EN PROVINCE
L’enseignement médical en province se donnait dans les Facultés faisant partie des Universités ou dans les Ecoles de chirurgie, qui en étaient distinctes et séparées, et qui existaient même seules dans certaines localités. Dans treize villes c tous les docteurs réunis en Faculté faisaient partie d’une Université, comme à Paris, et conféraient les grades. Nommés à l’élection dans la Capitale, les professeurs étaient, dans la plupart des villes de province, des fonctionnaires du gouvernement, des professeurs royaux. Il faut excepter Lyon, où les docteurs agrégés au Collège de médecine prenaient le titre de professeurs ; Reims, où l’archevêque, chef de l’Université, avait le droit de nomination; Arras où les professeurs en chirurgie étaient nommés par les magistrats locaux.
La chirurgie était enseignée dans dix localités, tantôt dans des Ecoles, tantôt dans des Collèges. Mais les Communautés de chirurgiens, oubliant les sages prescriptions de l’édit de 1692, donnèrent souvent des lettres de maîtrise à des ignorants munis de certificats informes, mendiés ou falsifiés. k Les lois, dit Verdier, doivent être plus sévères pour la punition du brigandage de la chirurgie. »
L’importance de ces Facultés, de ces Ecoles, de ces Collèges en tant que Corps enseignants, était fort variable depuis Montpellier, qui comptait huit professeurs dans son Université de médecine et dix dans son Ecole de chirurgie; depuis Toulouse, qui avait six chaires de médecine et six de chirurgie, jusqu’à ces Facultés « muettes », comme les appelle Astruc,
telles que celles d’Orange et de Valence, qui ne possédaient qu’une seule chaire! Si l’enseignement de la médecine n’était point partout complété par celui de la chirurgie, certaines villes, et non les moins importantes, n’avaient que des professeurs de chirurgie; telles étaient Arras, Orléans, Rennes, Rouen, Tours. En somme, le nombre des chaires de chirurgie était plus élevé que celui des chaires de médecine, et ceci s’explique. L’enseignement chirurgical comprenait les chaires d’anatomie et de physiologie, et devait former les praticiens de second ordre et les sages-femmes.
Les Facultés subalternes avaient conféré plus d’une fois à des incapables les grades universitaires. Il en résulta que les médecins de certaines villes se réunirent en Collèges pour exiger des épreuves probatoires des nouveaux médecins arrivant dans la cité. Ces Compagnies obtinrent parla suite des lettres patentes du Roi, qui les confirmèrent dans les droits qu’ils s’étaient primitivement arrogés. C’est ainsi que dans nombre de villes se constituèrent des Collèges auxquels durent s’agréger les médecins qui voulaient y exercer. Tels furent ceux de Lille, Lyon, Marseille, Rouen, etc. Ils exigeaient souvent des droits très élevés de ceux qui se soumettaient à leur juridiction, et après avoir été institués dans un but très légitime de dignité et de protection professionnelles, ils avaient fini par exercer un monopole injuste et abusif, dont on se plaignait vivement dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. Du reste, la jurisprudence particulière de la médecine était fondée sur des règlements particuliers à chaque Société de médecins, au rebours de la jurisprudence de la chirurgie, qui était uniforme pour toutes les Compagnies, à quelques exceptions près, sur lesquelles nous insisterons chemin, faisant (Alsace, Artois, Dombes, Roussillon). Depuis la fin du dix-
septième siècle, il y avait dans toutes les villes des médecins revêtus du titre officiel de médecins du Roi, délégués avec les chirurgiens jurés aux rapports pour les expertises médico-lé' gales, à l’exclusion de tous autres. La charge de médecin du Roi était tantôt personnelle, tantôt affectée à un collège ou à une Faculté dont les membres se la transmettaient, tantôt achetée par les médecins d’une ville qui l’exerçaient alternativement.
Le chirurgien du Roi avait aussi, dans chaque ville, son lieutenant chargé de la police des chirurgiens et des barbiers. Les médecins du Roi et le lieutenant de son chirurgien avaient la préséance sur leurs confrères. Dans quelques provinces (Languedoc, Guyenne), certaines villes avaient des médecins stipendiés, et le roi Stanislas en avait établi à 200 livres chacun dans la plupart des villes de son duché de Lorraine. Ainsi Nancy en avait quatre, Lunéville et Rar, trois.
Tels étaient les institutions et les fonctionnaires de la profession médicale au moment où ils allaient disparaître avec tous les autres dans la tempête révolutionnaire. En passant à chaque province en particulier, nous ne mentionnerons nominativement que ceux qui ont laissé une trace dans la science ou des descendants dans la profession.
