IL Y A 40 ANS ET AUJOURD'HUI
dont la culture, qui faisait la richesse des populations, semblait sur le point d'être anéantie. Pasteur étudia sur place dans les mag-naneries la pébriîieeildi flacherie, deux maladies contagieuses frappant les vers à soie ; il arriva à en cultiver les germes, àles inoculer àdes sujets sains, il arriva de même par l'isolement à garantir de l'épidémie des sujets non encore touchés.
Les travaux publiés sur ce sujet par Pasteur (1) sont admirables ; on y trouve les lois de la contagion, l'isolement des malades, la désinfection, et il n'y eut plus qu'à mettre en pratique pour l'homme les mesures prophylactiques qui avaient si bien réussi à Pasteur pour les vers à soie.
C'est alors que l'on commença en chirurgie à prendre des précautions opératoires ; on isola la plaie de tout contact extérieur par le pansement ouaté d'Alphonse Guérin (2), que bientôt allait remplacer le pansement phéniqué de Lis-
(1) L. Pasteur, Les Maladies des vers à soie, 1870.
(2) Alphonse Guévin, Les pansements modernes, le pansement ouaté et son application à la thérapeutique chirurgicale, Paris, 1889.
1er. L'antisepsie était trouvée, vous savez quels merveilleux résultats elle a donnés.
La transmissibilité de certaines maladies par des agents figurés avait déjà été signalée. Davaine avait appelé l'attention sur certains agents de contagion, charbon, maladie des fruits (1) et Tarnier avait déjà dit que chaque année il mourait à Paris 1600 femmes en couche de trop, faute des précautions nécessaires. Il avait fait construire le pavillon d'isolement des femmes en couches à la Maternité.
Je me souviens, qu'alors que je remplaçai Hervieux comme médecin de la Maternité, je tombai en pleine épidémie de fièvre puerpérale et on perdait de 33 à 50 pour 100 des nouvelles accouchées, toutes étaient emportées par la septicémie, ainsi que le tiers des nouveau-nés. Lorsque Tarnier prit le service d'accouchements, et qu'il eut fait construire son pavillon d'isolement, sans aucune antisepsie, puisque la méthode était encore inconnue, il arriva à faire tomber la mortalité à 5 et 6 pour iOO.
(1) Davaine, L'Œuvre de Davaine, Paris, 1889.