LA GENERALISATION DU PRINCIPE DE MAYER ET L'INERTIE DE L'ÉNERGIE
Jusqu'à des temps relativement récents, on admettait que la matière et l’énergie étaient complètement distinctes. C'était la thorie dualiste.
La matière était seule douée de masse, de poids et de structure, l'énergie n’ayant ni inertie, ni pesanteur, ni structure.
Cette théorie fut battue en brèche de bonne heure. THomsox, en 1881, démontra lexistence, dans un corps
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électrisé, d’une inertie supplémentaire d’origine électro-
magnétique. Plus tard, la théorie électronique suggéra que
les molécules étaient formés d'électrons, ou grains d’électricité,
Cette théorie conduisait aux généralisations suivantes :
1° La masse d’un corps matériel est uniquement d’origine électromagnétique.
2° La masse des corps varie en fonction de la vitesse.
Le principe de relativité d'EINSTEN est venu confirmer ces conceptions, qui ont bouleversé la science moderne.
En particulier, la masse des corps n'étant plus une quantité constante, le principe de la conservation de la masse des corps matériels cesse d’être vrai à titre distinct. Il ne subsiste plus que le principe de la conservation de l’énergie. Dans un système dont les parties échangent de l’énergie, ce ne sont pas les masses des corps qui se conservent, mais l’inertie totale du système et, par suite, son énergie.
Les conséquences du principe de l'inertie de l'énergie sont de la plus haute importance : Possibilité d'évaluer l’énergie interne des corps ; variation de la masse avec la température ; variation de la masse dans les réactions chimiques et dans les transformations radioactives ; pesanteur de l’énergie ; enfin, équivalence de l'accélération et de la gravitation. La loi de Newton devient la loi de l’attraction de l’énergie par l’énergie. C’est ce qui ressort des observations faites pour vérifier les hypothèses d’EIxs- TEIN, et qui ont démontré qu’un rayon lumineux est dévié quand il passe près du soleil.
. Comme conclusion, on peut dire que la masse d’un corps peut se transformer en énergie rayonnante et réciproquement, si bien que masse et énergie deviennent deux grandeurs équivalentes, convertibles l’une dans l’autre, comme le travail mécanique et la chaleur.
Le principe de la conservation de la masse s’absorbe,
dès lors, dans celui plus général, et seul rigoureux, de la
conservation de l’énergie. ’ Nous venons d'exposer succinctement les grands principes Sur lesquels repose le concept d’énergie, tout en nous :
abstenant de considérations scientifiques, qui n’auralent pas été à leur place dans l'étude économique qu? nous entreprenons. Ce que nous en avons dit nous paraît suffisant pour marquer l'importance de ce concept. Nous aurons, d’ailleurs, fréquemment l’occasion de revenir sur certaines des notions précédentes, qui sont à la base des théories énergétistes. Nous montrerons, tout à l’heure, comment celles-ci font reposer sur le concept d'énergie, la biologie, la psychologie, la sociologie et l’économie politique, mais, auparavant, nous devons nous demander si nous sommes mieux à même, maintenant, de donner une définition de l'énergie. Si les développements qui précèdent ont permis de projeter quelques lueurs sur l’idée que nous pouvons nous faire de celle-ci, sa nature ne nous reste pas moins inconnue. Nous ignorons si, comme le voulait OsSTrWwALD, on peut la concevoir comme une substance et la définition que nous pourrons en donner ne sera que descriptive. Avec THOMSON nous dirons que « l'énergie est > la valeur numérique de tout l'effet qu'un corps pourrait » produire en chaleur émise et en résistances vaincues, S'il :‘» était refroidi à fond et amené à un état de contraction » indéfinie ou d'extension indéfinie, suivant les forces agis- > sant entre ses particules. » Qu'est-ce à dire ? Sinon que l’on comprend, sous le mot énergie, toutes les possibilités d'action que recèle la matière et, si nous nous souvenons de ce que nous avons dit plus haut de l'identité de l’énergie et de la matière, on en vient à conclure que l'énergie est tout ce qui est. Il n’existe qu'une chose, l'énergie.