‹ La Production et l'Échange au Point de vue énergétiqueChapitre 30 sur 145 · RATES · texte numérisé non relu

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tivité acquisitive dont nous avons parlé plus haut. Cette activité, dirigée vers l’économie, est à la base de ce Eu nous appelons la recherche du confort. Combattre le froid, se préserver des intempéries, diminuer la fatigue, tout cela revient à économiser de l’énérgie acquise. La lutte contre le froid a été certainement une des premières préoccupations de l’homme primitif. Nous savons que l’homme rayonne de la chaleur, mais nous savons aussi que ce rayonnement est réglé par les téguments et par un ensemble de dispositifs organiques, de façon à maintenir le milieu intérieur du corps à la température optima de 37°, nécessaire à ses cellules pour fonctionner normalement. Que se passe-t-il donc quand l'air qui environne un être vivant se refroidit ? Conformément aux lois de la physique (loi de NEwWToN), celui-ci devrait à son tour se refroidir et se mettre en équilibre de température avec le milieu ambiant. Or, nous l’avons tous éprouvé, nous ne pouvons Pas Supporter un refroidissement intense. Aussi notre organisme, grâce à des réflexes bien organisés, va s'employer à combattre le refroidissement. I] le fera en augmentant ses.combustions internes, donc en dépensant de l'énergie, qui manquera par la suite, soit pour le fonctionnement des organes, soit pour la mise en jeu des muscles. Arrêter cette énergie qui se perd, l’économiser, est d’un intérêt capital. Nous en ressentons impérieusement le besoin. Sans doute nous disposons, comme les animaux, de dispositifs rendant automatique, pendant un certain temps, la lutte contre le refroidissement et permettant d'économiser de la chaleur. Les travaux de CHAUVEAU, de J. LEFÈVRE, ont montré par quel mécanisme se fait dans l'organisme la lutte contre le froid. C’est ainsi que l’on a constaté les variations de conductibilité interne et profonde de la peau en fonction de la température. Tandis que la conductibilité externe ou pouvoir émissif est indépendant de la température, les coefficients de conductibilité interne ou de transmission et de conductibilité profonde, ou de contact avec les DÉRUS SOUSs-jacents, varient avec la température. Quand la température baisse, la Peau devient deux fois moins

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conductrice et, en même temps, le réchauffement à la face profonde de la peau augmente. Toutefois, malgré la diminution de la conductibilité interne, c’est surtout par production de chaleur que l’animal lutte contre le froid. Par suite sa déperdition augmente quand la température baisse.

Il en résulte donc qu’en dépit des phénomènes ainsi mis en jeu, l'animal maintenu dans une température basse finit par succomber. La nature est venue renforcer ses moyens de lutte contre le froid en donnant à l’animal une fourrure ou une toison qui, grâce à l’air mauvais conducteur de la chaleur qu’elle emprisonne, empêche cette déperdition mortelle. L’homme, qui ne possède pas de toison, serait donc voué à la mort par basse température, s’il n’y suppléait par ce que lui ont suggéré son génie inventif et limitation des animaux. L'homme se crée donc une toison artificielle avec ses vêtements. Il fait encore mieux, en emprisonnant dans ses habitations une couche d’air considérable, qui le protègera d’une facon permanente contre les variations de température. Enfin, quand c’est nécessaire, il combat les pertes de chaleur que subit cette atmosphère interne au moyen du chauffage artificiel.

Ainsi, les besoins de vêtements, de logement, de combustible sont bien, comme nous le prétendons, des besoins d'économie, c’est-à-dire qu’en les satisfaisant, nous assurons l’économie de notre énergie interne. Notre chaussure, en protégeant nos pieds des chocs et des blessures que nous vaudraient les aspérités du sol, facilite notre marche, donc, nous permet d'économiser de l’énergie. Les meubles, les ustensiles, la literie, les tapis, l'éclairage, les soins donnés à la santé, tout ce qui nous évite des mouvements inutiles, des attitudes fatigantes, joue le même rôle. On peut mettre, en fait, que tous les éléments de ce qu’on nomme le confort ont le caractère commun de nous procurer une économie d'énergie.

Faut-il insister sur ce même caractère en ce qui concerne le besoin de transport ? Il suffit d’y réfléchir une seconde pour se convaincre que si l’homme s’est fait transporter par des animaux, par des véhicules à traction animale,

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puis par des véhicules à traction mécanique, tout cela n'a qu’un but évident : l’homme a voulu éviter la fatigue. Mais celle-ci ne fait que traduire la perte d'énergie considérable représentée par des déplacements importants. D’autre part, il a voulu gagner du temps. On dit : le temps c’est de l'argent. Nous dirons : le temps, c’est de l’énergie, car, ainsi que nous le montrerons, l’homme produit des énergies et toute économie de temps représente pour lui une production accrue.

Ainsi, tous les besoins que nous venons d'examiner en second lieu méritent bien d’être catalogués comme besoins d'économie. Leur satisfaction a pour effet, non pas de nous procurer des énergies nouvelles, mais de ménager celles que nous possédons, afin de nous permettre d’en faire un emploi plus productif.

Certes, nous n’ignorons pas l’objection qui vient aussitôt à l'esprit et qui a trait à ce que, à côté du confort, il y a le luxe et l’art auxquels, semble-t-il, on ne peut reconnaitre un caractère énergétique. Nous traiterons cette question dans un paragraphe spécial, en même temps que celle des besoins intellectuels et moraux. Pour le moment, nous nous contentons de constater que toute activité mise en jeu par un homme pour se procurer le confort le plus élémentaire, aussi bien que le plus complet, n’a pas d’autre but que de lui permettre d'économiser de l'énergie. Ainsi s’affirme le caractère d’énergétisme indirect de tout ce que l’on a coutume d'appeler utile.

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