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ET LA PRESSE

Cher Monsieur,

Envoyez-moi Babylone^ je vous assure que si la pièce est, comme on dit, jouable, je serai enchanté de vous prouver ma sympathie littéraire.

Salutations sincères,

Jules Claretie.

2 Mars 1893.

Cher Monsieur, vous me mette^ dans une situation délicate ; vous me demande^ Vavis du Comité, et vous annonce^ en même temps la représentation prochaine de votre tragédie. Le Comité ne pourra prendre connaissance du rapport à lui présenté par nos lecteurs que dans la réunion de la commission d'examen qui aura lieu le mois prochain. Et, d'ici là, vos répétitions auront marché vite. C'est donc moi seul qui prendrai la responsabilité d'une opinion très franche. Encore un coup, le lettré n'est pas en cause; votre style se déroule avec la majesté d'un manteau de pourpre. J'ai pris à vos longues tirades aux cadences harmonieuses, un plaisir {[ue le public, en son

THÉÂTRE DE LA ROSE f CROIX

impatience, ne partagerait pas. J'entends le public ordinaire, le bon public qui, ce n'est pas moi qui le dis, mais Gœthe, un sûr juge, a toujours raison contre nous.

Garde^ Babylone pour les initiés, pour les raffinés, pour les curieux, ceux-là vous applaudiront. Les autres vous contesteraient.

Edmond About a écrit un joli volume: Le Théâtre impossible. Votre tragédie est... comment m' exprimer ... } du théâtre suprapossible ou supra-impossible? Tel est du moins mon avis, et que les siècles à venir me maudissent, comme vous m'en menace^.

Je ne vous maudis pas, moi, au contraire. Je vous lis avec un véritable plaisir, et j'irai de même vous applaudir che\ vous, et de tout cœur. Jules Claretie.

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