‹ La production du coton en EgypteChapitre 18 sur 76 · BÉNÉFICE · texte numérisé non relu

BÉNÉFICE

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Parmi ces cultures, celle du coton occupe un rang honorable quant au bénéfice qu'elle rend, mais, cependant, un rang moins élevé qu'on ne supposait. C'est que les conditions de la culture du coton ont bien changé depuis l'expédition de Bonaparte. Un rendement de 3 kant. 1/3 serait aujourd'hui inférieur à la moyenne, et le prix de vente du Jumel est bien supérieur à celui du beUedi.

Parmi les frais mêmes de la culture , certains ont été diminués , grâce à la facilité plus grande des arrosages. Pourtant, si les évaluations de Girard sont aujourd'hui erronées, le principe en reste vrai : c'est que la culture du coton exige des avances relativement élevées et fait produire k ta terre un bénéfice relativement considérable. Le tableau dressé en 1 86a par M. Grégoire, où sont prévus les frais de la culture moderne, est en rapport plus étroit avec la situation présente. L'auteur cherche à établir te prix de revient de la culture d'un feddan qu'il suppose rapporter 3 quintaux de coton. II estime à 3 piastres courantes la journée d'homme, fr. 5o et à fr. 70, en compte rond, la journée d'un bœuf.

ImpAt territorial pour une ann^ e( demie à ao francs 3o' oo*

Quatre laboura k une demi-joumëe par léddaQ, six jour-

nfes d'araire i fr, 90 11 4o

Six an-DBagesàdeinï-journée d'borome pourcbaque 1 5o

I Graine o' 80' l Deux joiu^^ d'homme 1 00 > 3 3a Deux journ^ d'enfant 60 )

Eclairdssage : une jouraëe d'homme o 5o

Recolle: 116 okes par quintiJ, à o fr. o3 par oke; pour

3 quintaux 10 5o

D^rrainage à forfait g 00

Frais divers 1 5o

Total 66 70

, , ( Deux ardebs de graine à 7 francs. . . lâ' 00° I

( Deux ardebs bois de coton i, a francs, â 00 ]

Reste des frais A8 70

Soit, pour un quintd, le tiers 16 33

Si on avait i dever l'eau dans !a limite de niveau de 3 h 6 mètres, dit l'anteor, il faudrait ajouter, pour chaque arrosage, 3 francs , et pour 5, i5 francs 5 00

Ce qui porterait le prix de revint d'un quintal de colon i. . 91 33

D'après ces calculs, le prii de revient de 3 quintaux de coton, produit d'uD fcddan, est de h8 fr. 70, quand on n'a pas à ëlever l'eau, et 63 fr. 70, quand il faut élever l'eau. Le prix de revient d'un quintal de coton est donc égal au tiers de ces deui chiffres , soit 16 fr. aS ou ai fr. g3 selon qu'il est nécessaire ou non d'élever l'eau. Ce prix, considéré en luimême, est assez cher, mais il ne faut le considérer que relativement au prix de vente du quintal de coton de !ià kilogrammes (kantar) prix qui, en 1863, rémunérait largement le cultivateur. Aujourd'hui, les prix ont beaucoup baissé, mais pas assez cependant pour que la vente des produits du cotonnier, augmentés et améliorés par tes progrès de la culture, ne couvre les frais du cultivateur et ne lui laisse encore un assez gros bénéâce. Sur l'évaluation de ce bénéfice, nous nous référerons à deux documents, dont le premier est de source américaine. Un ouvrage officiel

The CotUm plant contient un tableau des frais d'exploitation d'un acre cultivé en coton, qui évalue comme il suit les bénéfices du cultivateur:

D^PBNSKS.

