LUDGER CHEZ LA COMTESSE
Depuis l'entretien qu'elle avait eu avec le professeur, Angelle était plus triste, plus silencieuse que jamais ; lorsque, dans la journée, elle était seule avec sa sœur, celle-ci faisait tout son possible pour l'égayer, pour l'obliger à causer un peu; mais la plupart du temps elle n'obtenait d' Angelle que des mots sans suite ou des réponses qui prouvaient qu'elle n'avait pas écouté ce qu'on lui disait.
Dix jours s'étaient écoulés, et Ludger n'était pas revenu chez Picardin. M. Bourlet était radieux de ne plus rencontrer celui qu'il regardait comme un rival;
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il ne manquait pas , lui , de venir le soir faire sa partie de trente-et-un, et, lorsque la soirée s'avançait et que Ludger n'avait point paru, il se frottait les mains et s'empressait de dire :
— Décidément, maître Ficheclaque vous fait fauxbond, mesdemoiselles; il ne vient plus faire la partie de M. Picardin... il vous délaisse... Il aura fait d'autres connaissances auxquelles il consacre tous ses moments.
— M. Ludger peut avoir de nouveaux élèves, le soir, qui lui prennent tout son temps, dit Léonie.
— Oh! des élèves, le soir... on ne donne guère de leçons passé dix heures... et comme nous restons toujours ici jusqu'à onze, si ce monsieur voulait venir vous voir, il en aurait bien encore le temps.
— M. Ludger est peut-être malade... murmure Angelle d'une voix faible.
— Malade! oh! non; je puis vous certifier qu'il n'est pas malade ; je l'ai encore rencontré avanthier... il a fort bonne mine, il m'a même paru engraissé.
— Que cet homme est mauvais! dit tout bas Léonie à sa sœur; mais il va me payer cal...
— Je suis fort aise de savoir que le professeur se porte bien, dit M. Picardin, car c'est un garçon que j'aime beaucoup; et comme il n'a pas l'habitude
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d'être si longtemps sans venir, cela commençait à m'inquiéter... mais puisque vous l'avez rencontré...
— Et qu'il est engraissé!... s'écrie Léonie; il n'a pas perdu de temps... depuis une dizaine de jours que nous ne l'avons vu, il a trouvé le moyen d'engraisser....
— Moi, dit Jolichose, j'ai maigri d'un kilo et demi depuis deux mois... j'en suis sûr, je me suis fait peser.
— Ahl vous vous faites peser... je croyais qu'on ne pesait que les bêtes et les denrées?...
— Oh! mademoiselle, on pèse tout!...
— Et dans quel but vous faites-vous peser, vous, monsieur Jolichose?
— Mademoiselle, c'est que mon père m'a dit souvent : « Tu n'as pas assez de poids pour tenir une boutique et pour que je te cède mon commerce. » Alors je me fais peser pour savoir si j'ai plus de poids.
— Et combien faut-il que vous pesiez pour que votre père vous cède son fonds?
— Ah! je ne sais pas, mademoiselle.
Vous ne savez pas, et vous vous faites peser!... Pauvre petit Gloud, est-il amusant!
— Mademoiselle, je vous en prie, ne m'appelez pas Cloud! Je vous ai dit que cela me blessait...
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— A quel endroit? demande M. Bourlet en riant.
— Monsieur, je ne vous ai pas dit que j'en avais ! répond le jeune homme d'un air furibond.
— Allons, Jolichose, ne vous fâchez pas ! reprend Léonie; M. Bourlet a voulu rire, voilà tout... et il a Pair si joyeux, ce soir, que je crains qu'il n'en perde sa perruque...
— Ma perruque 1 comment avez-vous dit, mademoiselle?... Ma perruque!
— Sans doute ; elle est ce soir tellement avancée sur votre front, que je crains qu'elle ne vous tombe sur le nez.
— Mademoiselle, vous plaisantez, sans doute! Vous gavez bien que je n'ai pas de perruque?...
— Oh! par exemple!... c'est vous qui croyez nous attraper... vous pensez apparemment que cela ne se voit pas; mais je vous assure qu'on voit très-bien que vous portez une perruque...
— Moi, porter une perruque! s'écrie Bourlet, qui devient écarlate de colère ; encore une fois, mademoiselle, vous êtes dans l'erreur : ce sont mes cheveux que vous voyez...
— Laissez-nous donc tranquilles... Est-ce qu'on a des cheveux jusque sur les yeux? C'est votre perru* que qui descend trop bas...