Ile-de-France , Champagne , Orléanais , Touraine. — En raison de la présence permanente delà cour, Versailles avait une importance qui se reflète dans le chiffre de son personnel médical : 8 docteurs, 24 chirurgiens agrégés en un collège pratiquaient dans la seconde capitale du royaume, assistés de 25 sages-femmes. Le Roi et la famille royale comptaient, il est vrai, dans ce nombre de praticiens, des officiers de leur maison déjà indiqués précédemment au paragraphe qui les concerne, mais il y avait de plus à Versailles quelques
doublures , chirurgiens par quartier, renoueurs. Le Collège de chirurgie avait été fondé par le chirurgien de Louis XIV, Maréchal, qui avait usé et abusé même de sa situation près de son royal client pour doter la Compagnie de privilèges, d’où résulta le procès dont nous avons précédemment parlé. On ne trouve, du reste, dans le personnel médical et chirurgical de Versailles, en 1776, aucun nom qui ait acquis, et bien moins encore conservé, une notoriété quelconque.
Dans le rayon de la capitale, on rencontre à Meaux le nom de Rochard, à Tours, un Collège de six médecins et un Collège de chirurgie composé de onze membres et de cinq professeurs, parmi lesquels Desormeaux. A Orléans, le Collège n’était qu’une agrégation de médecins, au nombre de sept, indépendants de l’Université locale; l’Ecole royale de chirurgie avait trois chaires, de l’une desquelles Leblanc était titulaire, un adjoint et dix-sept maîtres. A Troyes, Collège de médecine, Collège de chirurgie. A Sens, les médecins avaient acheté la charge de médecin du roi et l’exerçaient alternativement pendant un mois. La Faculté de médecine qui faisait partie de l’Université de Reims, était composée de dix docteurs régents ou agrégés. Les Écoles de médecine et leurs professeurs portaient en souvenir du nom de deux bienfaiteurs de l’institution (Antoine Fournier, évêque in partibus , et Antoine Beauchêne, chanoine, son neveu) le titre de Schola Antoniana et professores Antoniani. La Faculté conférait les grades de trois façons : 1° in majori ordinario: les aspirants devaient avoir fait quatre ans d’études à Paris ou à Reims; ils prenaient le titre de docteurs, et pouvaient professer et exercer la médecine dans la ville ; 2° in minori ordinario : les candidats devaient avoir fait trois ans d’études et ne pouvaient exercer à Reims ni dans les villes de Collège
ou de Faculté sans s’y faire agréger ; 3° sous le titre d ’extranei, on recevait les étrangers qui n’avaient point avec lui le droit d’exercer en France. Caqué, associé de l’Académie de chirurgie, et Museux exerçaient la chirurgie avec sept maîtres.
Flandre, Artois, Normandie , Bretagne. — La Faculté de Douai faisait partie de l’Université fondée en cette ville par Philippe IL Ses professeurs étaient à la nomination du Roi, et ses docteurs et licenciés ne pouvaient, en vertu de l’édit de 1707, exercer la médecine que dans les provinces de Flandre, d’Artois, de Hainaut et Cambrésis. Lille n’avait qu’un Collège, qui réunissait les médecins de la ville et ceux des villes voisines. Fondé par la municipalité en 1681, il était composé de deux échevins commissaires, du doyen des médecins, de quatre assesseurs, d’un greffier. On y faisait des cours de botanique, d’anatomie, d’accouchements. Personne ne pouvait exercer la médecine sans être agrégé au Collège, et pour l’être il fallait avoir le titre de licencié ou de docteur de Douai, de Montpellier ou de Paris. Les noms de Boucher et de Lestiboudois se sont perpétués jusqu’à l’époque contemporaine dans le corps médical lillois. A Valenciennes exerçait Dufresnoy, auquel arriva une aventure tragi-comique qui faillit lui coûter la vie. Ce fut lui que l’ignorance des jacobins fit mettre en arrestation à l’occasion du mot rhus, inséré dans une lettre, et interprété comme s’appliquant aux ennemis de la république. A Cambrai, un docteur de la Faculté de Paris, Ferret, chanoine et médecin de la métropole, vivait d’une prébende affectée à un docteur ou à un licencié en médecine. Plusieurs cathédrales possédaient de pareilles fondations, mais le droit à ces prébendes était partout tombé en désuétude, peu de médecins étant à cette époque dans les ordres. C’était un dernier vestige des insti-
tutions du moyen âge, encore exceptionnellement debout dans cette localité. Les deux chirurgiens Trécourt pratiquaient à Rocroi et à Cambrai.
Les médecins d’Arras, nonobstant l’édit de 1707, gardèrent la prétention à une autonomie en vertu de laquelle le Collège de médecine et le Corps municipal conféraient, dans cette ville, le droit d’exercice. Une Ecole de chirurgie y comptait deux professeurs, dont l’un était Lescardé, qui a encore aujourd’hui un descendant parmi les médecins d’Arras.