Loyer de Is lerre, y compris les impAU 97 00

IrrigaliaUB 7 00

Préparetion de la terre, semaillea, eo^rraie, etc S 5o

Prix de la s«siience o 5o

Sans de k culture 9 00

CueSlelte A 00

ToTiL 66 00

L'acre est égal à â.o5o mètres carrés, soit à peu près un feddan; le dollar vaut B fr. ho : c'est donc une évaluation de 3A8 Tr. &o pour les dépenses consacrées à l'eiploitation d'un peu moins d'un feddan. D'autre part, l'auteur dit que la recette s'élève, pour le fil, la graine et le bob de coton, à 66 dollars : la différence représente un bénéfice de 9 dollars par acre. « Le petit fermier arabe qui cultive sa terre avec sa famille, ajoute-t-il, peut produire le coton k bien meilleur marché.» Voici maintenant les évaluations qui résultent des calculs de M. Barois et de M. Kamel-(iali. Étant donné un rendement moyen de 3oo kilogrammes de coton égrené par hectare, et un prii de vente de iEi& francs les 100 kilogrammes, les recettes se répartissent ainsi pour un hectare :

Sooldlognmmesdecoton.àiSâ francs les 100 kilogrammes. A69'oo'

10 heclolilres de graines, il g francs l'iieclolilre. go oo

gookilogrammes debois.àofr. SAIes 100 kilogrammes. . . A 86

ToTiL 556 86

La dépense par hectare établie par M. Sabattîer, ancien consul de France en Egypte , est de 1 3o à 1 3 5 francs. Le bénéfice net d'un hectare cidtivé en coton serait donc de &30 francs environ. Telles sont les évaluations, assez inégales , on le voit , qui sont faites des frais et du bénéfice de cette culture. Plus que jamais, il importerait que l'Egypte pAt produire le coton à bon

marché, d'abord parce que les prix peuvent ne pas se maintenir au taux actuel et qu'on peut revoir une période oà ils suivraient une marche rétrograde et menaceraient de ne plus couvrir les frais de culture; ensuite, parce que te morcellement des grandes propriétés a commencé, et que les nouveaux propriétaires, de fortune modeste, fourniront difficilement les avances nécessaires à une culture qu! ne compensera pas ce sacrifice par un bénéfice brillant. Mais, ce ne sont là, pour l'Egypte, que des dangers lointains.

Les procédés et les soins de la culture une fois étudiés, le rendement et les frais une fois déterminés, tout n'est cependant pas dit sur la culture du coton en %ypte. Jusqu'à présent, nous n'avons pas cessé de considérer le cotonnier Jumel comme une entité, toujours identique à elle-même. En réalité, il n'en est pas ainsi, et le genre dont le nom de Jumel est devenu le nom générique, se divise en un certain nombre d'espèces parfaitement distinctes. Cette distinction du colon. d'Egypte en plusieurs espèces est un fait très remarquable, car l'apparition de ces espèces est de beaucoup postérieure à l'introduction du cotonnier Jumel, type d'abord unique et uniforme; elle a été, en outre, successive, pour ainsi dire accidentelle, et s'est souvent présentée sous l'apparence d'un hasard heureux. En fait, on se rend aisément compte de ce phénomène qui a sa cause dans la nature même du sol et du climat de l'Egypte. «Le sot, dit Volney, parait exclusif et intolérant. Les plantes étrangères y dégénèrent rapidement; ce fait est constaté par des observations journalières. Nos négocianis sont obligés de renouveler, chaque année, les graines, n Cette disposition du sol et du climat de l'Egypte à oblitérer, à assimiler les espèces importantes aux espèces similaires indigènes, explique parfaitement les transformations successives du Jumel. C'était bien une espèce uniforme que Méhémet-Ali avait fait semer, en i8s3, sur une grande étendue de ses états; mais, dans la suite, les conditions physiques de l'Egypte , en général , les conditions spéciales de telle province égyptienne agirent sur l'espèce primitive et en modifièrent plus ou moins les qualités. C'est l'argument dont tirent parti ceux qui réclament pour le coton d'Egypte la qualité d'indigénat; une espèce étrangère à l'ngypte, espèce végétale ou animale, ne peut s'y acclimater qu'à la condition d'être assimilée par sa patrie d'adoption. L'intervention du cultivateur seconda souvent, comme le remarque M. Bouteron, cette transformation

