‹ La production du coton en EgypteChapitre 49 sur 76 · t .&69.000 3. t&5.ooo · texte numérisé non relu

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(*) Gallois et LiDium.

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Ces chiffres représentent, pour la période 1880-1895, une augmentation d'environ t6o p. 0/0. Si l'on considère que, pendant la même période, la production cotoniiière de l'Inde ne s'est pas accrue dans les mêmes proportions, qu'elle a même subi, à partir de 1890, un temps d'arrêt prolongé, on comprendra sans peine qu'un développement aussi prodigieux de l'industrie locale n'ait pu se produire sans déterminer un mouvement rétrograde des exportations.

Depuis 189&, les progrès de la filature aux Indes, pour avoir été moins rapides que pendant les quinze années précédentes, n'en sont pas moins restés très considérables. De 3.Sio.ooo, le nombre des broches a passé, en 1900, à â.9&5.ooo et, en igoS, à 5.007.000, ce qui représente une augmentation d'environ 3i p. 0/0. En admettant que la progression ait suivi, depuis lors, une marche constante, l'augmentation serait, à l'heure actuelle, d'à peu près Ito p. 0/0. On s'attendrait à voiries exportations diminuer dans des proportions analogues. Tout au contraire , elles se sont relevées à partir de 1898, jusqu'à dépasser aujourd'hui le chiffre qu'elles atteignaient avant le développement de l'industrie. Le tableau ci-dessous en montre la marche ascendante :

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Une sorte d'équilibre s'est donc établi, à l'heure actuelle, entre la consommation locale et les exportations. L'Inde consomme aujourd'hui un peu plus de la moitié de la quantité de coton qu'elle produit; elle exporte le reste. Un certain temps a été nécessaire pour que a't équilibre s'établit; il a fallu que la culture Mt mise en état de subvenir aux besoins de la double clientèle, locale et extérieure. Aujourd'hui, l'Inde est parvenue, tout en conservant le bénéfice du débouché local qu'elle s'est ouvert, à reprendre son rang dans le commerce international du coton.

La culture du coton est pratiquée sur une très grande étendue et sur un grand nombre de points en Chine; mois la production y est beaucoup

moinB împortaiile que dans les Indes. Répandu depuis le Kouang-Si et le Kouang-TouQg jusqu'au Cfaan-Toung, depuis le Sé-Tchouen jusqu'au Tché- Kiang, le cotonnier n'est cultivé avec une réelle activité que dans le bas Yang-Tsé, où il rencontre des conditions éminemment favorables, les mêmes qu'aux Indes, un terrain d'alluvions, un climat chaud et humide. Voici, d'après MM. Galloise! Lederlin, les principaux centres de production du coton de Chine: «i° Les bords du lac Taï-hou, au nord de Hang- Tchéou et le nord de Tché-Kiang, où se trouve une localité célèbre pour son coton , Yu-Yao. Ning-Po, débouché de cette région , s exporté en moyenne annuellement (de 1889 à 1896) 3B.5oo tonnes de colon brut à destination de Shanghaï et du Japon; 3° le Ngan-Hoeî; 3° la région des lacs au Hou-Pé. Le coton brut du Hou-Pé est surtout expédié au Sé-Tchouen, qui en fournit d'ailleurs aussi. Le Kouong-Toung et le Kouang-Si en produisent égaiement.n On évalue à 1.300.000 balles, la production de toutes les cultures de la Chine.

Le Japon qui importe du coton de Chine, est plutôt un pays industriel qu'un pays producteur. Sa production, qui a varié de 96 à la.ooo balles de 1901 k 190B, est en effet peu élevée. Ce sont les importations de coton d'Inde et de Chine qui subviennent aux besoins de l'industrie, qui comptait, en 1896, 63 a. 000 broches et devait bientôt en avoir 1.000.000. A cette époque, le Japon importait loa.ooo tonnes, 566.000 balles, dont 60 p. 0/0 provenaient des Indes, 98 p. 0/0 de Chine, 10 p. 0/0 des Etats- Unis, a p. 0/0 de rindo-Chine. Depuis lors, la filature a pris au Japon un développement qu'attestent les progrès de ses importations de coton.

