IL Y A 40 ANS ET AUJOURD'HUI
Le grand mérite de Pasteur a été non pas seulement de découvrir ces agents de contagion, mais de les cultiver, de préciser leurs modes d'évolution, enfin de les faire agir comme agents vaccinateurs.
Nous raisonnons maintenant sur des faits connus, indiscutables, nous avons relégué dans un passé déjà oublié par les jeunes générations, les discussions, qui ont duré des siècles, sur la spécificité, la spontanéité morbides.
Les théories pastoriennes semblèrent tout d'abord devoir être surtout applicables en chirurgie, mais les travaux des médecins sur les maladies épidémiques, notamment ceux de Villemin, sur la contagion de la tuberculose (1), complétés par la découverte du bacille producteur de la maladie par Robert Koch, prouvèrent qu'il existe en médecine toute une catégorie de maladies transmissibles dont il est possible, moyennant quelques précautions, de se garantir.
Aujourd'hui le peuple sait qu'il est des ma-
(1) Villemin, Etude sur la tuberculose, Paris, 1868.
ladies évitables (1), et puisque nous avons émis cette affirmation, nous avons implicitement pris l'engagement de les faire disparaître. Nous devons faire honneur aux promesses de la science. Mettre en garde nos concitoyens contre les dangers qui les menacent, leur permettre d'éviter les maladies, soit exotiques, soit autochtones, n'est-ce pas là l'œuvre la plus désintéressée et la plus noble qui puisse être l'idéal du médecin ?
(1) Brouardel, Les Maladies évitables, variole, fièvre typhoïde (Acad. de méd., 11 nov. 1890 et Ann.d'hyg., 1891, tome XXV, p. 43).