opérée sous rinSiience de la nature, r La culture du cotouoier devenant de jour en jour plus rémunératrice, les cultivateurs surveillèrent attentivement les plants qui se distinguaient, soit par Tabondance du produit, soit par la beauté de la fibre ou par sa couleur. Les graines produites par ces plants furent soigneusement triées et semées à part, et donnèrent naissance à de nombreux types de cotonniers qui prirent le nom de la localité ofk ils avaient poussé ou cdiul de la personne qui les avait découverts, n Ainsi l'apparition d'un nouveau type provient la plupart du temps d'une épuration volontaire cherchée, des semences récoltées dans une province; triées avec soin et semées de nouveau , les plus belles semences d'une localité produisent un arbuste de caractère plus ou moins tranché. On lui accorde, en général, au moment de sa découverte, des avantages sur ses congénères, quitte à les démentir ensuite , s'il y a lieu. Son apparition est considérée non pas comme une chute, mais comme une transformation plus ou moins avantageuse du type égyptien. II est donc important de noter que l'apparition des divers types ne marque pas tes étapes d'une décadence, mais sont simplement des manifestations d'une instabilité. Reste h savoir si cette instabilité n'est pas un mal.

Les types que l'on distingue aujourd'hui dans le Jumel ne remontent qu'à une trentaine d'années. Jusqu'alors, on ne distinguait du Jumel que le Sca-Island et une espèce dérivée de celle-là, le Gailini. On se souvient que Méhémet-AIi, avant que le succès définitif du Jumel fût un fait acquis, avait fait semer des graines de Sea-Island. On continua pendant quelque temps à cultiver cette espèce, puis on l'abandonna à peu près complètement. Pendant fort longtemps des commerçants et des publicistes s'élevèrent contre l'abandon de cette culture. Cette persistance a sa cause dans l'irrégularité et même la décadence qui se fit sentir, pendant la seconde moitié du règne d'Ismaïl, sur la qualité du Jumel. Au lieu d'attribuer cette imperfection au défaut de ta culture, on l'attribua à une dégénérescence du Jumel et l'on chercha tes espèces qui pourraient avantageusement le suppléer. Le Sea-Island paraissait être, de toutes les espèces étrangères, la seule qui eût donné, en %ypte, un résultat honorable; on citait des expertises qui classaient avant les produits du Jumel proprement dit, ceui du Sea-Island d'Egypte; son dérivé, le Gailini lui-même, donnait des produits d'une plus belle quahté. nLe Sea-Island conduit dans les meilleures conditions, dit

M. Ninet, Rmarque» vite et montre au moios trente pour cent de plus de noix que le Mako-Jumel. En supposant même qu'un feddan ne donnât que 960 livres de Sea-lsland Middling, évalué au minimum de 16 pence la livre, ce qui ferait &16 francs, combien produirait un feddan de Maiio? Environ lioo livres que l'on peut évaluer 33& francs. Par une culture intelligente, le feddan ensemencé de bonnes graines de 5ea-Island ne produira jamais moins de 55o francs, vendu à Liverpool. Aujourd'hui même, les producteurs du Sea-lsland dégénéré, connu sous le nom de GaUûù, ne pourront nier la plus-value qu'ils en tirent, n Quant au Jumel, il importail grandement d'en interrompre la décadence, et cela était vrai. Remarquant certaines affinités entre les caractères du cotonnier indigène de l'Afrique et les caractères de la décadence du Jumel, on craignait que celui-ci ne revint h l'état sauvage. Ce sont là les craintes que manifeste M. Ninet, dans un ouvrage de 1887. Heureusement, Tamélioration de ta culture les a dissipées; dès lors, l'attention se détourna du Sea-lsland et se porta sur les divers types du cotonnier d'Egypte. Le plus ancien de ces types est, aujourd'hui, i'Ashmouni, l'un des premiers dérivés du Jumel primitif. rH a fait sa première apparition à Ashmoun, ville de la Menoufîeb, dit M. Bouteron. Le rendement est très limité; les variations de température et la rosée affectent ce. coton et portent un grand préjudice aux plants. Le rendement à l'égrenage est également très limité par rapport aux autres variétés de coton. La graine est très riche en huile. La culture de i'Askmouni est abandonnée dans la Basse-Egypte, elle se continue encore dans la Haute^Ëgypte. n L'Âshmouni est donc aujourd'hui considérée comme une espèce un peu inférieure : it n'en était pas ainsi avant que la sélection eût produit des types plus parfaits, plus conformes à l'ancien Jumel. nAshmouni réponde Mako de bonne et saine venue, dans ses trois classifications indigènes, écrivait M. Ninet en 1 87 B, teinte riche voisine de beurre frais, soie souple et longue, poids spécifique léger.» Le mauvais état de la culture, l'infénorité de la qualité en 1876, font comprendre que le type alors le plus parfait du Jumel soit, aujourd'hui, déchu de ce rang : l'écart entre ces deux jugements montre le chemin parcouru.