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En dehors de l'empire chinois, le colon est encore cultivé en Indo- Chine, qui offre, dans toutes ses parties, un excellent terrain et un climat favorable au cotonnier. Aussi le Gouvernement français s'est-il efforcé d'en développer lu culture et, bien que la production dans notre grande colonie

asiatii^ue soit encore des plus modestes, les résultats sont déjà venus répondre aux efforts de t'administralion et des colons. Si l'on parcourt les chiffres qui représentent la production cotonnière de l'Indo-Cbine depuis 1900, on constate, en effet, qu'ils n'ont cesse d'augmenter.

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Le coton d'Indo-Chine peut trouver un débouché avantageux dans les filatures du Japon. Mais il n'est pas interdit d'espérer que celte industrie puisse s'implanter en Indo-Chine même ; la Chine , oij le lleuve Rouge offre une voie de pénétration facile, pourrait alors fournir un débouché aux filés et tissus de coton de notre colonie.

Avant de quitter l'Extrême Orient, mentionnons, sans y insister, les cultures de Corée, dont la production est évaluée à 70.000 balles, des (les de la Sonde, et celles qui furent établies, soit au moment de la guerre de Sécession, soit depuis, par les colons européens, dans les Hes et archipels d'Océanie : les tles Fidji, Gambjer, Taïti, la Nouvelle-Calédonie, les Moluques, les Célèhes, les Philippines, etc.

On ne peut passer sous silence les plantations faites par les Russes dans l'Asie occidentale. Le cotonnier existait dans le'Turkeslan avant la conquête de ce pays par les Russes. t^U était cultivé depuis un temps immémorial en Ractriane, dit M. Edouard Blanc, et c'est même de là, au dire de certains auteurs, qu'il aurait été importé en Egypte n, ce qui ne paraît guère admissible. Mais les habitants du Turkestan ne cultivaient le coton que sur une très petite échelle, avant l'arrivée des Russes. Les mesures prises par l'administration russe, pour donner à cette culture l'extension qu'elle a aujourd'hui, furent, selon M. Ë. Blanc, de deux sortes. «Les Russes ont ouvert au coton du Turkestan un débouché par la mise en relations de la Transoxiane avec le marché de Moscou et par l'organisation des moyens de transport intermédiaires (chemin de fer transcaspien , batellerie du Volga,

route postale puis chemin de fer de Tacbkent àOrenbourg); en second lieu, plusieurs missions russes ont été envoy^ées aux Ëtals-Unis afin d'y étudier la culture et l'industrie du coton et d'en rapporter les graines des meilleures races. C'est à M. le conseiller d'État Brodovsky que cette tâche importante a été confiée. Des essais culturaux ont ensuite été faits au Turkestan avec beaucoup de persévérance et de perspicacité, par un service spécial placé sous la direction de savants distingués , tels que MM. Wilkins et Ochanine. Enfin des mesures administratives ont été prises pour vulgariser rapidement les résultats obtenus et faciliter aux indigènes, comme aux colons russes, sur de vastes espaces, la culture des cotons américains récemment introduits.» L'espèce introduite d'abord, en 1879, le Sea-lsland, ne réussit pas; on acclimata alors le Upland qui donne d'excellents résultats. Nous avons signalé, en parlant des tentatives faites, en 1869 , pour développer la culture du coton en Algérie , les conclusions que M. E. Blanc a tirées des expériences des Russes dans le Turkestan, au sujet des moyens de ressusciter la même culture en Algérie, et avec plus de chances de succès cette fois. Le centre de production le plus important de l'Asie centrale est le Ferghana; d'après M. Renouard, la limite nord de la zone du coton dans le Turkestan est la rivière d'Arys; les alentours de Tasbkent produisent une grande quantité de coton, et d'une qualité supérieure à celle du coton de Chemkent; celui de Bokhara est encore meilleur; dans le Kokand, la culture est largement développée. « Suivant la commission de la section du Turkestan h l'exposition des manufactures de Saint-Pétersbourg, dit M. Renouard, c'est à Khiva qu'on récolte le plus de coton et dans les cercles septentrionaux du Turkestan qu'on en récolle le moins. C'est dans les districts de la vallée de l'Arys, jusqu'à Pelrovsk et Kasalensk que le coton diffère le plus de celui de Bokhara par l'infériorité de ses qualités et son peu de dureté. «