Caen avait une Faculté appartenant à l’Université dont l’évêque de Bayeux était chancelier. Quatre docteurs régents la composaient, avec quelques membres honoraires sans fonctions. Parmi les noms des dix-neufs chirurgiens qui exerçaient en cette ville en 1776, il en est deux portés par nos confrères Hébert et Auvray.
Neuf médecins formaient le Collège de médecine de Rouen; Lepecq de la Clôture et Fleury étaient du nombre. Le Collège de chirurgie avait une autre importance avec ses vingt-huit chirurgiens, son doyen, ses prévôts, son professeur royal David, son démonstrateur Beaumont. A Nantes, la Faculté de médecine donnait à son tour un recteur à l’Université dont elle faisait partie, et nommait elle “même tous les ans ses six professeurs. Citons Bonamy, botaniste distingué, Reliquet, professeur d’anatomie, et un professeur pour les maladies du bas ventre. A Rennes se trouvaient un Collège de médecine et un Collège de chirurgie où était déjà inscrit le nom des Toulmouche.
Anjou , Berry , Poitou , Limousin , Gascogne, Languedoc . — - Angers possédait une Faculté renommée composée de treize docteurs et quinze maîtres en chirurgie, parmi lesquels
Lachèse, Mirault. A Poitiers, au contraire, la Faculté ne donnait plus de leçons, ne conférait plus de grades, et n’avait plus que des agrégés, qui prenaient le titre de docteurs régents. Celle de Bourges n’avait pas plus d’importance. A Limoges, la médecine et la chirurgie avaient chacune dix représentants, et les deux familles Duverger et Perret ont continué jusqu’aujourd’hui la tradition professionnelle. Une Faculté à deux professeurs faisait partie de l’Université de Bordeaux. Le Collège de médecine en était non seulement indépendant, mais avait seul le droit de conférer aux professeurs eux-mêmes le droit d’exercer dans la ville. Le nombre de ses membres était indéterminé (il était de seize en 1776), et ils étaient admis avec le grade de docteur d’une Faculté quelconque. L’Ecole de Saint-Cosme comptait cinq démonstrateurs, à la nomination de la Communauté des maîtres en chirurgie. Ceux-ci formaient une Société académique organisée sur le modèle de l’Académie de chirurgie; son président était le lieutenant du premier chirurgien du Roi ; elle comprenait cinquante maîtres, parmi lesquels Louis Yitrac, Pierre-Antoine Dubreul, Jean Dupuy. A côté d’eux, exerçaient huit chirurgiens privilégiés et trois chirurgiens de la cour et de la marine.
Dans le Roussillon, les chirurgiens étaient restés indépendants de la juridiction du premier chirurgien du Roi. Un fonctionnaire nommé protomedic (office d’origine espagnole), choisi parmi les professeurs en médecine de l’Université, exerçait son autorité sur les deux branches de la médecine, conférait la maîtrise en chirurgie, surveillait les pharmaciens. Bonafos, Carrère premier traducteur de Pringle, Anglada, Companyo, Fuster ont laissé des travaux utiles ou des descendants dans notre profession.
Le Languedoc avait ses deux grandes Universités de Toulouse et de Montpellier. La première, une des plus anciennes de France, conférait à ses professeurs le titre de chevalier, et était pourvue de cinq chaires constituées comme dans les autres Facultés à cadre complet : 1° physiologie et hygiène; 2° chimie et pharmacie; 3° anatomie et chirurgie; 4° pathologie et thérapeutique; 5° médecine pratique. Le nom de Maynard, titulaire de la troisième chaire, a encore un représentant dans la médecine toulousaine. L’Ecole de chirurgie, créée par Louis XV, était pourvue de neuf professeurs, dont trois adjoints. La Communauté des maîtres avait des statuts particuliers et le même ressort que le diocèse.
A Béziers, fait certainement unique à signaler, vivait un maître en chirurgie nommé Bailheron, descendant d’une famille qui, depuis 1444, exerçait la chirurgie de père en fds sans interruption.
L’Ecole de médecine de Montpellier portait seule le titre d’Université de médecine, et donnait avec l’Ecole de chirurgie un enseignement complet, distribué par huit professeurs dans la première et dix dans la seconde. Lês professeurs de médecine étaient F. de Lamure, doyen; J. F. Imbert, T. J. Barthez, C. Le Roy, J. Gaspard René, Gouan, Broussonet, Haguenot; deux démonstrateurs d’anatomie, Thomas Goulard et J. B. Laborie, un démonstrateur de chimie complétaient l’enseignement. La bonne harmonie était loin de régner dans la Faculté : Barthez y faisait souffrir ses collègues et souffrait lui-même des difficultés de son caractère. A côté des professeurs, trente-quatre docteurs résidaient en la ville. On comptait parmi eux Chaptal, l’oncle et l’initiateur du grand chimiste dans l’étude de la médecine, H. François René, F. Vigaroux, L. Estève, Brun, Sabatier, Sarrus, Brugnières,
Rigaud et Fouquet, l’un des médecins distingués du siècle, qui, après des échecs successifs dans les concours, allait devenir professeur à soixante-deux ans. L’Ecole de chirurgie avait pour professeurs : Benoît Méjean, lieutenant du chirurgien du roi, J. Serres, Bourguenod, Sarrau, Barthélemy Vigaroux, Serda, Poutingon et deux titulaires, bien qu’absents, Espinas et J. Galabert. Parmi les maîtres se trouvaient Lamorier, J, Alquié, Rey, Boissières.
