‹ La propagande politique /Jacques DriencourtChapitre 11 sur 45 · VI - LES NOUVELLES ET LES ATTEINTES À LA VÉRITÉ · texte numérisé non relu

VI - LES NOUVELLES ET LES ATTEINTES À LA VÉRITÉ

ë La langue eut l2 meilleure et la pire des cho nous enssigna Esope. sers

La meilleure, parce que, quant à ce qui nous oce elle parret de faire communier un peuple dans le méme élan le mener à l’action. La pire, car elle déforme la vérité conduit souvent à la destruction dans l’erreur.

La déformation de la vérité, largement utilisée par. la propagende, revét des forres trèe vériées. Mais ba forcest. son efficacité reposent toujours sur le fait de l’informatior

-de la nouvelle, indispensable à l’homme auprès duquel elle jouit d’ur important prestige. L’attribut de l’esprit hum est une curiosité naturelle et directe, un besoin à’évasi de prise de contact avec le monde extérieur. "Quoi de demande-t-on naturellement, entamant pr 1 cheque conger: ‘Nécessité indirecte aussi de l’information pour recueiili: certains avantsges tout spirituels. Besoin de savoir, qui mente avec le développerent des connaîñasances, en même te que la compréhension et l’intéret qu’on y porte. D’a1i1

. plus celles-ci sont vastes, plus la nécessité directe de.

velles décroit au profit du besoin indirect. \ :

Aussi verrons-nousque les Romaîns avaient déjà journaux qui disparurent avec leur empire. Leg Gaulois geaient les voyageurs à interrompre leur course pour raec Ce qu’iln savaient, quand les feux, les coureurs, les let missives ou les sonneries étaient insuffisants. Trouvère

troubsdours sont d’excellentes agences d’information,

que les foires et autres lieux de rencontre. De longe tem 11 n’est pas de lettre où ne se retrouve le marque de L’ac: lité, A présent journaux, radio, cinémas, sont des et des auxiliaires dont on ne peut se passer, et la

jouit d'u grand prestige social que partage celui qui.

‘ : de ÿ ë Sn bois

tent.

Chacun an1t que la discussion est close quand

trsdicteur peut jeter dans le Gébat tout le poids : d’une

mation. Car expression d’un évènement ratériel, traduett

ceptible par l’oeil ou l'oreille d’un fait effectiverent lou prétendu tel, alle n’est pas suaceptible de reisonnemer | &ile bénéficie par principe d’une confiance et d’une eréd quasi illimitées, qu'accroïssentsipossible son car:otère | ment objectif, une soif inextinguible de nouveauté, le pre que lui confère l’ampleñtr des moyens mis en oeuvre pour tenir, d’une technicité mystérieuse et d'un coût élevé.

Aussi le prestige, la puissance, le rôle dé L mation justifient aisément qu’on veuille goit l’usurper, : le combattre, :

On en monopolisera la réception et la disatributi créant des buresux de presse, des services de docuwmentat d'information, des agences nationales, ocotroyant des fond dés subventions, k

Ces moyens encore insuffisants, on agira négati Au détriment direct cette fois de La vérité intégrale,

Le procédé le plus ancien danse ce eens set La CE

2500 ans avant notre ère, l'Empereur chinois Chun crénit un Ministère de la Censure publique. - Pourtant, s4 elle ant ment utilisée, principalement dans des périodes critiques, ne l’est pas sans inconvénients : en l’absence de nouvellés, l’opinion cherche sa nouftiture là où elle la trouve, d’où À développement des fausses nowelles, informations grossier dénaturées, propagandes clandestines, avec leur cor tège « bresauts et d’affolements. Mieux vaut alors, la techn

derne rendant du reste la censure en pere inefficace, tréme facilité et la multiplicité de le diffusion de 1° tion, non pas dissimuler une nouvelle fâcheuse mais la

ter sous un jour favorable, lu commentant et l’expliqunt, liser Ll’opinion publique versa une interprétation choisie

la moine mauvaise, faire, en un mot, de "l’inforration

A : La présentation de L’information a en effet un portance considérable, Certains l’ont facilement dénontr. ont recherché les différents titres sous lesquels les

de toute obédience pouvaient offrir un même commun iqué ,

__ Ef$ de même que dès l’Antiquité ue fit senti: Soin dé supprimer ia nouvelle gènante, 11 est à ’us: retrañcher l’inforusteur qui là propage. L’ostra

sltz

Le

nien comme l’Inaquisition, l’exil ou le bannissement, n’ava avons-nous dit, pas d’autre but profond. S

Autre atteinte à la vérité que le divorce entre actes et les déclarations, fait coutumier des hommes politic Pas si grave cependant que la nouvelle volontairement fausse Voiontsirement, car le fait est bien connu du caractère inév blement mensonger de toute relation. La peychologie du t gnage démontre combien grandes sont lea différences de perce tion d’un individu à l’autre, auxquelles 11 faut ajouter e la double tendance naturelle du narrateur à se faire valoir à adapter la rénlité à ses sentiments personnels et à sa pro conception de la chose, tendance résultant de l’horreur natu relle de l’esprit humaîn pour l'inconnu. HR Usis le role des fausses nouvelles est grand dan propagande politique. Le fait pour une information d’étre ou fausse ne lui confère pas pour celh seulement un effet à priori favorable ou défavorable, et ce fait n’a en prinei aucune influence sur son spect extérieur. Aussi le fauss vellé pese sous toutes les formes : du "ballon d’ess destiné à sonder l’opinion, au "bobard" fabriqué de toutes p ces. Mois c’est essentiellement ke mensonge pur et simpl lation d’un fait qui ne s’est pas produit, on relation trop ronée par le filtre suocessif de ceux qui transmettent 13 nouvelle en l’interprétant pour lui laisser ses caractères essen tiels. Son succès est du au désir que-lées hommes entretienne b son égard, l'individu n’est réceptif que pour ce qui ést @ forme à ses croyances et berce nées illusions, refusant des vér tés pour mieux chérir celà qu’il sait faux mais qu’il siîime.

"L'homme d’ailleurs à un irrésistible pendhant

"laisser tromper, dit Nietzsche (I), et 1l est comme ens

“pèr le bonheur quand le rhapsode lui chante, comme s’1ls

"étaient vraie, des fables épiques ou quand le comédien “sente sur la scène un roi encore plus royal que la réalité “n’en montre". = RE

Le succès de is fausse nouvelle est accru par les jugée que nourrit la foule à 1’ £gard de la vérité, zttachant. une valeur de preuve ou d'authenticité à certins signes que d’autres s’emploient à utiliser pour leur propagande, lle fond exactitude et précision, oubliant que statistiques, phiques, photographies, reportages sonores même, sont autiy truquables et déformables que l'information en elle-même

“ Se A

Vraie ou fausse, la nouvelle est douée de Le m

Puissance virtuelle; l’individu naturellement confiant,

tant l’inattendu comme l’invraisemblable, ne saurait la guer à priori. ee |

(1) F. Nietzaohe - Vérité et mensonge, in Europe, CXLI. I:

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