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trouvent vite leur limite, C’est une vérité de sens commun sur laquelle il est inutile d’insister. Nous savons que la faim s’apaise en mangeant : ce qui peut s’interpréter comme le fait que les énergies alimentaires, que nous ingérons, ne sont utilisables que dans une certaine proportion ; un excédent court le risque de ne pas être assimilé. De même, certains besoins physiques d'économie cessent vite d’exister, si l’on s’occüupe à les satisfaire. Une fois dotés d’un pardessus par temps froid, qui assure la régularité de la température de notre corps, nous ne réclamons pas un autre vêtement. Les besoins de dépense sont également appelés à disparaître, quand ils ont donné exutoire à l’excès d'énergie qui les faisait naître. On pourrait faire la même observation en ce qui concerne les besoins que nous avons appelés transcendants. En dehors de la fatigue physique due au travail intellectuel, apparaît une diminution de l’appétit de connaissance. Dans le domaine esthétique, comme dans le domaine moral, le cœur se blase, la sensibilité s’émousse.
Certaines aberrations peuvent reculer la limite dont nous parlons, mais cette limite finit toujours par se rencontrer. <
On peut donc dire que tout se passe comme si, un Certain degré de possession d'énergie ou d” énergétisme étant atteint, l'homme n’éprouve plus le besoin de renforcer son capital énergétique. L'énergie prend alors une utilité décroissante.
Cette question n'offre aucune difficulté et l’on pourrait même la laisser dans Pombre, si l’on n’obéissait pas au désir d’être aussi complet que possible, et si cette question ne devait pas nous amener naturellement à parler de la substitution des besoins.
En effet, s’il y a des cas où un besoin peut être pleinement satisfait, il en est d’autres, au contraire, peut-être plus nombreux, où l’on substitue à un besoin insatisfait un besoin dont la satisfaction s’avère possible. Comment l’énergétique interprète-t-elle cette loi de substitution ? Très facilement certes, et plus Sous que tout autre systè-
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me. Puisque tout revient, en fin de compte, à acquérir ou à économiser de l’énergie, on voit qu’il doit être possible de substituer à un besoin d’une catégorie un besoin de Ja même catégorie, ou même un besoin d’une autre catégorie. Celui qui ne peut acquérir des énergies alimentaires nouvelles pourra les remplacer, dans une certaine mesure, en ingérant des matières d’énergétisme indirect, qui lui permettront d'utiliser plus facilement ses énergies de réserve. C’est ainsi que l’alimentation purement hydrique prolonge de beaucoup la période d’inanition, bien qu’elle ne soit pas énergétique directement. De même, un homme sans abri contre le froid, luttera contre celui-ci par une plus grande activité, ce qui nécessitera une nourriture plus abondante. Celle-ci lui rendra, en quantité suffisante, l’énergie perdue par rayonnement.
Le même principe peut être vérifié dans le domaine des besoins transcendants. Combien de fois n’a-t-on pas vu des hommes déchus, ayant perdu le luxe et lapparat qui étaient un stimulant de leur esprit, trouver dans la pensée désintéressée, la pratique de la morale ou de la religion, un élément nouveau d’activité intellectuelle, un nouveau facteur déterminant leur productivité ?
En somme, la loi de substitutton n'est pas une pierre d’achoppement pour la théorie énergétique des besoins. On peut dire, au contraire, que l’énergétique, grâce au fait qu’elle voit dans tout besoin apparaître le terme commun énergie, est mieux préparée qu’une autre théorie à interpréter la loi de substitution.
Sans doute, nous ne Prétendons pas que celle-ci soit d’une application absolue. N'importe quel besoin ne peut pas remplacer n'importe quel autre ; mais il est certain que, lorsqu'une substitution a lieu, on peut discerner que c’est toujours de l'énergie qui remplace l'énergie manquant par suite de la non satisfaction d'un besoin antérieur.
DRE CAE