‹ La production du coton en EgypteChapitre 37 sur 76 · PAIR · texte numérisé non relu

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si'35' =.7 48 .9 5o .5 78 .0 84 .,37 10 18 10 Sh 8 3o 6 56 6 5o 6 3i 6 o5 6 53 6 83

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On voit que le Mlddling Nouvetle-Odéans passe de aà doll. 35, en i863, et de i(f doll. 5o, en i865, à lo doll. 18, en 1870; les prii tombent à 7 doll. 6a, en 1875, à 6 doll. 53 dès l'année suivante, à 5 doll. 83, en 1 883; enfm , de 1 881) à 1 898, de 5 doll. 7 a à 3 doll. 3 1 . La baisse n'est

pas moins sensible sur te Fair DhoUera dont le cours s'abaisse de 8 doll. 53, après la guerre de Sécession, à s doll. 69, en 1896. A la baisse continue et rapide du coton égyptien correspondait donc une baisse dans les prix des autres espèces de coton. Cependant, bien qu'il existe une corrélation entre les prix des cotons de différentes provenances , le cours du coton égyptien s'est toujours maintenu un peu plus élevé que celui du cotou américain. Cette différence s'explique par les qualités particulières du coton Jumel et par son emploi spécial. Nettement distinct des produits similaires d'Amérique ou des Indes, il est affecté à certains usages, dans lesquels il ne peut être suppléé sans inconvénient. Il est surtout employé h la filature des numéros les plus fins, à la bonneterie, aux vêtements confeclionnés, aux mélanges avec la soie. En raison de ces spécialités, il existe donc entre les prix du Jumel et ceux de l'Américain une proportion que la baisse n'a pas pu détruire.

Par exemple, tandis que les prix du Jumel tombaient de 80 francs les 5o kilogrammes en 1889, à 60 ou 63 francs en 1896, ceux du Middling américain subissaient une diminution plus marquée encore, de 65 à AB francs : la supériorité de prix du coton d'Egypte sur une espèce correspondante de coton américain a donc augmenté pendant les années de baisse.

Malgré l'accroissement de cet écart, les cours d'Amérique conservaient alors, sur les prix du coton égyptien, une influence plus grande que celle qu'ils exercent aujourdliui. «Il est bon de rappeler, écrivait M. Brïndle dans le Manchester Guardian du 9 janvier 1 899, que les prix du coton égyptien dépendent en grande partie de ceux de l'américain. J'ai devant moi un tableau qui prouve clairement que, quand le coton égyptien atteint un prix trop élevé relativement à l'américain, l'équilibre se rétablit par la substitution de l'américain partout où cela est possible. J'entends dire que plusieurs milliers de broches filent le coton américain pour les numéros ordinaires et les trames fines jusqu'au numéro 80 : jusqu'ici, ces numéros avaient toujours été filés avec de l'égyptien, n

Ainsi, en 1898, les cours du coton égyptien étaient en pleine baisse. Leur décroissance continue paraissait menacer l'avenir même de la culture en Egypte. Les effets avaient pu en être atténués grAce à l'accroissement de ta production qui avait compensé l'abaissement des prix de vente. Mais ce remède semblait pire que le mal, puisqu'il augmentait le stock d'un

article dont le marché paraissait trop bien fourni. L'ebaiBsement des prix du coton était, en effet, considéré comme la conséquence de l'augmentation énorme des récottes dans tous les pays. Une élude parue à cette époque dans le Bulletin de la Change de commerce jrançam de Neto-York attribuait la baisse du coton à cette cause. «H y a un an ou deux, lisons-nous dans celte étude, une récolle de neuf millions de bdles était considérée comme énorme, et le prii de 6 cents la livre le plus bas possible; mais, depuis lors, le Sud a produit onze millions de balles, ce qui semble démontrer que ce prix de 6 cents n'est pas le minimum. Quoique, d'après le Bureau des statistiques, le cours moyen de i8g8 soit 6 cents aS, les planteurs reçoivent beaucoup moins, environ & cents et demi dans la Caroline du Nord, et 3 cents trois quarts à h cents et quart en George. Les producteurs sont très mécontents et déclarent qu'ils ne peuvent joindre les deux bouts, néanmoins, l'aire ensemencée va toujours s'agrandissant. En 1873, le prix moyen de la livre de coton était de 3 3 cents i g ; depuis cette époque , il a graduellement fléchi de a à 3 cents par an pour atteindre environ 11 cents, en 1877 et 1878. Ce prix s'est maintenu jusqu'en 1890, et, l'année d'après, on tombait à 8 cents 60; ce fut le commencement de la débâcle. En 1893, le prix était de 7 cents 71; en 1893, 8 cents 56; en tSgl, 6 cents 93; en 1895, 7 cents Uk; en 1896, 7 cents ^3; et cette année-ci, 6 cents 30, le plus bas connu à ce jour! L'accroissement prodigieux des récoltes est évidemment la cause de cet effondrement du prix de 93 à 6 cents en vingt-cinq ans. En effet, la récolte des Ëtats-Unis n'était pas, en 1873, le quart de ce qu'elle est aujourd'hui, elle n'atteignait pas alors s milliards de livres; elle en atteignit, en 1898, plus de 5 milliards 600 millions.»

