AVES
» au rythme nécessaire, pas aulre chose que la conscience » d'une dynamogénie, c’est-à-dire d'une libération d'éner- » gite, el il reconnail ce besoin, spontané chez l'homme, » d'associer le rythme de son expression aw rythme de son > action, dans les chansons fortement scandées qui accom- » pagnent le travail chez certains peuples, où Le rythme du > chant s'applique avec un parallélisme surprenant au » rythme du labeur. »
Tout cela confirme ce que nous avons avancé plus haut sur le rôle de l’art. La musique, en nous retrempant dans le rythme vital, joue bien le rôle de dérivatif, qui semble dévolu à l’art en face d’une réalité dont notre intelligence nous fait trop sentir la dureté.
Ce que nous venons de dire de la musique s'applique à tous les arts. Leur essence est aphrodisiaque ; qu’il s’agisse de littérature ou d’arts plastiques, l'artiste cherche le plus souvent à évoquer des émotions qui remuent l’humanité dans ce qu’elle a de plus sensible et de plus trouble.
On peut se demander, en amplifiant l'hypothèse faite par DARwWIN pour la musique, si l’art n’exploite pas un fonds ancestral de souvenirs et d'associations d'idées qui dorment en nous depuis les époques les plus reculées.
Les représentations de la nature, les reproductions de la verdure et des fleurs nous reportent, sans que nous nous en doutions, à l’époque heureuse du printemps, saison des amours, tout comme Ja musique, d’après DARWIN, évoque les voix alanguies et les chants passionnés des couples amoureux.
Ainsi l’art semble être une porte de sortie donnée à des refoulements causés Par notre trop grande intellectualité. Il faut que certaines Parties de notre être intime Soient touchées, pour que certains centres cérébraux se reposent complètement, tout Comme dans le sommeil le repos complet n’est atteint, d'après FREUD, que grâce au reve qui le défend contre les Sensations du dehors.
EDME Tassy, de son côté,
: | analyse ainsi le plaisir que cause l’impression esthétique.