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IV. — LA PHILOSOPHIE ENERGETIQUE

Nous avons déjà donné, au début dé cette introduction, uñ aperçu de la facon dont les énergétistes utilisaient l’universalité du concept d'énergie, pour en faire la pierre angulaire de la science, unifiée grâce à lui. Il est intéressant, en effet, de constater quel pouvoir de rayonnément il y à

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dans la théorie que nous venons d'exposer et qui, n'étant en Somme qu'une théorie physique, pourrait tout aussi bien ne pas déborder les cadres de la science physique. Mais nous nous souviendrons, à ce sujet, que les plus grands philosophes ont été de grands savants. Les progrès faits par eux dans la connaissance des mathématiques ou de la mécanique, leur servaient en quelque sorte de tremplin, pour leur permettre de s’élancer plus haut, vers les buts inaccessibles qui, depuis toujours, tourmentent l'intelligence humaine.

Il était done tout naturel que, mis en possession d’un principe dont l’universalité était Je caractère le plus marquant, les fervents de ce Principe essaient d’en tirer l’explication de la nature et du monde.

Les citations que nous avons données ont montré déjà quelques aspects de leurs idées. Voici un certain nombre de considérations, empruntées à OSTWALD, et qui résument bien toute la philosophie énergétiste.

« On ne connait pas, dit-il (1) en parlant de l’énergie, de > concept qui soit en méme temps aussi général et aussi > aple à expliquer les faits particuliers. Parmi les nom- » breux concepts tels que ceux de nombre, de temps, d’'es- > pace, elc.…., que nous nous sommes formés en vue de nous » faire une théorie de notre monde, aucun ne permet d'ex- » primer autant de choses relatives au contenu de ce mon- > de, d'exprimer de Pareilles choses avec autant de pré- > cision, ni de les relier aussi bien entre elles. Rien ne peul > se produire sans que l'énergie y joue un rôle, de même » que rien ne peul se Produire qui n'ait sa place dans le » temps et dans l’espace. L'énergie est un élément essen- » tiel de toutes les choses réelles, c'est-à-dire concrètes é > aussi peut-on dire. que c’est dans l'énergie que s’incarne > le réel. Elle est ce qui agit et aussi ce qui permet d'indi- > quer le contenu de l'événement, pôle immobile dans la » mobilité des phénomènes el, en même temps, force d'im-

(1) OsrwazD. — Op, cit. page 2,

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> pulsion qui fait tourner le monde des phénomènes autour » de ce pôle. »

La philosophie énergétique essaiera donc de rechercher partout l’énergie, de la poursuivre et de la découvrir. Partout et dans tous les domaines, elle écartera le manteau des apparences, pour montrer l’énergie qui les anime.

Cette œuvre a été poursuivie avec des succès divers. Nous allons en donner un résumé, en étudiant successivement l’énergétique du monde matériel, énergétique de la vie et l’énergétique sociale. Pour que l’étude de cette philosophie soit complète, il faudrait la compléter par une métaphysique. Si certains énergétistes, comme OSTWwALD, ont jugé que c'était inutile et qu’il n’y avait pas de place dans l’énergétique pour une métaphysique, on ne peut passer sous silence les conclusions toutes différentes auxquelles aboutissent MM. Vicnox et DuHEM. (1) Nous croyons devoir les signaler, mais sans nous y arrêter.

Il faut rappeler, à ce sujet, le caractère spécifique de la théorie énergétiste, qui l’oppose au mécanisme et le distingue de lui. L’énergétique déclare qu’elle n’a besoin de recourir à aucune hypothèse. À la suite de NEWTON, elle repousse l'hypothèse, qui est ce qui ne ressort pas des phénomènes. Elle conclut des phénomènes les propriétés des différentes formes d'énergie et les généralise par l'induction, mais elle ne se propose pas d'expliquer ce qu'est l’énergie, ni de rechercher son origine.

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