V - La Psrole
Premier moyen d'expression de la pensée, c’est €] que nous retrouvons dans. la simple rumeur publique coms da le discours diffusé du Chef d’État, que la radio vs: porter quatre coins du globe. à
: ef e Re : Simple rumeur. publique, elle peut suffire comme point de départ d’une propagande clandestine. ou d’oprosi Personnifiée elle devient dialogue, conversation, qui modèl facilement son argumentation sur la personnalité de 1’advei re, mais se répand sous sa forme la plus courante qui es le de 1’éloquence, par le discours, l’allocution, l’interi le conférence ...
Le monde à toujours connu l’éloquence politiqu
| En Grèce, elle eat liée à la démocratie et au développement. La carrière de Péricliès est veut etre L ple le plus probant de 1 puissance politique de 1’ élo dans le monde antique. A 1’Agora, sur la Pnyx, la paroi souveraine et confère à i’orateur victorieux Le privilège conduire les foules. Car les affaîres de la vie du peuple athénien devaient etre portéen sur la place publique et iv
par les citoyens assemblés.
. La Grèce perdant son indépendance, de pratique olîtique qu’elle était, la rhétorique devient un exercice &ire 6t littéraire préparant surtout à la déclanation #0
nelle, Alors 1’éloquence politique semble vouloir diap
ais que vienne le pmrlementarigme anglais au la voilè reprenant son essor. Et la Révolution Français le début du règne des svocate; Danton, Robespierre, $ Just, Vergniaud, Mirabeau, autant d’orateurs illustres.
Eclipaée un moment avec celle des
È ES Fe ee me À sr pets Puissance reneft triomphante à partir de la llle Républ
PT
Et aujourd’hui, dans tous les Etats, sous tous les régimes, la parole est devenue un facteur indispensable de L fluence politique. Nous vivons sous le règne de La parole, plus que jamais Victor Hugo a raison, qui dit : F
"Le mot c’eat le Verve, et le Verbe c’est Dieu‘. , pe / : Done U med Den
Dans nos démocraties, le talent oratoire est devet l’un des critères principaux de l’homme politique et BERGSON peut écrire que ia démocratie pose en principe que l’on sait chose dès que l'on est capable d’en parler. Car l’on ne gag plus le foule par le contenu logique d’un diacvuurs, wais par esthétique purement extérieur et sa force sentimentale, L* teur toujours prét à parler, doué d’une imagination vive, spi rituel dans l’attaque et la défense, habile à la répartie, e devenu une force considérable de nos jours où ce ne sont pl les idées qui en imposent mais les €ormules ronflantes et son: res, le mot à effet. A
"Il y a des mots souverains, dit SAINTE-BEUVE (1) "mot fut plus puissant que tel monarque, plus formidable qu “armée. Il y à des mots usurpateurs; tel mot, se décorant d’1 "fausse acception, appelant pouvoir ce qui ent abus, ou libért “ce qui serait excès, disant la gloire pour la guerre, ou la “pour la pereécution, peut serer la PORN, égarer les e "“prits, soulever les peuples, ébranler les trones, rompre 1”é- ‘ #“quilibre des empires, troubler le monde, et retarder de cen "ans la marche de la civilisation ? Ii y à des mots qui son "vivants comme des hommes, redoutables comme des conquérants “absolus comme des despotes, impitoyables comme le bourreau "enfin, il y a des mots qui pullulent, qui, une fois prononcés, “sont aussitôt dans toutes les bouches". DRASS
à Ainsi, le auccès des hommes politiques se mesureà celui de leur accent oratoire, Ainsi la carrière de Bris fut une admirable réussite vocale, mais dès que son merveil instrument de séduction s’affaiblit, 11 connut la défaite.
e : C’est dans les dictatures que rien n’égale la parole du chef; la nature même du régime l’exige, qui veut une pol que de prestige, Malheur à celui dont la woix s’enroue, : lence donne lieu aux suppositions les plus désagréables intervalles réguliers, en des circonstances exceptionnelles dictateur doit s'adresser à ses fidèles, aux membres du Par à ceux qui l’ont porté au pouvoir, et par dessus ceux-là, s*: ‘dresser su monde, l’invectivant violemment, incapable qu’il devant un auditoïre ardent et passionné de conserver la "
Il lui faut créer une sorte de délire collectif, un enthousi. violent :l’injure y servira, qui s’adressera aux nations et : hommes d’État étrangers. Et les peuples de l'univers, comme
(1) cité par L. Be thl éem - La presse, p.39
1938 et en 1939, sont suspendus à l’écoute de ces ps diques desquelles doit sortir la paix ou de guerre,
Cette importance de ls parole est décuplée par la technique moderne. Etandant son champ d’audience au de-lù l’hémicycle elle parcourt le monde grôce à la radio tandis le disque. lui donne la perennité. Elle varie pourtant av tempérament des nations, Maximum chez les peuples méridioi rn à l'enthousiasme, sentimentaux et suggestibles don
e subjugue l’äme, elle eat faible pour les peuples noräi chez qui la parole n’est guère plus qu’un moyen d’express dont elle o€ {x1% qu convaincre l'esprit.
Quoi qu’il en soit, le rôle de la psrole eat de ler les idées communes ou de suaciter des pensées nouvell qu’elle porte à us degré de force et d'efficacité qu’elle teindraient pas dans la solitude, Elle crée une adhésion le à l’action proposée dans un but défini. Sa puiseance : de ce qu’elle réalise en nous notre propre pensée avant que nous ayons fait quelque effort, avant même que l’inte: “i nous en soit seulement venue, La Sue rl elle lui donné un sorte de soutien extérieur infiniment plus efficace que tous . les efforts de la réflexion; elle affermit notre opinion.
en manifestant notre commune participation à la même vérité
Aussi l’usage de la parole requiert-1l du propagän te, svant toute autre qualité, cette perception fine et imrédial te des sspirations de l’auditoire, de ses réticences, de 8e | ballesents, de ses oscillations devant l’idée proposée.
Essentiellement pragmatique et ayant sbandonné 1 règles rigides de la rhétorique antique, l’éloquence pol ne vise plus qu’à l’assimilation par le plus humble com“ plus intelligent de formules toutes faîten, qu’à l’ins d’une passion politique, :
: 81 elle peut de grandes choses, les abus qui en faits lui ont valu maintes condamnations, et d’aucuns dire avec VERLAINE :
“Prenda l’éloquence et tords lui son cou" (I) :
- Bais son vice est sans doute de faire partie pinion publique aux affaires diplomatiques ou pèlitique plus seulement par le vieux procédé des élections ou des p
Cites mais par des réactions directes et spontanées, diplon:
(1) Paul Verlaine, Art poétique.
nouvelle de la place publique qui donne l'initiative z
sions et à 1’ incompétence.
Souvenons-nous alors que, comme le r«ppelle P.
(3), "Il faut étre infiniment sot ou infiniment 4 gno: pour oser avoir un avis sur la plupart des problèmes que politique pose." e