CAHIERS » DE BROUILLONS LXI
deux aux Coii/'essioiis : un renferme des vues générales sur l'agriculture, le commerce et les finances; deux contiennent des notes sur les personnages cités par l'auteur, et la clef de ses écrits ou la nomenclature des noms qui n'y sont indiqués que par les lettres initiales... Ce sont des articles travaillés avec soin que nous nous proposons de donner au public et non des esquisses intormes. Nous ne nous sommes pas même servis de quelques .Manuscrits chargés de notes marginales "interlinéaires, qui contiennent les premiers jets des pensées de l'auteur; ces Manuscrits, d'ailleurs, forment une propriété particulière réclamée par les propriétaires, et à laquelle nous ne nous permettons pas de toucher. Aucun des articles que nous publions n'a été imprimé. Les Manuscrits, au nombre de vingt-six. dont ils sont tirés, n'ont été confiés qu'aux agents immédiats du Comité d'instruction publique. Poinçot pour l'édition in-4" des œuvres de Rousseau. Didot jeune pour la magnifique édition de la veuve .Maisonneuve. n'ont eu à leur disposition et n'ont compulsé que les Manuscrits qui ont appartenu à .Mme de Luxembourg, les fragments de VHéloïse apportés du .lura, et l'exemplaire des Confessions offert à la Convention nationale par la veuve de Jean-Jacques. Le travail des commissaires du Comité d'instruction n'a porté sur aucun de ces .Manuscrits déjà connus » '. Parmi ces vingt-six Manuscrits, d'où Lakanal avait tiré les morceaux qu'il comptait publier, les quinze .Manuscrits qu'il avait présentés à la Convention étaient-ils compris? C'est possible, sans être certain : « Ce sont, disait-il le 28 \'endémiaire, an III, les premiers jets de ses pensées, les modifications qu'elles ont éprouvées avant » d'avoir atteint leur point de perfection. Ce sont, dit-il plus tard dans son prospectus, des « additions », « additions considérables au Contrat Social, à YÉmile ». etc. Je sais bien que. dans une langue peu précise, ce mot d' « additions » pourrait signifier simplement : morceaux inutilisés: mais le prospectus parait bien distinguer les « additions », « articles travaillés avec soin », des Manuscrits « qui contiennent le premier jet des pensées de l'auteur » -. Quoi qu'il en soit, que ces différents .Manuscrits
' '254 "•■•], 1-6. — Quérard. qui semble bien avoir eu connaissance de ce prospectus de Lakanal pour rédiger sa Xotice 257], 223-224, déforme, en les résumant, les renseignements que contient ce prospectus : * Ces .Manuscrits de Rousseau, écrit-il, lormaient di.\-sept cahiers de vingt pages chacun ». On a vu que ces di.\-sept .Manuscrits n'étaient pas les .Manuscrits mêmes de Rousseau, mais les cahiers où les gens de lettres qui travaillaient sous la direction de Lakanal avaient copié les morceaux les plus intéressants des vingt-six .Manuscrits.
' En outre, dans la séance du 28 Xendémiaire, an III, Lakanal avait t'ait
LXII INTRODUCTION
aient eu une destinée commune ou qu'ils aient formé deux groupes indépendants, je ne sais ce qu'ils sont devenus. Dans la Préface de son édition de ÏÉinile ^ Petitain affirme encore qu'il existait, en iSig, des brouillons fragmentaires de cet ouvrage, et que la Bibliothèque du Palais-Bourbon en « possédait quelques parties sur feuilles volantes ». Aucun catalogue actuel n'en fait mention. Nul doute cependant que ces premières ébauches aient existé. Dans le plus ancien des .Manuscrits de ÏÉinilc, on verra Rousseau lui-même, à la fin d'un paragraphe, mettre un signe d'arrêt, écrire à côté : « Au cahier ». et amorcer le passage qu'il prendra dans le « cahier » pour l'insérer en cet endroit de sa rédaction. .\ la page suivante, nouveau signe d'arrêt: à côté : « Rctuiirncr au cahier »; et c'est au « cahier », sans doute, qu'est emprunté le développement qui commence après cette indication -'. Ce qu'étaient ces « cahiers 'i, nous pouvons le deviner par quelques-uns d'entre eux. qui sont encore conservés à Neuchàtel, et sur lesquels j'aurai bientôt à revenir. L'un d'eux (n" 7887), parmi des brouillons de lettres et des fragments d'un traité d'astronomie, contient, dispersées çà et là, des pages encore inorganiques de la Lettre à M. de Beaumont et des Lettres de la Montagne. Ce recueil n'est guère, pour ainsi dire, qu'un chantier de matériaux à peine dégrossis. 11 est dommage que nous ne puissions plus apercevoir la Profession dans cet état cahotique qui précède l'organisation. Le premier .Manuscrit qui nous la présente, nous la présente constituée déjà dans ses parties essentielles : c'est le iManuscrit suivant.