EXERCICE DE LA MÉDECINE
formés pour la défense des intérêts professionnels ne pourrait atteindre l’Etat, les départements et les communes. Mais l’opposition fut des plus vives; les médecins, disait-on, ne devaient pas avoir le droit de se syndiquer, car les clients n’auraient pas l’autorité nécessaire pour lutter contre une telle puissance et ce qui semblait donner corps à cet argument, c’est que des pouvoirs tels que l’État, les départements, les communes, qui eux avaient toute l’autorité nécessaire pour engager la lutte, étaient mis par le gouvernement en dehors de l’action des syndicats.
C’est grâce à M. Loubet, qui alors était Président du Conseil, et qui connaissait les besoins d u corps médical, que le Sénat vota l’article 13. Il montra que le but des médecins n’était pas de se syndiquer contre les malades, mais de fonder des Sociétés permettant d’établir entre les membres du corps médical des liens de confraternité, d’assistance et de secours dans le malheur, et aussi d’exercer une action plus efficace à l’encontre de ceux qui pratiquent illégalement la médecine. L’article 13 fut voté à une faible majorité et M. Loubet en nous prêtant son appui a rendu
INTERVENTION DE l’ÉTAT
au corps médical tout entier un service dont celui-ci doit lui être reconnaissant.
En ce qui concerne Vexercice illégal^ les pénalités sont un peu plus élevées que précédemment , les poursuites sont rendues plus faciles, grâce à rintervention des syndicats.
Cependant, un point était resté obscur et avait donné lieu à des interprétations diverses par les tribunaux: c’était la question des magnétiseurs, Le fait de prétendre guérir par le magnétisme était-il un acte d’exercice illégal de la médecine? La question des magnétiseurs n’a été qu’effleurée au cours de la discussion de la loi et ce n’était certes pas moi qui voulais rentamer.
Quand il s’est agi de l’exercice illégal, les sénateurs, qui jusque-là avaient voté un peu à contre cœur les articles proposés, montrèrent quelque hostilité. La discussion se produisait à un moment où l’on parlait beaucoup du magnétisme et le chef d’un groupe important de la gauche du Sénat vint me trouver, car j’étais commissaire du Gouvernement, et me dit que si la loi considérait le magnétisme comme un exercice illégal, le groupe voterait contre. C’était la mort de la loi.