— » Monsieur Picardin... monsieur Jolichose I je
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vous prie, et, au besoin, je vous somme de me tirer les cheveux pour que vous puissiez affirmer à mademoiselle que je n'ai point de perruque... rien de postiche sur la tête. . . De grâce, tâtez, messieurs!
Pour satisfaire M. Bourlet, M. Picardin et Jolichose vont lui tâter les cheveux, et ce dernier s'en acquitte si bien, que Bourlet pousse un cri, en disant :
— Sapristi!... pas si fort, donc! vous me faites mal, monsieur Jolichose...
— Oui, ce sont bien vos cheveux...
— Il n'y a pas le plus petit toupet, dit M. Picardin.
— Vous l'entendez, mademoiselle?
— Eh bien ! cela m'étonne , répond Léonie ; vos cheveux ont tout à fait l'air d'une perruque... Savezvous ce que vous devriez faire, en ce cas? vous devriez vous faire raser la tête et mettre une perruque bien faite; comme cela, vous auriez l'air d'avoir vos cheveux.
M. Bourlet ne répond pas; il est très-vexé. Pour achever de le dépiter, la porte s'ouvre et le professeur se présente dans le salon,
Ludger s'avance d'un air timide et comme s'il craignait d'être mal accueilli. Il est très-pâle, sa figure est plus amaigrie depuis qu'on ne l'a vu chez M. Picardin. Celui-ci court au-devant du professeur et lui presse la main en s'écriant :
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— Ah! je suis bien aise de vous voir, mon ami... Tenez, nous parlions de vous il n'y a qu'un instant.
— Oui, dit Léonie,.et M. Bourlet, qui, dit-il, vous a rencontré avant-hier, nous affirmait que vous étiez engraissé... Franchement, il n'y paraît pas!... n'estce pas, Angelle, et l'on croirait plutôt que M. Ludger a été rnalade!...
Angelle ne répond rien, mais elle jette sur le professeur un regard qui parlait pour elle et laissait voir tout l'intérêt que lui inspirait sa mine triste et souffrante. Ludger s'incline devant les deux sœurs, tout en balbutiant :
— On a bien de la bonté d'avoir daigné penser à moi... J'ai eu beaucoup d'occupations nouvelles... ce qui m'a privé du plaisir de vous voir depuis quelques jours.
— Si vous êtes si occupé, monsieur, dit Angelle, je pense que vous ne pourrez pas accepter ce que j'avais proposé à madame la comtesse de Valgiave... Elle voulait bien que vous allassiez chez elle donner des leçons à son fils... Vous m'aviez dit que cela ne vous était pas désagréable de commencer un enfant si jeune; mais je présume que maintenant vous ne le voudrez plus...
— Pardonnez-moi, mademoiselle, puisque voua avez bien voulu parler de moi à cette dame et qu'elle
m'agrée, je tâ:herai de me rendre digne de votre recommandation. Quand puis-je me présenter chez madame de Valgrave?
— Mon Dieu! dès demain si vous voulez, car il y a dix jours au moins que j'ai parlé de vous à cette dame, et elle doit être étonnée de ne point vous avoir encore vu. *
— J'irai demain, mademoiselle.
— Tenez, voilà son adresse...
Angelle présente une carte au professeur : celui-ci la prend d'une main tremblante, en tenant toujours ses regards baissés. Cependant, en saisissant cette carte, ses doigts effleurent ceux de la belle fille; il voudrait bien les presser, les tenir un moment... mais, soit que l'on ait deviné son intention, la main se retire bien vite, et Ludger n'a pu saisir que la carte.
— C'est égal! s'écrie Jolichose, M. Bourlet n'avait pas ses lunettes quand il a dit que maître Ficheclaque était engraissé...
— Monsieur, je ne porte pas plus de lunettes que de perruque! répond Bourlet avec humeur.
— C'est que, franchement, M. le professeur est si pâle... si pâle... on croirait qu'il n*a pas mangé depuis huit jours!.,.
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— Ah! que c'est digne d'un Cloud, ce que vous dites là î dit Léonie.
— Mademoiselle, je dis cela... cane peut pas fâcher monsieur... Puisqu'il gagne beaucoup d'argent , il peut beaucoup manger.
— Être pâle donne un air intéressant! murmure Bourlet.
— Oh ! alors, vous n'êtes jamais intéressant, car vous êtes toujours rougeaud, vous, papa Bourlet 1
— Monsieur Jolichose, je vous ai déjà prié de ne point m'appeler papa... cette locution familière ne vous est point permise avec moi. Si vous recommencez, je vous appellerai Cloud, et jamais autrement.