La célébrité de la grande Ecole entravait dans son voisinage le développement des institutions rivales. A Marseille, on ne trouvait qu’un Collège de médecins, dont seize résidaient dans cette ville. Leur doyen était Montagnier, et parmi eux Jourdan, J. F. Roux, d’Audibert, qui chanta en vers la conquête de Port-Mahon et Louis XV sauvé! On comptait cinquante chirurgiens inscrits au tableau des maîtres, sans compter ceux des forts, des galères, de l’amirauté. La ville salariait quatre médecins et quatre chirurgiens, restant tous un an seulement en charge. Joseph Roux était le doyen de la Communauté des chirurgiens, L. H. Roux un de ses prévôts; l’hôpital de la Goirand, J. F. Fabre, Girard, chirurgien de Aillaud, André Miséricorde, Riouffe (le père du conventionnel?) en faisaient partie avec eux.
Aix possédait dans son Université une Faculté de médecine à quatre professeurs; l’un était Goirand, dont le nom s’est glorieusement perpétué dans la même profession, dans la même ville. A côté d’eux pratiquaient cinq docteurs, trois médecins non agrégés ; dix-huit maîtres, dont quatre professeurs et démonstrateurs royaux, faisaient partie du Collège de chirurgie. A Arles exerçaient le père et le frère du médecin renommé des maladies nerveuses, de Pomme. Aux douze médecins résidant dans cette ville, il faut ajouter vingt-deux
chirurgiens, dont Auphant, Compan, Laurens, Leautaud, Mourret.
Un unique professeur composait la Faculté de Valence, il s’appelait Daumont et collaborait à Y Encyclopédie. Cinq agrégés participaient avec lui « aux émoluments et aux honneurs de l’Ecole ». La Communauté des chirurgiens comptait cinq maîtres. Grenoble, qui avait été dépossédée de la Faculté au profit de Valence, comptait sept médecins et onze chirurgiens en exercice. Briançon était la résidence de la famille médicale des Ferrus, les ascendants de l’éminent aliéniste.
Les médecins reçus dans les deux Facultés du Comtat Venaissin, à Avignon et à Orange, quelle que fût leur nationalité, avaient, contrairement aux édits et règlements, le droit d’exercer la médecine dans tout le royaume, et les chirurgiens du Comtat ne dépendaient point du premier chirurgien du Roi. On sait que le droit d’exercice était refusé aux gradués des Universités étrangères et aux étrangers gradués en France. Dans la petite cité d’Orange, trois professeurs et un démonstrateur composaient une Faculté derrière laquelle marchaient cinq chirurgiens libres.
A Avignon existait un personnel médical et chirurgical plus complet. La Faculté comprenait onze médecins agrégés, dont deux professeurs, et trois médecins libres. Le doyen des chirurgiens était Pamard, dont le fils était chirurgien en survivance de l’hôpital général ; Bonhomme, leur confrère, a trouvé une place dans les biographies. En somme, dix-huit maîtres, quatre chirurgiens privilégiés, un renoueur pensionné de la ville constituaient avec les docteurs un personnel respectable dans l’ancienne résidence des papes.
Lyonnais , Bourgogne , Franche-Comté. — Le Collège de
médecine de Lyon était le plus ancien du royaume, et les agrégés qui le composaient, prenant le titre de professeurs, y enseignaient effectivement l’anatomie, la chirurgie, la chimie, la pharmacie. Pour obtenir l’agrégation au Collège, il fallait posséder le diplôme de docteur d’une université, avoir exercé quatre ans la médecine dans une ville, et subir deux examens publics, l’un sur la théorie, l’autre sur la pratique de la médecine. Si le candidat n’était point docteur de Paris ou de Montpellier, il était interrogé par les membres du Collège qui le recevaient, ou le renvoyaient, à la pluralité des suffrages. Le doyen était Pestalozzi père ; les démonstrateurs d’anatomie et de chirurgie, Guérin et Galabert. Sur vingt-sept membres inscrits, vingt-quatre habitaient Lyon, dont les deux Garnier, Gilibert, Petetin, Willermoz, etc. La chirurgie lyonnaise possédait une forte organisation et un renom mérité il y a un siècle déjà. Son doyen était Pouteau; ses prévôts, L. A. Dumas et Claude Aubernon. Claude Champeaux était chirurgien du * roi pour les rapports, et l’on voyait figurer au rang des maîtres, Charmetton, les oculistes Janin et J. J. Guérin, Pressavin, Sauzet, Pointe, Thenance, Viricel, Antoine Garnier, les deux Flurant, Changrin, lieutenant du chirurgien du roi. Aux quatre-vingt-dix maîtres on pourrait ajouter les noms de quinze veuves jouissant des privilèges de leur situation, au point de vue de l’exercice de la chirurgie, puis ceux des dentistes et des chirurgiens herniaires constituant la dernière classe de praticiens.
