‹ La production du coton en EgypteChapitre 56 sur 76 · i.55o.ooo · texte numérisé non relu

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Italie

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Ainsi, l'outillage industriel de la filature, dans le monde entier, est actudlement représenté par un total de 196.563.000 broches.

Au dëvdoppement intensif de ta production a donc correspondu un développement progressif de l'industrie, de sa puissance de consommation et de sa force productrice. Reste à savoir si les progrès de l'un sont en rapport avec les progrès de l'autre, s'il y a é(]uivalence ou disproportion. Pour nous en rendre compte, mettons en regard les chiffres qui représentent, en mUliers de balles, la production et la consommation mondiales depuis dix ans,

conoHHiTloir. pRODironoii.

1897-1898 i3.ti7 iS.gSg

1898-1899 . 3 . aa5 1 6 . ùâa

1899-1900 ta. 769 18.908

1902-1903 13.676 i6.Ai3

1904-1905 i4.368 ao.Soi

1906-1907 I5.7Û3 ai. 796

La comparaison de ces chiffres fait apparaître, entre la consommation et la production, un écart qui varie entre 3 et 6 millions de balles, exception faite d'une année (1899-1900), où il est tombé au-dessous de *i Aillions. En réalité, l'écart est moindre qu'il ne ressort des chiffres ci-dessus, car la consommation est évaluée, ici, en balles d'un poids uniforme de 5oo livres anglaises, et la production en balles courantes du pays d'origine, d'un poids variable de 39a livres pour les Indes, 760 pour l'Egypte, q8o pour le Brésil, i85 pour le Pérou, etc., en sorte qu'à quantités égales, la production se chiffrerait encore par un nombre de balles supérieur h celui de la consommation. En outre, dans te total du coton consommé, ne figure ni ce qui peut avoir été filé h la main dans les pays d'origine, facteur qui peut, quelquefois, ne pas être négligeable, ni ce qui est employé à des usages industriels autres que la fabrication des tissus; ni ce qui est récolté dans les provinces russes d'Asie centrale, soit environ 600.000 balles qui sont entièrement consommées en Russie.

Alors même qu'on a tenu compte de ces différents facteurs, il reste un écart qui peut, pour les années' les plus récentes, être évalué à quelque /| à 5 millions de balles. Cet écart représente donc le stock que la filature garde à sa dispositioD. Il va de soi que l'existence d'un stock est nécessaire à l'industrie, quand ce ne serait que pour lui permettre de faire face, le cas échéant, à une mauvaise récolte. Le total par lequel se chiffre ce stock, et qui parait énorme à première vue, semble plus normal quand on songe au développement que l'industrie leitile a pris dans le monde entier, h son extension sur toute la surface du globe, à la colossale puissance de son outillage.

11 n'en reste pas moins vrai que, de la comparaison h laquelle nous venons de procéder, résultent deux constatations évidentes : i* que l'écart entre la consommation et la production n'a pas cessé de s'accroître depuis dix ans; 3' que la production a augmenté de 7 millions de balles en dix ans, pendant que la consommation a mis vingt ans à réaliser le même progrès. La production s'est donc développée plus vite et dans des proportions plus considérables que la consommation.

Cette disproportion est en grande partie l'œuvre delà filature elle-même, qui a été la première à pousser à l'accroissement intensif de la production. Sa préoccupation dominante, depuis une dizaine d'années, a été la crainte de manquer de matière première. Cette crainte lui a été inspirée par les progrès de l'industrie textile dans les pays producteurs, notamment aux États-Unis. Quel serait le sort de la filature européenne si, les Etals-Unis absorbant une part toujours croissante de leur propre récolte, l'approvisionnement américain venait à lui manquer? 11 fallait donc coûte que coûte s'affranchir de l'Amérique. Il était logique, dans ces conditions, d'encourager le développement de la culture là oi^ elle existait déjà et de chercher à l'introduire partout oîl elle avait chance de réussir. C'est le but qu'ont donné à leurs efforts, en France et en Angleterre, des comités d'industriels, tels que chez nous, l'Association cotonnière coloniale.

L'idée première est juste ; les efforts ont été énergiques , les résultats heureux. De k millions de balles qu'elle atteignait en 1 897, la production des marchés secondaires a passé, nous l'avons vu, à 7 millions de balles l'an dernier. Seulement, aux efforts des concurrents que l'inquiétude de sa clientèle a contribué à lui susciter, l'Amérique a répondu en portant sa

production, dans le même laps de temps, de 9 millions à i3 millions et demi de battes. Cette plus-value lui a permis de subvenir aux besoins croissants de sa consommation locale, sans avoir à réduire, et même en augmentant, le reliquat mis à la disposition de l'industrie étrangère : si bien que, loin de faire défaut, la matière première a aiHué sur les marchés d'Europe, aussi bien que sur ceux du nouveau monde.

Elle y a été intégralement absorbée, sinon consommée , et les prix payés aux producteurs prouvent que l'intensité de la demande a encore dépassé l'abondance de t'offre. Mais ce n'est pas tout que d'acheter, ni même de fabriquer: il faut encore vendre. En dernière analyse, c'est la demande d'articles manufacturés qui constitue le critérium auquel on peut juger s'il y a ou non surproduction de coton dans le monde, et c'est au consommateur de cotonnades qu'il appartient, en fin de compte, de dire le dernier mot.

De tous les textiles connus, le colon est cdui dont l'usage est aujourd'hui le plus répandu. NI la soie, ni ta laine, ni le lin, ni le chanvre ne sont susceptibles d'une telle multiplicité ni d'une telle variété d'emplois, ne se prêtent k la fabrication de tissus joignant autant de solidité et de finesse à autant de bon marché, ne donnent lieu enfin îi des transactions aussi importantes. S'il est un fait saillant dans l'histoire de l'industrie textile, c'est bien la faveur croissante de la cotonnade auprès de la clientèle de tous pays et l'intensité grandissante du mouvement d'affaires dont cet article est l'objet. Le commerce des fils et tissus de coton a été, pour tous les états industriels, la source de revenus de plus en plus alwndanls. Chaque année a amené, jusqu'à présent, un progrès dans la quantité et la valeur des exportations de ces produits. Quelques chiffres permettront d'en juger :

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