Voici quels sont, d'après le Yearbook du Department af agriculture des États-Unis, les chiffres qui représentent la récolte de coton de l'Asie centrée, de 1 90 1 à 1 go5 , en balles de 600 livres.

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Outre les régions que nous venons de passer en rerue . l'Asie offre encore asile ao cotonnier, en Perse où la production est Tort peu importante, et enfin dans toutes les provinces ottomanes d'Asie Mineure. Nous avons rappelé, en pariant de la culture du colon en Eg\'pte avant iSai, que la Sjne et les environs de Smyme, de Brousse, d'Adana étaient, au moyen Age, aui ivt*, ifii* et iviii* siècles, les centres de la production du coton. Le coton do Levant a cessé aujourd'hui d'approvisionner les plus importantes Glatures, et les Echelles comptent à peine parmi les facteurs de la production. II eu est de même des Iles de l'Archipei et de la Turquie d'Europe ; en Grèce , « la Compagnie du lac Copaïs plante encore quelques hectares de coton; en Macédoine, les cultures se sont mieui maintenues, autour d'Andrinopte , de Serrés. Il y a quelques filatures à Andrinople.n Quant aux plantations qui sortirent du sol, au moment de la guerre de Sécession , dans d'autres contrées européennes du bassin de la Méditerranée , en Sicile, en Sardalgne, dans la Pouille, en Campanie, il n'en reste plus trace.

Pour la production du coton en Afrique, notre tâche est très simplifiée par le fait que nous n'avons à parier ni de l'Kgv-pte, ni de l'Algérie- Tunisie qui a fait l'objet d'un paragraphe succinct dans le chapitre consacré à la guerre de Sécession. Partout ailleurs qu'en Egypte, la culture du cotonnier est plutôt à l'état de projet, de tentative, qu'à l'état de culture existante , quand elle n'est pas à l'état de souvenir comme en Algérie. Mais ce qui fait bien augurer des tentatives projetées ou en train dans un certain nombre de colonies européennes d'Ahique, c'est que le cotonnier existe sous forme d'arbuste sauvage ou même est cultivé par les indigènes danl toute l'Afrique tropicale. Il en est ainsi dans (oui le bassin du Haut-Nil, dans t'Abyssinie, dans le Soudan occidental, plus au sud, dans la région du Zambèze et dans l'Angola, plus au nord, dans le Sénégal, enfin, à Madagascar. nC'esl en somme le Soudan, disent MM. Gallois et Ledertin.qulesten Afrique le pays des cultures de coton, et il faut y joindre l'Ethiopie, qui doit en produire des quantités considérables pour la fabrication de cette ckouma, vêtement national qui ressemble à la toge romaine. Le coton est planté en Abyssinle , dans la zone chaude , et un peu aussi dans le Sud. Au Soudan , le centre le plus important parait être le pays Haoussa. n La culture du coton offre donc un mode d'eiploltation de nos colonies africaines, d'autant plus logique

que ('industrie française est actuellement alimentée par le coton étranger seulement, et que, comme le remarque M. Henri Lecomle, la France ne reçoit pas un kilogramme des quelques milliers de tonnes que produisent, d'ores et déjà, ses autres colonies.