La capitale de la Bourgogne était dotée d’une Académie que la présence de Buffon entourait d’un véritable lustre. Le Collège de médecine, à Dijon, avait par ce voisinage et par le mérite de ses membres acquis une importance exceptionnelle. Le plus éminent d’entre eux, Maret, médecin et savant
distingué, auteur de nombreux travaux, fut le père de celui qui, sous le premier empire, reçut le nom de duc de Bassano. A côté de lui exerçaient Durande, naturaliste et médecin, dont le nom a gardé, grâce au remède qu’il employait contre les calculs biliaires, une notoriété qui s’est prolongée jusqu’à nous, Fournier, médecin des Etats delà province, Barberet. La famille du professeur Chaussier, lequel habitait encore Dijon à ce moment, comptait avec lui trois médecins : Denis Chaussier, doyen du Collège, Chaussier, curé de Francheville, et François Chaussier, maître en chirurgie. La Corporation des chirurgiens avait, par dignité professionnelle, renoncé à la barberie longtemps avant qu’un édit royal y obligeât les chirurgiens aspirant au titre de notable. Ils avaient formé entre eux une sorte d’Académie qui révèle l'existence, dans cette communauté, d’un esprit vraiment scientifique. Les nombreuses épreuves auxquelles étaient soumis les récipiendaires indiquent aussi la haute valeur attachée dans cette ville au titre de maître. Enaux, Leroux, J. P. Maret étaient à la tête des dix chirurgiens de la cité.
La Faculté de Besançon, installée par Louis XIV au moment de la conquête, avait des privilèges judiciaires exceptionnels et étendus. Elle jugeait souverainement et en dernier ressort des actions civiles personnelles intentées contre ses suppôts, ainsi que des actions criminelles qui n’emportaient point de peine afflictive et infamante. Athalin, son doyen, groupait autour de lui trois professeurs, vingt docteurs et trois licenciés. L’Ecole de chirurgie, à six professeurs et deux prévôts, réunie à un Collège, formait un total de vingt maîtres. Lombard, praticien distingué, auteur d’estimables travaux, dirigeait le service de l’hôpital général et de l’hôpital militaire à Dole. A Montbéliard vivait Duvernoy, père du natura-
liste, dont le nom est encore représenté dans le corps médical du pays.
Lorraine , Alsace . — Le roi Stanislas avait transféré à Nancy et associé au Collège de cette ville la Faculté de médecine qui faisait partie de l’Université de Pont-à-Mousson. Les deux Compagnies se correspondaient, s’invitaient réciproquement à leurs actes. Le Collège royal de médecine jouissait d’une renommée exceptionnelle qu’il s’était peut-être acquise par le mérite de ses membres, mais à laquelle n’avait point été tout à fait inutile l’inscription sur ses registres d’associés d’honneur choisis parmi les grands seigneurs et les hauts fonctionnaires. Tels étaient les comtes de Gustine et de Tressan, le marquis de la Galaizière, intendant de Lorraine, etc. Voici quels étaient son personnel et son organisation. Son président était Deviilers ; sur la liste des agrégés honoraires le Collège avait, conformément aux usages académiques, inscrit plusieurs notabilités médicales de Paris et de la province. Les agrégés ordinaires et les associés correspondants complétaient la série des dignitaires. Le doyen de la Faculté était Tournay, les professeurs, Jadelot et Guillemin. Les médecins inscrits étaient au nombre de neuf seulement, et les chirurgiens n’étaient point non plus aussi nombreux qu’ailleurs. Le Collège royal de chirurgie avait pour prévôt perpétuel et honoraire Dominique La Flize, lieutenant du chirurgien du roi, titulaire d’une des cinq chaires attachées au Collège. Bruant, Garosse, Lafitte, J. B. Lamoureux partageaient avec lui l’enseignement chirurgical. Paulet (J. N.) était chirurgienmajor de l’hôpital militaire. Le Collège avait aussi ses correspondants, parmi lesquels se trouvaient deux associés régnicoles de l’Académie de chirurgie : Didelot, chirurgien réputé de l’hôpital de Bruyères, et Nicolas Saucerotte. Celui-ci, alors
chirurgien-major de la Gendarmerie de France à Lunéville, devait plus tard suivre les armées de la République, entrer au Conseil de santé lors de sa formation, et revenir terminer sa laborieuse carrière dans sa ville natale, après avoir vu son nom inscrit parmi les premiers correspondants de l’Institut. Citons encore en Lorraine, parmi les médecins de ce temps dont les familles ont suivi les traditions, Clouet et Lépine (de Verdun), Garnier (de Neufchâteau). Il n’existait pas de Collège à Metz, où l’on ne comptait que cinq médecins, dont Read, chargé de l’hôpital militaire, et une Communauté de chirurgiens composée de vingt-quatre membres, avec Henry de Jarny pour doyen. Le nom de Maréchal rappelle, dans son personnel le médecinhonorable et dévoué, qui fut, il y a douze ans, le dernier maire français de cette ville si française.