— Quand vous m'aurez appelé Cloud cinq fois , qu'est-ce que ça fera ?
Léonie part d'un éclat de rire, et M. Picardin en fait autant, en disant :
— Je crois que Jolichose se permet le calembour !
Angelle et Ludger tâchent de se regarder à la dérobée, baissant bien vite les yeux lorsque l'un ou l'autre lève les siens. M. Bourlet continue de se mordiller les lèvres avec dépit.
La soirée était déjà avancée, car le professeur était tenu tard ; la société prend congé de la famille Picardin.
— Ne soyez pas si longtemps sans venir nous voir,
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dit le maître de la maison en serrant la main de Ludger.
Celui-ci regarde Angelle, en répondant :
— Croyez bien, monsieur, que lorsque je ne viens pas... c'est pour moi une grande privation.
— Il ne faut pas tant travailler... que diable !... vous vous fatiguez trop, vous vous rendrez malade. Vous êtes véritablement changé , mais pas comme Bourlet nous Ta dit 1
— C'est probablement ma perruque qui me faisait voir de travers 1 dit Bourlet en ricanant.
Léonie rit encore, car elle voit que le gros monsieur ne lui pardonnera jamais l'histoire de la perruque. Angelle, au moment du départ, accorde enfin un long regard à Ludger, qui , cette /ois, ne baisse plus la tête et aspire ce regard comme s'il lui rendait la vie. Jolichose dit tout basa Léonie :
— Encore deux ou trois kilos, et je crois que je pèserai assez pour avoir le fonds de papa.
— Eh bien ! après?
— Après !... je ne vous en dis pas plus !
— Ah! tant mieux, j'aime autant cela.
Le lendemain, sur les deux heures de l'après-midi, le professeur se présente à l'hôtel de Ravageole. Il s'adresse au concierge :
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- — C'est itCi la demeure de M. le marquis de Ravageole?
— Oui; mais, si vous avez affaire à M. le marquis, vous arrivez trop tard; il est parti il y a trois jours pour l'Italie, et sera peut-être deux mois absent.
— Ce n'est point M. de Ravageole que je désire voir, mais sa sœur, madame la comtesse de Valgrave.
— Je ne sais pas si elle est visible... Montez au second, vous trouverez ses domestiques.
Ludger monte un fort bel escalier orné de statues et d'arbustes en fleurs. Au second étage il trouve une camériste, et la prie d'annoncer à la comtesse qu'il est la personne envoyée par mademoiselle Angelle.
On ne tarde pas à venir lui dire que madame de Valgrave est prête à le recevoir. On lui fait traverser plusieurs pièces , ses pieds foulent des tapis épais et moelleux, et il arrive enfin dans le salon , où la comtesse est seule avec son fils.
Depuis cette soirée donnée par son frère et dans laquelle on avait parlé du prochain retour de M. Edouard de Charmeuse, Valentine n'était plus la même. A cette apathie , à cette indolence qui se montraient dans toutes ses actions et que son fils avait seul le pouvoir de rompre, avait succédé une agitation, une espèce de fièvre qui ne lui permettaient plus de goûter un moment de repos; le moindre bruit, l'annonce d'une visite
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lui causaient une forte émotion, et cent fois dans lajournée elle paraissait écouter et espérer l'arrivée de quelqu'un. Mais ce changement opéré en elle, bien loin de nuire à son amour pour son fils, semblait l'augmenter encore ; elle voulait l'avoir presque toujours avec elle, elle ne pouvait se lasser de le contempler, et Ton aurait dit que dans ses traits enfantins elle cherchait à en retrouver d'autres.
L'annonce d'une personne qui désirait la voir avait donc d'abord vivement ému Valentine; puis, en apprenant qui c'était, ses traits avaient perdu de leur animation , comme quelqu'un qui voit encore une douce espérance s'évanouir.
Ludger salue profondément la jeune femme, qui lui fait signe d'avancer, tandis que le petit Armand se serre contre sa mère, en regardant avec défiance ce grand monsieur qu'il ne connaît pas.
— Approchez, monsieur... C'est vous qui m'êtes adressé par mademoiselle Angelle Picardin ?
— Oui, madame, je suis le professeur dont elle vous a parlé.
— Asseyez- vous, monsieur... Est-il vrai que vous consentiez à donner des leçons à cet enfant? Vous le voyez... il est encore bien jeune... il ne sait encore rien...
— J'aime mieux cela, madame ; ma méthode
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apprendre aux enfants est si simple, si facile, que je réussis mieux lorsque mes élèves n'ont pas reçu de mauvais principes, qui souvent surchargent inutilement leur mémoire...