Le cotonnier est enfin cultivé dans les deux parties de l'Amérique et dans les Antilles. Les Espagnols, à l'époque de la découverte, signalèrent la culture et l'usage du coton dans les Antilles. Le nom seul de Qossypium Barbademe atteste d'ailleurs que te cotonnier fut originairement cultivé dans l'une de ces iles, la Barbade, patrie de la meilleure espèce connue, le Sea-lsland des Etats-Unis. Aujourd'hui il a été remplacé par la canne à sucre dans les grandes et les petites Antilles. Mais cette culture a été introduite au Mexique , où elle a pris une certaine importance et paraît en progrès, puisque la récolte a passé de 103.1/17 ^^"^^ ^^ *^^^ h 3()0.ooo en i()o5. Elle se maintient aussi au Brésil et au Pérou. Contrairement à ce que l'on observe aux Etats-Unis, le cotonnier ne pousse pas au Brésil sur le littoral immédiat de l'Atlantique : il faut un intervalle d'environ 80 kilomètres entre la mer et les plantations. II est cultivé, dans ces conditions, depuis l'embouchure de l'Amazone jusqu'à Espirito-Santo, sur une profondeur maximum de 3 00 kilomètres. Les plantations éparpillées dans cette zone produisent, année moyenne, 3oo.ooo balles d'un colon fin, soyeux, peu résistant mais assez apprécié, dont la moitié est exportée en Angleterre, en Russie, dans l'Argentine, et l'autre moitié filée surplace à Rio-Janeiro. La culture se fait au Pérou dans des conditions qui rappellent beaucoup ta culture par submersion en Egypte : plantés sur les bords des rivières Gbira et Piura, qui débordent tous les six ou sept ans, et semés aussitôt après le retrait des eaux de crue, les cotonniers restent sur pied jusqu'à l'inondation suivante et atteignent les dimensions d'un arbuste. «Le coton ainsi obtenu, disent MM. Gallois et Lederlin, esttrës fin et sert, surtout en Angleterre et aux Etats-Unis, à faire des étoffes mélangées de laine. Il atteint quelquefois le double du prix du coton américain. Malheureusement pour les planteurs, la surface cultivable est très restreinte: 6.000 tonnes ont été exportées en t8y5.n En somme, ta production de l'Amérique latine est des plus restreintes. Son progrès , au cours de ce siècle , a été lent, car si elle produisait en 1791 environ So.ooo tonnes, soit plus de 90 p. 0/0 de la production totale du monde, elle ne produit

aujourd'hui que le double, loo.ooo tonnes, BOÎt à peine 3 p. o/o de fa même production.

Le Yearbook du Department of agrictdture des Etats-Unis attribue 970.000 balles au Brésil, 6B. 000 au Pérou, 5. 000 à la Colombie et au Venezuela, 3^1. 5Bg à l'Amérique du Sud en généra), comme total de leur production en 1906.

Nous avons eu l'occasion d'énumérer les principales régions oi^ le cotonnier est cultivé dans les Etats-Unis, pour montrer l'analogie de leur terrain avec celui du Delta du Nil. Nous nous borneroos donc à montrer le développement de la production des Etats-Unis depuis un peu plus d'un siècle. L'introduction de la culture du colon sur le territoire de l'Union remonte à la fin du siècle dernier, quelques années à peine après la rupture des colonies avec l'Anj^eterre. « En 1786, dit M. Renouard , 8 balles de coton étaient envoyées de New-York à Liverpool. Les employés de douane anglais confisquèrent la marchandise à son arrivée, prétextant que l'Amérique n'étant pas un pays producteur, on avait intentionnellement caché la provenance véritable du textile pour éviter le payement de certains droits, a

Les premières expéditions importantes ne commencèrent qu'en 1790; à partir de cette date, les récoltes de coton ne cessèrent pas d'augmenter, aux États-Unis, jusqu'au moment de la guerre de Sécession, c'est-à-dire pendant soixante-douze ans. Voici , d'après le CoUon [Hant, quelles furent ces récoltes, à diverses dates, entre 1790 et 180a, évaluées en balles d'un poids net de ^00 livres.

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