De Metz la pensée se porte sans peine à Strasbourg et à l’Alsace, dont il nous reste à parler pour achever ce tour de France.
L’Université de Strasbourg comprenait, dans ses quatre Facultés, celle de médecine, dans laquelle l’enseignement était donné par trois professeurs ordinaires. L’un des plus éminents d’entre eux était Jacques Reinbold Spielmann, qui nous présente une de ces carrières à directions multiples, comme cela se voyait souvent aux siècles passés. Reçu docteur et maître en pharmacie après de longs voyages, il avait d’abord professé la poésie à l’Université, puis échangé cet enseignement pour celui de la chimie ! Auteur d’une pharmacopée longtemps classique, fondateur du Jardin botanique qu’ont fréquenté tous les élèves vivants aujourd’hui de l’ancienne Faculté alsacienne, Spielmann avait une situation considérable à Strasbourg, où dès le quatorzième siècle sa famille comptait parmi les familles patriciennes. J. Pfeffmger
professait la médecine pratique, et Jean-Frédéric Lobstein l’anatomie et la chirurgie. Ce dernier avait pour prosecteur le second des Meckel (P. Théodore), fils de Jean-Frédéric et père du grand anatomiste contemporain, Meckel le jeune. Jean- Frédéric Ehrmann et Jean Hermann faisaient des cours à litre de professeurs extraordinaires. On retrouve à chaque ligne de la liste des médecins de Strasbourg, en 1776, le nom honoré de médecins contemporains. Ainsi figurent Jean-Chrétien Ehrmann, doyen perpétuel du Collège des médecins; Jean-Georges Lauth; J. G. Stœhlin; J. Kratz; J. Diebold; J. M. Rœderer, accoucheur de la ville; Bœhm, premier médecin de l’hôpital civil; F. A. Guérin, premier médecin de l’hôpital militaire; G. Kayser, etc. En résumé, quarantequatre médecins faisaient partie de la Faculté et du Collège (douze sont portés absents à l’Annuaire pour l’an 1776).
Le Collège des chirurgiens était du petit nombre de ceux qui n’étaient point soumis à la juridiction du premier chirurgien du roi. La Communauté était constituée par un nombre limité de maîtres, dont chacun devait être pourvu d’un privilège avant d’arriver à la maîtrise. Elle comprenait deux catégories : les chirurgiens jurés, au nombre de dix, dont J. Jacques et Jean Riedlin, François-Laurent Marchai, chirurgien-major de l’hôpital civil, Gôtz, chirurgien des prisons, etc., et les non jurés (seize) Mathieu Engel, J. Kobelt, J. Daniel Lobstein, J. D. Kolb, etc.
La Pharmacie strasbourgeoise nous offre aussi deux noms qui sont honorablement représentés aujourd’hui à la Faculté de Nancy : Louis-Henri Hecht et Chrétien-Godefroy Nestler.
Nous allons maintenant parcourir l’Europe pour terminer notre tâche.
a l’étranger
Angleterre. — La médecine anglaise occupait un rang élevé, le premier peut-être, en Europe au moment où commençait le dernier quart du dix-huitième siècle. La Grande-Bretagne possédait des écoles dont la célébrité égalait déjà celle des plus renommées du continent. La plus illustre de toutes était la Faculté de médecine de l’Université d’Edimbourg, qui avait pris un grand essor depuis la moitié du siècle. La supériorité et le succès de cette école résidaient à la fois dans le mérite de ses professeurs, dans le caractère nouveau et clinique de leurs leçons, dans les relations nombreuses qu’elle entretenait sur tous les points du globe avec les possessions anglaises. Ces correspondances donnaient au recueil où elles étaient consignées (les Essais de la Société de médecine) une notoriété d’autant plus grande que les autres corps savants étaient eux-mêmes privés de telles relations, à cette époque de communications rares ou difficiles. La durée des études pour l’obtention du titre de docteur était de trois ans, à moins d’avoir étudié ailleurs préalablement. Les étudiants avaient formé à Edimbourg une Société médicale qui avait ses conférences, sa bibliothèque, son diplôme, et comptaient cette annéef dans leurs rangs J. Currie et Benjamin Bell, qui commençaient à l’infirmerie royale leur carrière chirurgicale. Les professeurs de la Faculté étaient Culien, qui enseignait la médecine pratique ; Munro-Drummond, la théorie de la médecine; Alexandre Munro dit le jeune, l’anatomie; Young, les accouchements; Hope, la botanique. Brown, qui
SAUCEROTTE. 4
n’avait pas encore, par ses violences, trouble la paix de l’École, était élu, pour l’année 1776, président de la Société de médecine. Buchan, l’auteur d’un livre longtemps célèbre, la Médecine domestique. Black, Rutherford faisaient partie du Collège royal de médecine, qui comptait quarante-cinq membres résidents ou non, choisis pour ces derniers dans les célébrités médicales de l’Angleterre. L’honorariat avait été donné à l’étranger aux médecins habiles, et aux plus grands seigneurs du royaume, tels que le comte de Bute, le duc de
Buccleugh, etc. .
