cultiver te colon , sur une superficie donnée, il faudra une avance de 1000 palaques, tandis que pour cultiver tel autre produit, sur la même superficie, il n'en faut que 10 : mais, dans le premier cas, le rendement de la terre sera de i5oo, dans le second cas, de 3o pataquès. Pour une même surface, ta différence entre ses produits et les frais de son exploitation sera plus forte si on l'a cultivée en colon, plus faible si on l'a cultivée en blé; pour une même somme consacrée à l'exploitation de la même surface, la différence entre celte somme et le
bénéfice de la culture sera plus forte si cette culture est le blé, plus faible si c'est le coton. Un rendement plus rémunérateur, un prii de revient plus élevé, telles sont les conditions que met en évidence l'hypothèse de Girard. Ce savant ne s'est pas borné à une évaluation théorique des frais de culture du colon à son époque. Il a dressé un tableau complet des dépenses et des produits de cette culture, permettant d'en calculer les bénéfices. Voici les évaluations qu'il donne, pour une plantation de lo feddans.
FUIS DE CULTUni POUR UNI PLIHUTION DB 1 FBDDANS.
1° Labours. Deux labours dans deux dii-edioiu perpeadicn-
iaires i5 5o
9* Prëparalion de la terre pour arroKmeDls, réduction des
carreaiu 3 ■
3* PlanlalioQ. 30 journées de travail pour la plaulstion
d'an fedUan il 7 médiosl'un, ci pour 10 iéddans i5 5o
i* AiTOsements. On arrose le coIod pendant buit mois, ■apposons l'emploi continuel de deux bommes par feddan; A800 journées à 6 mëdins pour l'armeemenl de I o feddans Sao *
5* Frais de la récoite. Les mdmes hommes employés aux arrosements et à la récoite; on leur adjoint, pendant un mois et demi, deux enfanls par feddan, à 3 médins par jour 90 ■
Total 874 ;
I* Un leddan bien cultivé produit 9 kant. 1/9 de coton, dont
fun se vend 90 pataquès 5oo
9* On suppose les frais de faboor et d'ensemencement compensés, la première année, par le produit intérieur des carreaux en plantes potagères. 3â
Total 534
DirréuKGi entre les produits et les frais : 1.S9 pataquès 80 médins.
Ainsi le b^néBce cet de la culture du coton se chiffre par iSg pataquès 80 médÎDs. Il peut élre inUressant de comparer ce bénéfice à celui que rendaient, à la même époque, les cultures les plus importantes de l'Egypte. Le tableau suivant, également dressé par Girard, permet d'effectuer celte comparaison.
GULTDRBS.
rHilS.
PHODCIT.