L'ANNONCE
Qui ne cornaît l’efficacité des annonces quotidiennes dans les journaux? La réclame commerciale a des effets patents, indiscutables et indiscutés,
Eb ! bien, cette publicité, ce facteur incomparable de suggestions, cette arme puissante dont se servent les distillateurs et les marchands, pour populariser l’usage de l'alcool, nous devons nous en servir pour proscrire à jamais de notre société cet usage pernicieux.
Les formes ordinaires de la publicité sont multiples et variées, Elles sont toujours efficaces pour atteindre un but déterminé. Ce qu'il faut surtout, dans la campagne que nous devons entreprendre, c'est une propagande active, intelligente et persévérante, Je fais le vœu qu’un comité central de publicité intensive s'organise au plus tôt et devienne permanent. Il faut une organisation sérieuse, pour glisser ces affiches, ces étiquettes, ces images, etc., en tout lieu, à toute occasion, sous l’œil des gens de tout âge, de tout sexe, et de toute condition, de façon à ce qu’un citoyen ne puisse sortir dans la rue, monter dans un tramway, aller sur les places publiques, à la campage, ouvrir un journal, sans que l’idée qu’on veut lui inculquer se présente à son esprit.
Ce qu’il faut, en un mot, c’est une publicité spéciale, ingénieuse, multiforme, obsédante : c’est la réclame, dont nos commergants de toute catégorie jouent avec une si prodigieuse maestria !
Vœux :—Considérant que l'alcoolisme multiplie les accidents de travail et en aggrave les conséquences ;
Considérant les ravages causés par l’alcoolisme inconscient, dû aux préjugés sur l'utilité de l’alcool ;
Considérant la réclame que les fabricants, distillateurs et débitants font aux boissons enivrantes et aux remèdes à base d’alcool ;
Le Congrès émet le vœu : — 1° Que le Comité Permanent du Congrès de Tempérance organise, pour la propagande antiulcoolique, une publicité intensive par le journal, les tracts, les brochures, l’affiche, l’annonce, les étiquettes gommées, les couvertures de cahiers scolaires, les images, les tableaux, les cartes postales, les chansons antialcooliques, etc. ;
2° Que toute la presse de cette province cesse de faire de la réclame et de publier des annonces de boissons alcooliques et de remèdes brevetés à base d'alcool.
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LE GROUPEMENT DES SOCIÉTES MUTUELLES ET AUTRES EN VUE DE LA LUTTE CONTRE L'INTEMPÉRANCE
En faisant mettre au programme des travaux du Congrès de tempérance de Québec, le « Groupement des Sociétés mutuelles catholiques, des Caisses Populaires et d'Epargnes, etc, en vue de la lutte contre l'alcoolisme,» nous avions la certitude d’un concours des plus efficaces de la part des groupes de mutualistes et d'économistes, En effet, le premier travail de groupement, commencé à Québec, a été hautement apprécié par nos sociétés de secours mutuels, nos fédérations ouvrières, par les directeurs de nos Caisses populaires, etc. Plus d’une centaine de sociétés ont adhéré au Congrès diocésain de tempérance.
Et comment nos mutualistes ne comprendraient-ils pas l’importance de In sobriété, au sein de ler association et dans le peuple, où ils doivent faire le recrutement des membres ? On sait que l’alcool est l'ennemi le plus terrible de la mutualité, en augmentant les maladies, en détournant de la prévoyance l'esprit de l'ouvrier, dont il fait un révolté et une brute.
Il est prouvé que l'alcoolisme est le pire ennemi de la prévoyance. Pas de mutualité où règne l'ulcoolisme, et rien n'est plus vrai. L’alcoolique, qu'on reçoit assez souvent par incurie dans une société mutuelle, est un exécrable mutualiste. Intoxiqué par les boissons enivrantes, il est souvent malade et obère lourdement les caisses de secours. Il n’a pas non plus l'enthousiasme, la flamme nécessaire à celui qui s'occupe d'œuvres sociales.
Aussi bien, dans les groupements antialcooliques, qui ont été fondés dans tous les pays, figurent des mutualistes et des économistes, et non des moindres, Ces hommes ont compris que, dans la lutte contre l’intempérance, il ne suffit pas de répandre autour de soi des idées, quelque justes et précieuses qu’elles soient ; ils se sont dit que les volontés isolées demeurent chancelantes et faibles de: ant les efforts multiples du groupe formidable des gens intéressés à la consommation de l’alcool.
A un tel péril économiqueil faut opposer une coalition de toutes les forces préservatrices qu'offrent la mutualité et l'épargne. Ces deux grands facteurs économiques seront d’un précieux secours pour lutter efficacement contre l’hydre redoutable,
L'ivrognerie est un péril national. Non seulement les habitudes d'ivresse rendent l'épargne impossible, mais elles amènent la dégénérescence physique et morale des infortunés qui s'y adonnent. Malheureusement, le peuple ignore encore cette vérité et il continue à s'empoisonner,
Si l'alcool est un danger pour l'épargne, il détruit aussi l’industrie, en déprimant la valeur, le rendement technique de l’ouvrier. Ce poison multiplie les accidents, et rend leurs conséquences beaucoup plus graves. Les mutualistes sont les premiers à souffrir des longues maladies et des morts subites qui en résultent.
L'alcool, quoi qu’on en dise, est fatal au commerce, Un peuple, même riche, s'il est en même temps buveur, ne dispose plus que de maigres ressources pour acheter, Notre commerce local souffre du trop grand nombre de buvettes, restaurants, hôtels, cafés, etc. L'alcool nous coûte des milliers de piastres actuellement. C'est dire que la suppression de l'alcoolisme ami ierait une ère de prospérité inoufïe,
Ilest reconnu que le meilleur moyen de lutter contre un ennemi, c'est de se trouver des amis intéressés à lui nuire, afin de le combattre dans une pensée commune. L'action éducatrice des masses par le groupement offre de précieux avantages. Et dans la
lutte que nous faisons aujourd'hui à l'alcoolisme, toutes les sociétés catholiques, religieuses, mutuelles, ouvrières, économiques, financières, ete, doivent s'unir dans un but commun, qui est celui de leur prospérité et de leur maintien.
Le Congrès émet le vœu :—1° Que Purtout où se trouveront des sociétés mutuelles ou d’assurance-vie, des fédérations ouvrières, des groupes de l'Association de la Jeunesse Catholique, des Ligues du Sacré-Cœur et des Sociétés de Tempérance, etc., les membres s'entendent, à l’occasion, pour engager les autorités à diminuer le nombre des débits de boissons :
2° Que ces sociétés se fassent une règle dè n’admettre que des membres tempérants ;
3° Que tous les membres de ces sociétés se liguent contre la coutume de la traite et donnent l'exemple de la plus stricte tempérance.