A Londres vivait une pléiade de savants et de praticiens
illustres dont les travaux sont restés des monuments durables élevés à la science. La Faculté de médecine était un corps considérable par la dignité de ses membres, et l’honneur d’en faire partie était recherché par plus d’un lord. Le College des médecins était partagé en deux classes : les socn et les permissi. Les premiers devaient être gradués des Universités d’Oxford, de Cambridge, de Dublin, ou pouvaient exceptionnellement être nommés par la prérogative royale. Les permis si ou licenciés, après avoir pris des grades dans d’autres universités, se présentaient au Collège pour obtenir la permission d’exercer dans la capitale, et subissaient pour la forme un examen d’admission. Les docteurs des Universités d’Oxford, Cambridge, Dublin n’obtenaient ce titre qu apres quatorze ans de présence. En 1776, le président du College de médecine de Londres était Thomas Laurence; au nombre des socii, Wilmot, médecin du roi, Nichols, Clarke, Dona Monro, Barry, Brocklesby, Heberden, et l’illustre Pring e, premier médecin de la reine ; au nombre des pemissi, Fothergill, qui occupa longtemps le premier rang a Lon res, Griffith, Morgan, Saunders, W. Cooper, 1 oncle et e gui e
de son neveu Astley, Fordice, James, Fauteur du premier grand Dictionnaire de médecine, traduit en français par Diderot ; John Hunter, nommé cette année même chirurgien du roi; Guillaume Hunter et son ami et collaborateur Cruikshank; Denneman, le célèbre accoucheur; P. Polt, chirurgien de l’hôpital Saint-Barthélemy. L’Autrichien Swediaur, en résidence temporaire à Londres, y rédigeait le Foreign medical Review. Jenner exerçait la médecine à Berkeley; Percival, à Manchester; Lind, à Haslar, près de Portsmouth ; Anderson, à Leith. Erasme Darwin, médecin, naturaliste poète, habitait Lichtfield, et s’était acquis par son poème sur la botanique une grande renommée littéraire.
L’Université d’Oxford était dotée de quatre places de médecins voyageurs qui pendant dix ans, s’ils le voulaient, gardaient leurs lucratives fonctions et rapportaient dans leur pays natal le fruit de leurs travaux. Les professeurs de Cambridge étaient nommés à vie et dotés de traitements considérables.
L’Université de Dublin observait les mêmes statuts que celles d’Oxford et de Cambridge, et ses gradués étaient admis ad eumdem dans ces deux villes. La religion orthodoxe anglicane était toutefois une condition d’admission exigée des étudiants à Dublin. Les professeurs royaux étaient Cleghorn, N. Barry, Thornton; ses membres honoraires Wood, Patrice Dun, fondateur de trois chaires, Fletcher, Rutty, Macbride, accoucheur renommé, élève de Smellie, Clément, membre du Parlement pour la ville de Dublin.
Suisse , Italie , Hollande , Allemagne. — Après ceux de la France et de l’Angleterre, les médecins suisses occupaient un rang élevé au point de vue scientifique et professionnel.
LA PROFESSSION MÉDICALE
Le grand Haller, près de sa fin (qui arriva en 1777), administrait comme Amman la république de Berne, et publiait son dernier ouvrage, Y Histoire des plantes vénéneuses de la Suisse. Tissot attirait à Lausanne de nombreux malades. Odier, Jurine et le chirurgien Guyot jouissaient à Genève et au dehors d’une légitime renommée.
En Italie, Paletta débutait dans la carrière à Padoue, Mascagni à Sienne, Campana à Florence. Scarpa, l’élève et l’ami de Morgagni, était déjà pourvu d’une chaire à Modène. Cotugno et Caldani professaient l’anatomie à Naples. Moscati était à la tête du service chirurgical du grand hôpital de Milan, et Brambilla avait dans son pays une réputation surfaite que ne justifiait pas sa valeur scientifique et que n’a pas confirmée la postérité.