Après l'Athmouni, apparut une espèce de moindre importance , VHamouU, originaire de Hamoul (Menoufieh) « appelé aussi Soukkari, h cause de sa couleur mêlée de blanc et de jaune». VHamouli, d'après M. Bouteron,

donne un bon rendement à l'égrenage, mais la petîlesse de la fibre le fait délaisser par le commerce. L'espèce Bamiah présente un plus grand intérêt, et par les circonstances singulières de son apparition, et par les grandes espérances qu'on fonda sur elle. Cette nouvelle forme s'est produite spontanément, en 1876, dans une cotonnerie de Birket-el-Sab , près de Ghibin-el-Kom , dans la Basse- Egypte. nEUe produit des tiges droites, dit M. Delcbevalerie , dont les principales atteignent jusqu'à 3 mètres de bauleur, et dont les ramifications latérales sont remplacées par deui ou trois capsules en demî-Terticïlles , directement implantées aux aisselles des feuilles, disposées alternativement sur les tiges principales, tandis que le cotonnier ordinaire présente tout naturellement une forme arbustive à une ou plusieurs tiges principales, portant de nombreux rameaux latéraux parfois très étalés, et produisant de part en part une capsule de coton, en laissant souvent des intervalles de deux, trois ou quatre feuilles qui ne produisent pas de capsules à leur aisselle. » On tria et l'on sema à part les graines de cette espèce singulière. Mais comment le cotonnier s'était-il transformé au point de présenter des caractères si nettement différents de ses caractères babituelsT On s'accorde à penser que la nouvelle espèce n'était pas une simple variété , mais provenait d'une bybridation entre le cotonnier et une autre plante , le hanàah , dont elle a reçu le nom. Dans une communication è la Société nationale d'agriculture, M. Drouyn de Lhuys disait au sujet du nouveau cotonnier: rII diffère beaucoup du cotonnier ordinaire et rappelle par le faciès, le port du bamiah i^Hibitcu» eêcuteniu*) autre matvacée, et c'est pour cette raison que les cultivateurs l'ont appelé coton bamiah. Les premières graines de cette nouvelle variété proviennent d'un champ de cotonniers parmi lesquels se trouvaient des bamiaka, et il est possible que celte nouvelle variété soit te résultat d'une hybridation entre i'Hibiieuê et le cotonnier lui-même. »

Certains botanistes ont contesté la possibilité d'une hybridation spontanée entre deux espèces végétales. Des expériences furent tentées dans ce sens, notamment par M. Delcbevalerie qui, «à l'époque de la floraison des cotonniers, a pratiqué l'entre-croisement artificiel enire le bamiak et le cotonnier ordinaire , et lit semer, dans le jardin d'essai du Caire , les graines ainsi oblenuesn. Le résultat de cette expérience ne nous est pas connu, mais voici une affirmation qui semble prouver que l'hybridation de deux espèces végétales n'est pas un fait si impossible : « M. Balsamo, à Otrante,

