‹ La Production et l'Échange au Point de vue énergétiqueChapitre 59 sur 145 · RATES · texte numérisé non relu

RATES

La définition donnée par le Reichskuratorium précise bien son but.

« C’est l'application pratique de toutes les découvertes » techniques et d’un ordre, suivant un plan fixé, afin » d'améliorer l’économie et, par-là, augmenter la produtc- » tion des biens, assurer leur bon marché et améliorer leur » qualité. » re

On l'explique encore mieux en disant qu’elle procède à une réorganisation générale des méthodes de production et d'échange, à une organisation rationnelle de la production et de la distribution.

Ses principes sont les suivants :

1° Réaliser un travail maximum avec un effort minimum. :

2° Faciliter l'emploi des pièces en série par la réduction des types ou standardisation.

3° Eviter les gaspillages de matières et d'énergie.

4 Simplifier la distribution par la suppression des transports illogiques et des intermédiaires.

Ce qui frappe dans ce programme, c’est que, à côté de l’économie de l'énergie physique de l’ouvrier, se plac: l'économie des forces naturelles. Eviter des travaux inutiles grâce à la réduction des types, éviter les gaspillages de matières et d'énergie, diminuer les transports, tout cela a pour but d'introduire une stricte économie dans l’emploi du capital énergétique de l’entreprise. C’est en cela

que la rationalisation se distingue du taylorisme et le dépasse.

Elle le dépasse aussi d’ailleurs dans la façon même de le comprendre. Tenant compte des enseignements de la bio-énergétique, la rationalisation réalise une organisation de travail plus souple et plus humaine. Elle corrige les défauts du taylorisme que nous avons signalés plus haut. Pour éliminer la fatigue improductive, c’est à la psycho: logie et à la physiologie du travail qu'elle s’adresse. Cellesci permettent de déceler les aptitudes, d’orienter professionnellement les ouvriers, de déterminer les meilleures

conditions de travail. Il n’y a plus de règles rigides pour les mouvements de chaque homme, comme le voulait TayLoR. La rationalisation a découvert l’homme dans l’ouvrier. On sait maintenant que l’organisme est un tout el que certains mouvements complémentaires, même paraissant inutiles, ne peuvent être supprimés. Les lois et les règles établies par l’énergétique, et que nous avons citées plus haut, sont comprises et appliquées. On constate que TAYLOR et GILBRETH ont pensé en ingénieurs. Ils n’ont vu que le temps objectif et non le temps subjectif ou psychologue qu’est le rythme, oscillation du sentiment de tension et de détente. Ce rythme nous est propre et la machine devra s’y conformer. Sans doute un rythme est toujours nécessaire dans l’usine, ce sera le rythme, d’ailleurs élastique, du conveyor, mais l’ouvrier est maître de ses gestes. Bien entendu, toute fatigue inutile est évitée. Ainsi la rationalisation réalise tous les progrès que l’énergétique exigeait du taylorisme.

Nous avons dit plus haut que toute dissipation des énergies naturelles était combattue par elle. Pour cela, divers moyens sont employés : c’est le travail à la chaine, qui économise l’espace et la force motrice ; c’est la récupération, qui permet d'utiliser déchets et sous-produits ; c’est la concentration industrielle, qui remédie au gaspillage dans les distributions. Celle-ci se manifeste par la spécialisation des fabrications, la normalisation des types, la vente en commun. Tout cela n’a qu’un but : l’abaissement du prix de revient, et, par suite, l’économie des énergies qui, nous l’avons montré, constituent le facteur important de la production.

Si l’on ajoute que la rationalisation professe avec Ford que l’industrie n’existe pas pour produire des dividendes, mais pour produire des objets utiles aux gens, on saisira sans peine qu’elle s’est placée résolument sous le signe de l’énergétique moderne.

Aussi, du point de vue énergétique, on ne saurait lui adresser des critiques dans le genre de celles que le système TayLor suscitait. Peut-être faut-il faire des réserves au

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