Un Collège de médecine hiérarchiquement organisé, mais qui, sur une liste de quarante-deux noms, n’en présente point un seul dont la notoriété ait survécu, un corps de chirurgiens au sujet duquel on peut faire la même remarque formaient le personnel médical de Bruxelles.
Dans la commerçante Amsterdam, Grashuis et Schligting occupaient le premier rang. Gaubius, recteur de l’Université, continuait àLeyde à la place de Boërhave auquel il avait succédé, renseignement qui lui avait donné une célébrité européenne; à côté de lui, Sandifort occupait la chaire d’anatomie illustrée par Albinus. Camper retiré du professorat après avoir quitté successivement Amsterdam et Groningue, vivait à Klein-Laukum, petite ville de la Frise, où il se reposait de ses longs voyages et des fonctions publiques qu’il avait longtemps remplies avec application.
Le Danemark avait placé à la tête du service chirurgical de sa flotte Callisen qui résidait à Copenhague.
Linné, l’honneur de la Suède, suppléé à ce moment dans sa chaire, achevait à Upsal, dans la décadence physique et intellectuelle, les derniers jours de sa glorieuse carrière ; Bergmann enseignait la chimie à côté de lui. Les deux praticiens les plus réputés à Stockholm étaient le chirurgien Acrell et Dalberg, médecin de Gustave III.
Parcourons maintenant l’Allemagne et nous trouverons dans ses Universités ou dans ses Capitales ceux par lesquels nous devons clore l’énumération des célébrités médicales de cette période.
A Berlin, bien que la science vécût surtout d’importation, on trouve quelques noms recommandables en dehors de la colonie étrangère que le grand Frédéric couvrait de sa protection ; ceux de Theden, chirurgien en chef des armées, de Bilgner, médecin de la reine, connu surtout par sa polémique avec Faure au sujet des amputations; ceux de Henckel, chirurgien expérimenté et de Walter, successeur de I. F. Meckel dans sa chaire. Dans les Universités il faut aussi retenir quelques noms : ceux d’Akerman et Struve à Kiel, de Bœjimer à Halle, des accoucheurs Plattner et Stein à Leipzig et à Gassel, du chirurgien Richter qui avait, à Gœttingue, pour élève celui qui devint célèbre sous le nom de Sœmmering. J. P. Franck qui conforma sa vie aux habitudes nomades des savants allemands et poursuivit sa carrière en changeant sept ou huit fois de résidence en était alors à sa seconde étape et avait quitté Rastadt pour habiter Bruchsal comme médecin de la ville.
Mais c’est à l’Autriche que la science médicale avait en pays allemand ses plus illustres représentants. Deux célébrités de premier ordre se disputaient à Vienne la prééminence : .c’étaient Storck, premier médecin de l’empereur, et Dehaën,
premier professeur de médecine pratique à l’Université. A côté d’eux s’élevait Stoll qui suppléait le second et allait bientôt prendre sa place. Et celui que la postérité a fait passer avant eux, qui a laissé à la science un monument durable, Avenbrugger vivait dans une obscurité d’où n’avait pu le faire sortir sa remarquable découverte !
Nous voici arrivés au terme de notre excursion dans le monde médical du siècle dernier. Quelque rapide qu’ait été cette revue rétrospective, il semble cependant qu’on peut en dégager deux faits importants.
En France, elle marque les dernières heures de vieilles institutions qui, en aliénant certains de leurs droits, donnaient en échange aux médecins une protection efficace, une dignité indiscutée. L’abolition des Corporations sous leurs diverses formes rend à chacun sa liberté entière, mais la lui rend à ses risques et périls et, lui enlevant la considération qu’il tenait de son titre, ne lui laisse plus que celle qui s’attache à l’homme, dans la mesure où il la mérite. Sans re gretter un passé dont nul ne conteste les abus, nul non plus ne pourra soutenir qu’au point de vue de la situation sociale la profession médicale ait gagné au change. Les adversaires comme les défenseurs (s’il en existe) de l’ancien régime en matière d’institutions médicales seront d’accord là dessus.
En Europe, l’infériorité de certains pays sous le rapport médical ne durera plus longtemps, et l’équilibre scientifique doit, petit à petit, s’établir entre tous pour arriver définitivement là où il en est aujourd’hui. Si les nations qui avaient naguère la prééminence peuvent regretter de
l’avoir perdue, elles doivent s’en consoler au point de vue de l’humanité que la science a pour but, avant tout, de servir.
Index bibliographique. — Voy. Etat de médecine, chirurgie et pharmacie en Europe pour Vannée 1776. Paris, Firmin Didot. Présenté au roi. — Verdier. La jurisprudence particulière de la médecine et de la chirurgie en France , 1764. — Astruc. Histoire de la Faculté de médecine de Montpellier. — Mercier. Tableau de Paris , 1782. — Vicq-d’Azyr. Eloges. — Mémoires de la Société royale de médecine , etc.