dit M. Renouard, a montré que le cotonnier était susceptible d'une hybridalioD artificielle, car il est arrivé à croiser le Goasypium hinutum, qui vient facilement dans ce pays, avec le Gogaypium maritimum dont les soies sont plus longues et plus fines, et il a obtenu un meilleur produit." Une hybridation analogue mais spontanée ne peut-elle se produire entre deux végétaux voisins? Quoi qu'il en soit de l'origine du Bamiab, son apparition nous fournit un exemple des espérances, quelquefois des illusions, que l'apparition d'un nouveau type fait naître dans les esprits, r L'essentiel, disait M. Delchevalerie en 1878, c'est l'avantage que présente le nouveau type sur les anciennes espèces cultivées, de produire des capsules à toutes les aisselles des feuilles, et l'on peut, sur une surface égale, en planter un tiers en plus, soit neuf à dix mille pieds par feddan.n Le même auteur constate que, dès l'année qui suivit sa découverte, des plantations importantes en furent faites dans la Basse-Egypte, et que les grands propriétaires le cultivèrent sur plusieurs centaines de feddans à Ghoubrah, Koubbeh, Héliopolis. Les promesses du nouveau cotonnier n'étaient pas sans intéresser même les savants d'Europe, et, à deux reprises, la Société na^onale d'agriculture de France entendit à son sujet des communications de M. Drouyn de Lbuys. Le sB avril 1 877, M. Drouyn de Lbuys annonçai! à ses collègues la découverte d'une n qualité de coton exceptionnellement bellen; toutefois, ajoutait-il, l'expérience devra prononcer si la culture en grand donnera les mêmes résultats avantageux. S. M. dom Pedro d'Alcantara, cpji assistait k cette séance, et M. Heuzé confirmaient son dire. nLe nouveau cotonnier égyptien, reprenait M. Drouyn de Lbuys, le ■i3 mai 1877, est une des plantes les plus intéressantes, parce qu'elle produit beaucoup plus que le cotonnier ancien. On assure que le cotonnier Bamiab produit moitié plus de colon que l'ancien, et, pour cette raison, mérite d'être signalé à l'attention des producteurs de ce précieux textile, n Le Bamiab donna d'abord de beaux rendements, 7 ou 8 kanlars au feddan. Puis ce rendement diminua, tout en restant assez élevé; la (îbre du coton Bamiab est longue et propre. Pourtant sa culture est aujourd'hui très restreinte, parce que la moindre variation de température fait subir à la plante de grands dommages et que celle-ci résiste moins que les autres au manque d'eau. nElle n'est cultivable, dit M. Bouteron, que dans les markaz de Talkba et de Gherbine (Gharbieh) et dans ceux de Sembellawin £« Colon m Égi/pu. i3

et de Farascour (Dakalieh) où la nature du sol el la température lui sont propices, n Le coton Bamiah présente la couleur jaune beurré qui est la caractéristique du Jumel. Mais le Jumel a aussi donné naissance à des espèces qui produisent du coton blanc : VÀhiad et VAbbaati. L'Abiad, dont le nom signifie blanc, est propre et assez bon; on l'exporte surtout pour le nord de la France, l'Alsace et la Suisse, son prix varie beaucoup selon la qualité du produit. L'Abbassi est une espèce d'apparition récente , qui paratt devoir donner de bons résultats dans les régions chaudes. Le III en est d'une belle couleur blanche, fin, soyeux, très long, moins résistant toutefois que celui des espèces jaunes. C'est l'Abbassi qui fournit maintenant la plus grande part du coton blanc vendu en Egypte, et les belles qualités, les deui premières cueillettes, se vendent à un prix élevé sur le marché. Quant à son origine, on prétend l'Abbassi issu du Mit-Afifi, greflTé sur le Zafiri. Cette espèce Mit-Afid est aujourd'hui de beaucoup la plus répandue en Egypte et la plus avantageuse. Elle a fait son apparition vers 1890 à Mit-Afifi (Menoufieh). «Elle fut découverte, lisons-nous dans The ColUm plant, par un négociant grec. A l'extrémité de la graine se trouvait une toulFe d'un vert bleuâtre qui attira l'attention du marchand. Après avoir semé ces graines , il trouva que leur produit possédait sur l'Asbmouni des avantages marqués. » La récolte est, en effet, presque double de celle de l'Ashmouni. Le rendement à l'égrenage est également très supérieur : au début, 3i5 rotls de coton en graines. Moins sensible que les autres espèces aux influences climatériques, le Mit-Afifi produit une fibre longue, fine au toucher, régulière et résistante. Sa couleur est le jaune beurré. Ce sont là les qualités maltresses et les caractères propres du coton égyptien. Il est des fibres , celle du coton américain , qui sont plus longues que celle du coton égyptien , mais celle-ci a toujours été la plus résistante. « Par une anomalie étrange , dit un rapport adressé par des filateurs à Méhémet-Ali , la fibre la plus souple , la plus soyeuse et la plus longue , partant la plus recherchée et la plus chère, résiste moins que celle du Mako au dynamomètre approprié à ces expériences. Le Sea-Island se rompt à i 01 3/3 d'extension, le coton d'Egypte, à i36 i/8.» Le Mit-Afifi résistant, régulier, et de couleur beurrée, est l'espèce qui rappelle le plus le Jumel primitif : ce fut, jusqu'à ces dernières années, la plus recherchée et celle qui a réglé les cours. Le dernier en date et le premier en qualité des cotons égyptiens est

