PROMÉTHÉE, - LE CHOEUR DES OGÉANIDES
LE CHOEUR
(strophe)
C'était un sage le premier qui prononça cette sentence : l'Amour n'est heureux qu'entre égaux, et l'homme de la glèbe ne doit jamais s'unir aux nobles ou aux fastueux.
(antistrophe)
Moires, ô rectrices, ne me voyez jamais mettre le pied au lit de Zeus, pour dormir avec lui î Ne souhaitons pas l'amour des Olympiens ! Je frémis en voyant lo, dédaigneuse des hommes, en proie à ce supplice que lui impose Héra I
(^pode)
Un hymen entre égaux n'a rien qui alarme ;
mais il faut redouter le désir des Dieux.
Que leur fatal regard ne s^arrête jamais sur moi ;
nulle défense contre eux, et da)is la complaisance, nulle sécurité.
que devenir alors et comment déjouer les ruses de Zeus?
Ce Zeus si lier, si sûr de lui, descendra aux amours périlleuses. Il y perdra le sceptre et le pouvoir ■
et la malédiction que son père Kronos en tombant lui jeta aura tout son effet.
Aucun Dieu ne connaît le moyen de salut et moi je le possède,
seul, je saurais le mettre en œuvre.
Qu'il trône infatué, confiant en sa foudre bruyantë,
qu'il la brandisse, même fulgurante ;
vacarme sans effet, arme impuissante î
Zeus tombera, vous dis-je, ignominieusement et pour jamais.
Il se prépare de ses mains, à cette lieure,
un terrible ennemi, un miracle de force invincible.
Celui-là trouvera une flamme plus vive
et plus tonnante que le fluide;
on le verra briser le trident de Poséidon, fléau qui pèse sur le monde.
Alors dans le naufrage entier de sa puissance,
Zeus pourra comparer la servitude et le commandement,
les ayant connus tous les deux.
LE CHOEUR Tu prends tes vœux pour des fatalités.
C'est mon vœu, mais c'est aussi l'Ananké.
LE CHOEUR
^^eus connaitrait un maitre ?
PROMÉTHÉE 11 souffrira des maux qui passeront les miens !
LE CHOEUR
Et tu ne trembles pas de blasphémer ainsi !
PROMÉTHÉE Et pourquoi tremblerai-je ? Suis-je pas immortel ?
LE CHOEUR H peut aggraver ton supplice.
H le peut, en effet, je suis prêt à souffrir.
THÉÂTRE DE LA ROSE f CROIX
LE CHCEUR
Le sage révère Adrastéel
Révère, honore, adore le Puissant ; dis-lui qu'il régnera toujours.
Moi, je méprise Zeus, je le défie ;
qu'il se hâte en ses volontés, bientôt son règne va finir I
LA PKOMÉTHÉIDE