— Du reste, mon fils a grande envie d'apprendre.
— Et il apprendra vite, madame , je vois cela dans ses yeux... ceux des enfants ne trompent pas.
— Vraiment 1 monsieur; comment le trouvez- vous?
— Charmant, madame, non-seulement parce que ses traits sont jolis, mais parce qu'ils ont une aimable expression et que ses yeux pétillent d'intelligence.
— Trouvez-vous qu'il me ressemble ?
— Mais, madame, si vous me permettez d'êtro franc...
— Oh I je vous en prie!...
— Je ne vois guère de rapport entre les traits de monsieur votre fils et les vôtres... mais peut-être qu'en grandissant...
— Oh! ne croyez pas me faire de peine en me disant cela... bien au contraire... mon fils est tel que je le désirais.
— Il ressemble probablement à son père... et vous rappelle des traits qui vous étaient chers?
— Oui... oui... il ressemble beaucoup à son père. Armand, c'est monsieur qui veut bien prendre la peine
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de t'instruire... Tu n'auras pas peur de lui, n'est-ce pas? car monsieur a l'air bien doux.
Le petit garçon regarde quelques instants Ludger, puis répond :
— Non, il n'a pas l'air méchant... Mais pourquoi qu'il s'appelle Fiche... Ficheclaque?
— Mon petit ami, répond Ludger en souriant, il ne faut pas toujours juger les personnes sur leur nom... une étiquette est souvent trompeuse. Le nom le plus bizarre, quand il est porté par un homme de génie, devient beau et s'ennoblit! Ce n'est pas le nom que nous avons reçu de nos parents qui doit nous faire aimer et respecter ; c'est nous qui , par nos vertus et notre mérite, devons faire honorer notre nom. Celui de Ficheclaque me vient de mon père, mais jamais il n'a été honm par mes élèves, car jamais je n'ai donné une chiquenaude à aucun d'eux. Voulez-vous me donner la main ? je ne serai Das votre maître, je serai votre ami.
L'enfant sourit ; il regarde sa mère, puis tend sa main à Ludger, en lui disant :
— Voilà ma main, mon ami... Maman, entends-tu? il ne sera pas mon maître, il sera mon ami I Ah ! c'est plus gentil, cela... Tu verras que j'apprendrai bien, mon ami !...
— Mou fils, je vois que monsieur sera très-bon pour
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toi, et que je ne pouvais rencontrer quelqu'un qui me comprît mieux... car M. Ludger... Vous vous nommez aussi Ludger, n'est-ce pas ?
— Oui, madame.
— Eh bien! M. Ludger a vu tout de suite que tu étais le bijou, le trésor de ta mère, et il sait bien que s'il se montrait sévère avec loi, ce serait aussi me faire du chagrin. Mais la bonté que te témoigne monsieur ne saurait te faire oublier qu'il est ton professeur, que tu dois le respecter... et non pas te permettre de le tutoyer...
— Puisque nous sommes amis !...
— De grâce, madame, laissez monsieur votre fils me traiter comme le lui dictera son cœur. L'amitié est plus douce que le respect. . .
— Oui... oui, nous sommes amis; mais j'apprendrai vite à lire, parce que je ne veux plus que le petit Monvert dise que je suis un âne... n'est-ce pas, mon ami Ludger? Ah ! vois-tu, j'ai bien retenu ton autre nom!
— Soyez tranquille, cher enfant, vous apprendrez vite et facilement.
— Quant aux émoluments, monsieur Ludger, vou? les fixerez vous-même, et j'approuve d'avance. Vous êtes très-savant, m'a-t-on dit; c'est donc une grande condescendance de votre part de vouloir bien ins-
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truire un enfant. Je veux que vous en soyez largement rétribué.
— Madame est trop bonne.
— Vous aurez la pièce qui tient à ce salon pour donner vos leçons... Gela ne vous contrariera pas que j'y assiste quelquefois?
— Jamais , madame. Votre présence ne pourra que donner de l'émulation à monsieur votre fils...
— Vous viendrez vers le midi. .. et quatre fois dans la semaine ; ce sera assez, dans les commencements, pour ne pas le fatiguer, n'est-ce pas ?
— Oui, madame, c'est une chose convenue. Quand désirez-vous que je commence?
— Mais... dès demain, si vous le pouvez.
— Oui, madame; vous pouvez compter sur mon exactitude.
— Oui, oui, viens demain, mon ami. Je le veux aussi, moi! s'écrie Armand.
Ludgt r salue profondément la comtesse, et s'éloigne après avoir encore serré la main que lui tend le petit garçon.