‹ La "Profession de foi du vicaire savoyard"Chapitre 86 sur 176 · I. (seulement) [simplement · texte numérisé non relu

I. (seulement) [simplement

M. se confirme.

Je ne suis donc ■• pas simplement un être sensitif & passif, mais un être actif & intelligent, & quoiqu'en dise la philosophie, j'oserai prétendre à Thon- I neur de penser •. Je sais seulement que la vérité est dans les r42] choses & non pas dans mon esprit qui les juge, & que moins je mets du mien dans les jugemens que j'en porte, plus je suis sur d'approcher de la vérité : ainsi ma régie de me livrer au sentiment plus qu'à la raison, est confirmée par la raison même -.

— Traité des Sensations, I, ii. ii, note [209]. 63 : « Il y a en nous un principe de nos actions que nous sentons, mais que nous ne pouvons définir : on l'appelle force. Nous sommes éf^alement actifs par rapport à tout ce que cette force produit en nous, ou au dehors. Nous le sommes, par exemple, lorsque nous réfléchissons, ou lorsque nous faisons mouvoir un corps. Par analogie nous supposons dans tous les objets qui produisent quelque changement, une force que nous connaissons encore moins, et nous sommes passifs par rapport aux impressions qu'ils font sur nous. Ainsi un être est actif, ou passif, suivant que la cause de l'efi'et produit est en lui ou hors de lui ». .Mais les analogies verbales dissimulent à peine les di:i'érences de fond : la force dont parle ici Condillac est plutôt une force de réaction qu'une force d'initiative.

■* Ce n'est pas seulement la conclusion des paragraphes précédents, c'est la conclusion — volontairement agressive et ironique, — de toute la dissertation sur l'activité du jugement, dissertation qui forme ainsi une enclave très nettement délimitée.

' Voltaire [242], 277 : « Pourquoi calomnier les philosophes »?

- Rousseau parlera de la raison sur un autre ton, lorsqu'il fera la critique de l'idée de révélation : cf., plus loin, p. i5o. Mais peut-être alors donnera-t-il au mot de raison un sens un peu différent. Il faut, en eflét, se rappeler la note du 11' Livre d'Emile, II, 76 : « J'ai fait cent fois réflexion, en écrivant, qu'il est impossible, dans un long ouvrage, de donner toujours les mêmes sens aux mêmes mots. Il n'y a point de langue assez riche pour fournir autant de termes, de tours et de phrases, que nos idées peuvent avoir de modifications... Malgré cela, je suis persuadé qu'on peut être clair, même dans la pauvreté de notre langue, non pas en donnant toujours les mêmes acceptions aux mêmes mots, mais en faisant en sorte, autant de fois qu'on emploie chaque mot, que l'acception qu'on lui donne soit suffisamment déterminée par les idées qui s'y rapportent, et que chaque période où ce mot se trouve lui serve,

pour ainsi dire, de définition Je ne crois pas en cela me contredire dans mes idées,

mais je ne puis disconvenir que je ne me contredise souvent dans mes expressions ». Ici le sentiment est considéré comme étant l'expression directe et fidèle des choses mêmes, la raison comme étant l'apport personnel, et peu silr, de l'esprit humain.

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