Les événements semblent quelquefois se plaire à démentir les prévisions des économistes. Il en a été ainsi en Egypte. L'année même où les augures de l'économie politique rendaient, sur l'avenir du coton égyptien, les oracles tes plus pessimistes, les cours de cet article se relevaient. Us ont suivi , depuis lors , une progression qui ne s'est arrêtée que tout récemment , il y a quelques mois à peine. Le tableau suivant, qui nous a été communiqué par l'tr Alexandria General Produce Association^, montre la moyenne des prix pratiqués pendant tes dix dernières années, en prenant pour base le Good fair Afifi.

1897-1898 i58 38/io

1899-1900 aû8 aa/io

1900-1901 938 8/io

1902-1903 3i8 ag/io

1903-1904 3iù i5/4o

1904-1905 973 io/4o

1905-1906 3Û9 ijko

De 1 58 piastres tarif 98/âo pendant ta campagne 1897-1898, lecours moyen du coton égyptien a donc passé à 38i piastres tarif 3 5/&0 en 1906-1907. Encore convient-il de noter que ce ne sont là que des prix moyens pour une qualité moyenne. Les prix pratiqués, à certains moments de la campagne, pour des qualités supérieures ont dépassé de beaucoup ceux qui sont mentionnés sur ce tableau. Le cours le plus baut pour la meilleure qualité (Yoannovitcb extra) a été atteint en avril 1907 et s'est élevé à 595 piastres tarif.

Pour achever de donner une idée de la progression des cours, nous indiquons, dans le tableau suivant, la moyenne des prix de vente du coton de la Daïra Toussoun pacha, de 1890 à 1907"'. Ce coton est de qualité moyenne, de la variété Mit Afifi.

COTONS DE LA DAIRA TOUSSOUN PACHA.

Prix par kanlar de àS kilo» {3iS kUot, graine comprtte).

ANHÉES.

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PRIX

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La baisse sensible, dans ce tableau et le précédent, pendant les années

'■} Cbifires communiques par H. Poilay bey.

1 goâ et 1 9o5, correspond au ralentissement des demandes qui a coïncidé avec la guerre russo-japonaise. En somme, abstraction faite de tluclualions qui sont inséparables du cours de tout article, surtout lorsque la spéculation s'y exerce autant, et qui proviennent, tant de la plus ou moins grande production de coton américain, que des demandes plus ou moins importantes des filatures , on constate que les cours du coton égyptien ont suivi une progression constante depuis (899, particulièrement accentuée dans les deux dernières années.

A quelles causes faut-il attribuer cette hausse? Avant tout, à l'accroissement de la consommation mondiale du coton, entraînant une augmentation de la demande. La dernière période décennale a été marquée par un développement considérable de l'industrie cotonnière. n La quantité de coton consommée par les manufactures de Grande-Bretagne était de 1.576 millions de livres par an dans ta période iSgS-iSgB; elle .s'est élevée, pour 1 906, h, 1 .863 millions. Aux Etats-Unis, le chiffre de cette consommation est de 1.117.9^5.775 livres pour 1890, 1.817.6/13.390 livres pour 1900. En 1890, ïl y avait, dans le premier de ces pays, 39.81/1.303 broches et A3. 3 iâ.6/ii en 1903; dans le second iÂ.i88.io3 en 1890, et 19.008.3 5 a broches en 1900. La quantité de coton en laine importée en France a passé de i36. 168.000 kilos, en 1887-1896, à 91 i.o35.ooo kilos, en 1897-1904, et le nombre des broches de 5 millions environ en 1890, h 6 millions en 1906. Les progrès de la production de l'Allemagne ont été encore plus grands. La Belgique, l'Italie, l'Autriche, la Russie suivent activement le mouvement'".»

Cette extension de la consommation, commencée dès avant l'époque oi^ l'influence s'en est fait sentir sur tes prix, a eu pour conséquence une hausse des cours du coton dans le monde entier. En jetant un coup d'œîl sur les cours du coton d'Amérique, de 1898 à 1906 (voir le tableau de la page suivante), on constate, en effet, qu'à la hausse du colon égyptien, a correspondu une hausse du coton américain. •

Il est superflu de citer les chiffres pour les six derniers mois de l'année, pendant lesquels les cours ont oscillé entre les mêmes extrêmes. De ce

''' Lt eonmuree exiériair dt l'^yple, par HM. Armîi^on et Bernard Michd,

tableau, il ressort que les prix du colon américain ont un peu plus que doublé depuis i8()8, re qui représente un accroissement sensiblement égal

PRIX DU HIDOLIFIG UPL&ND COTTON \ LA NOIIVBLLB-ORLÉANS. (En eeHlt par lien.)

ANBÉBS.

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