actuellement le Yoeonovitch. C'est un coton très brillant, de Gbre très fine, de couleur assez claire. Dès son apparition sur le marché, il y fut extrêmement recherché , pour les avantages qu'il offre à la confection des tissus fins. En 1898, il obtint un prix double de celui du Mit-Afifi. Depuis lors, cet écart a considérablement diminué, mais [a supériorité du Yoannovîtch s'est maintenue. Dans leur rapport de celte année, les commissaires des Domaines constataient l'intérêt qu'ils ont à étendre la culture de ce type de cotonnier et annonçaient l'intention d'y affecter, pendant la prochaine saison, une plus grande superficie de terres. « H ne paraît pas douteux , disent-iis , que l'emploi des colons à longs fils comme le Yoannovitch ait une tendance à augmenter et que, par conséquent, il y aura toujours, entre cette variété et le Mit-Afiti , l'écart de prix que justifie la différence des deux qualités, tant que la production ne sera pas exagérée par rapport à la demande, -n

Les espèces précédentes sont proprement les types dérivés du coton égyptien , du Jumel. Mais l'Egypte produit aussi des espi'-rcs dérivées de semences américaines, importées depuis, et dont les produits se sont transformés sous l'influence de son climat et de son sol. 11 y a une trentaine d'années, d'après M. Bouteron, on importa en Egypte des graines de Sea- Island ou Géorgie longue-soie, originaire de la Caroline du Sud. De ces semences sont nées les espèces suivantes, qui diflêrent à la fois et du véritable coton égyptien, et du coton américain dont elles sont dérivées : le Sea-lsland d'Egypte, blanc de couleur, n'a pourtant pas la pureté et le brillant de son congénère américain; produisant peu, très sensible aux variations de température, il est aujourd'hui peu cultivé, parce que son prix de vente, bien que très élevé, ne couvrait pas les frais de sa culture. Nous connaissons déjà le Gallini, dérivé du Sea-lsland. Il est originaire du village de Galline (Gharbieh) dont il tire son nom, bien que M. Ninet veuille trouver, dans le nom de Gallini, une altération de hal~hal, mots par lesquels les Arabes désignent leur toute première qualité. Une soie longue, un produit peu abondant, une grand sensibilité à l'égard des variations de température ainsi que du manque d'eau, une maturité tardive, un rendement faible à l'égrenage, un prix de vente néanmoins assez élevé, tels sont les caractères de ce coton encore cultivé dans quelques localités. Le Zafiri est une espèce remarquée par un Grec de la province de Menoufieh, par sa belle qualité et sa couleur particulière. La fibre,

bieo conditionna, est d'une couleur inégale, le Zafîri est nemployé à la fabrication d'articles où la couleur du coton n'est pas absolument exigées. La sensibilité de l'arbuste compense l'abondance du rendement. C'est, au contraire, l'insullisance du rendement qui a fait abandonner le Hariri, espèce dont le nom signifie coton-soie et qu'un négociant grec fit connaître. Deux espèces, enfin, portent le nom des personnes qui les ont découvertes : le Psikka et le Maskens. L'infériorité de la qualité cbez la première , l'insuffisance du rendement en fil et le relard de la maturité chez la seconde ont empêché ces deux types d'être accueillis avec faveur.

Telles sont les espèces qui se rattachent au £>ea-lsland; M.Bouteron porte sur elles un jugement d'ensemble qui fait voir leur défaut commun. «Elles ont le défaut de manquer surtout des deux grandes qualités du coton égyptien : la franche couleur beurrée, brown en anglais, et la régularité du fil. Klles retombent dans les bonnes qualités d'Amérique, telles que Benders, Boeders.elc, qui valent moins que le vrai coton égyptien.» Quant aux types dérivés du Jumel, leurs quaUtés sont appréciées sur les marehés d'Europe. La longueur de la fibre est un des principaux éléments de l'estimation des divers cotons. U tableau suivant, dressé à la station botanique de Zagazig, indique la longueur de fibres provenant d'Egypte, d'Inde et d'Amérique.

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