oo
Nous pouvons, grâce au Yearbook du Ministère américain de l'Agriculture, nous rendre compte de la proportion des quantités de coton exportées et consommées sur place aux Etats-Unis, non plus par campagne cotonnière mais par année, de 1895 à i^oO, et par balles de 5oo livres.
ii.534.3o3
CONMIlHlTtOH.
1902 10.807. i68 ù.oi5.4oi 6.960.880
1903 lo.o/i&.eiB 3.855.669 6.3go.9A4
nProportionnelleDient au chiffre total dea récoltes, écrivait en igoS M. Henri Lecomte'**, le coton manufacturé dans le paya d'origine représentait pour la dernière année écoulée, 87 à 38 p. 0/0 delà récolle de l'année, alors qu'il y a treize ou quatorze ans, cette proportion ne dépassait pas 3o ou 3) p. 0/0. n Les Etats-UntB nous offrent donc un nouvel exempte, et le plus frappant, des progrès de l'industrie teitile dans les pays producteurs. On peut encore s'en rendre compte par l'accroissement du matériel des manufactures. De 1868-1869 à igos-igoS, le nombre des broches a passé de 6.763.000 k 33.000.000.
1889-1890 1 6 . âo5
La dlature américaine s'est d'abord bornée à approvisionner le marché local. Mais, au fur et à mesure de ses progrès, sa puissance de production
'') Od remarquera que, dans le premier de ces tableaux, la somme de la consommation et de l'exporlation reste géa^l^nent infërieure bu chiSre de la récdle, tandis que, dans le second, le total de ces deux mânes faclears est géoéralemeot supérieur au chiflre de la production. Celle difiïrence s'explique aisément par le (ait que, dans le premier tableau, les résultats sont donnés par campa^e et, dans le second, par année. Tout le coton d'une reçoit^ n'est pas nécessairement exporté ou consommé pendant la durée de la campagne, tandis que du colon d'une campagne précédente peut être exporté ou consommé au cours d'une année.
'*' H. Lecomtb, Lt Cotas m l^gypU.
est devenue (rop grande pourse coolenterde ce débouché el, à l'heure actuelle , une partie de ses produits est dirigée vers l'eiporialion. TComme le montre le tableau cï-dessous ' , les eiportatîons de tissus de colon de fabrication américaine, (jui alteignalenl seulement la valeur de pr^ de 1 3 millions de dollars en i8S5, ont dépassé 3^ millions de dollars en i{|03-iç|o3, ce qui représente une augmentation d'environ 70 p. 0/0 en dii-huïtans. Pour la dernière période de dii années, de i8^3-i8^3 à i^o3-i(|o3, l'accroissement atteint ta même proportion, car les eiportatïons étaient restées sensiblement stationnaires de i885 à 1893. Il résulte donc des constatations que nous venons de faire, en prenant pour base les statistiques officielles des États-Unis, que ce pavs eiporte actuellement des tissus de coton écrus ou teints pour une somme supérieure à 160.000.000 de francs, alors qu'il va une trentaine d'années, ces eiportatîons se réduisaient h quehpies millions de dollars, n
EXPORTA TI0?< s DB TISSCS DB COTOIf.
1900 aâ.oo3
1902 3i . io8
1903 3a.ai6
Ainsi, de pays eiclusivement producteur el exportateur de coton brut, les États-Unis sont devenus successivement consommateurs d'une partie de leur récolte, puis exportateurs des produits de leur industrie teilîle.
Si rapides qu'aient été les progrès de la consommation locale aui États- Unis, la récolte américaine n'en continue pas moins h subvenir, dans une proportion plus large que celle d'aucun autre pays, à l'approvisionnement des filatures du monde entier. La répartition de cette récolte entre les divers pays industriels a subi, toutefois, depuis une trentaine d'années, d'importantes modification s. Après avoir absorbé pendant longtemps la presque totalité des exportations de coton américain, l'industrie anglaise en consommait encore à elle seule, il y a moins de trente ans, deui fois plus
<'' H. Lbcohtb, Le Colon m EgtffU.
que l'industrie de tous les autres pays réunis. Ainsi qu'il ressort du (ablenu suivant, les demandes de ces derniers se sont accrues de 1880 (^ 1895, au point d'égaler à peu près celles de l'Angleterre.