‹ La profession médicale au commencement du XXe siècleChapitre 8 sur 27 · p. 100 contenaient 1 gr. à 1 gr · texte numérisé non relu

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1 gr. .6 à 2 gr.

2 gr. à 2 gr.

2 gr. 5 à 3 gr.

3 gr. à 3 gr.

3 gr. 5 à 4 gr.

4 gr. à 4 gr.

Pour les enfants assistés, la mortalité des enfants mis en nourrice est de 30 pour 100 enfants dans la première année.

(1) La quantité de beurre normalement contenue dans le lait est de 40 à 45 grammes.

Quant aux enfants que laissent dans leur pays les nourrices qui viennent se placer à Paris et dans les grandes villes, les remplaçantes, comme les a nommées Brieux, nous n’avons que peu de données pour apprécier leur mortalité, mais nous savons par les médecins exerçant dans la Nièvre et le Morvan qu’elle est considérable.

La loi Roussel a rendu de grands services dans les villes et les campagnes, mais l’application devra être complétée, la surveillance des nourrissons devra être plus sévère.

C’est la diarrhée, ai-je dit, qui, pendan-t les mois de chaleur, décime les nouveau-nés. Ils ne meurent pas faute de soins, mais faute de soins bien compris. Comme l’a écrit M. Budin : « Les femmes du peuple abandonnées à ellesmêmes, ne reçoivent, en général pas de conseils ou elles n’en écoutent que d’incompétents et de funestes. C’est seulement quand leur nourrisson est devenu malade qu’elles s’adressent au médecin, c’est-à-dire alors qu’il est trop tard. Il ne devrait pas en être ainsi, les mères, les

nourrices ont besoin d’être guidées pendant Broüardel. — La Profession médicale 6

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cette période si dang-ereuse pour l’enfant. »

Depuis 1892, M, Budin a fondé successivement à l’hôpital de la Charité, à la Maternité, enfin à la clinique Tarnier des consultations de nourrissons. Voici en quoi elles consistent : « Chaque semaine, les femmes qui élèvent ellesmêmes leur enfant, le ramènent à l’hôpital ou elles sont accouchées. Il est examiné et pesé. Sur un registre spécial, on inscrit son poids et les renseignements qui le concernent ; on peut, de la sorte, ensuite établir .facilement sa courbe (1). »

Si l’allaitement au sein devient insuffisant ou si la mère n’a plus de lait, on prescrit une quantité variable de lait stérilisé, que la mère vient chercher chaque matin. « Chaque consultation devient ainsi une école des mères, car si on soigne les bébés, on conseille aussi les nourrices, leur traçant la ligne de conduite pour le présent et pour l’avenir. »

(1) Budin, De la puériculture après la namance {rapport au A'e congrès international d’hygiène et de démographie, Paris, 1900).

Des consultations analogues, auxquelles le D"" Dufour de Fécamp a donné le nom si pittoresque de gouttes de lait, ont été créées à Paris, dans des dispensaires dépendant de l’Assistance publique ou privée et aussi dans les grandes villes : les résultats ont été excellents. Pendant les étés de 1899 et de 1900, qui furent si meurtriers pour les jeunes enfants, les nourrissons surveillés ou alimentés à l’aide du lait fourni par les dispensaires et les hôpitaux restèrent à peu près indemnes.

La qualité du lait n’est pas seulement la cause principale de ces diarrhées meurtrières. Si la bête qui le fournit est atteinte de tuberculose, surtout si elle a une mammite tuberculeuse, le lait qu’elle fournit contient des bacilles de Koch, l’enfant meurt par entérite tuberculeuse, péritonite de même nature, dégénérescence des ganglions du mésentère, etc.

A Paris, cette forme de tuberculose fait périr chaque année 75 enfants de 0 à 1 an sur 10000.

En Angleterre, où on a réussi à abaisser la mortalité des adultes par tuberculose de 45 p. 1 00 en 40 ans, les manifestations tuberculeuses vont

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en augmentant dans lapremière'année et Thorne- Thorne, chef du Boardlocal government, attribue cette mortalité au fait qu’en Angleterre les étables ne sont pas surveillées.

A côté de l’influence nocive du lait de mauvaise qualité ou du lait employé de manière défectueuse, il est bon de veiller sur la qualité de l’eau qui sert au coupage du lait pendant les premiers mois et qui peut être le véhicule d’agents pathogènes. Les statistiques avaient montré dès 1864 que, dans deux pays d’Europe^ en Norwège et en Portugal, la mortalité infantile ne dépassait pas 8 à 9 p. 100. Il semble très probable que cette faible mortalité n’est pas uniquement due à la qualité du lait, mais aussi à la pureté de l’eau qui sert au coupage. La Norwège et le Portugal présentent en effet au point de vue topographique quelque analogie : les deux pays sont coupés par des montagnes; sur les plateaux, la population est clairsemée, et l’eau est par conséquent exempte des souillures qui contaminent parfois dans les autres pays les sources qui semblent le mieux captées.

En terminant, je signalerai encore un des dangersauxquels les enfants sont exposés. En France, la tradition veut qu’on sorte les nouveau-nés presque par tous les temps. Combien n’en voiton pas à Paris, glacés par la bise d’hiver, subissant des intempéries insupportables même aux adultes?

Schutzenberger de Strasbourg a publié une statistique qui semble au premier abord un peu paradoxale ; il en ressort que les enfants nouveau-nés meurent moins que partout ailleurs dans les établissements pénitentiaires. Les raisons de cette anomalie sont multiples, les enfants soignés par leur mère ne sortent pas, et sont toujours soumis à la même température ; la mère, sachant fort bien que la manière dont elle soigne son enfant, comptera pour la réduction de la peine qu’elle doit subir, lui donne des soins méticuleux.

Malgré ses imperfections, la loi Roussel doit être rigoureusement appliquée, jusqu’au temps prochain où une loi nouvelle et plus complète de protection de l’enfance, actuellement à l’étude, viendra la remplacer.

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Mais elle se base sur la confiance que le législateur a dans le médecin.

Le médecin du lieu d’où part le nouveau-né doit s’assurer que celui-ci n’emporte pas avec lui une maladie dangereuse pour la nourrice.

Le médecin du lieu où arrive le nourrisson doit s’assurer que la nourrice est saine, que les soins de propreté sont bien donnés, que le lait qui sert à l’allaitement est de bonne qualité et provient d’une bête saine, enfin que ses conseils sont réellement suivis.

Ces constatations sont souvent bien difficiles à faire, et le médecin se plaint avec raison que sa responsabilité et ses moyens de contrôle sont bien peu concordants.

Les fonctions confiées à ces médecins par la loi Roussel sont bien plus préservatrices que curatives. Ici encore l’hygiène prime la thérapeutique.

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