LA PRESSE
Ce n’est pas parce que l’on comprend généralemen sous ce terme l’ensemble des grands quotidiens d’informati qu’il faudrait négliger la place que tiennent dans la p de les différentes formes de la "presse migeure" que certa partis et quelques États savent utiliser avec une science
Tels sont les papillons : cerréa de papier f apposablese partout, propageant un mot d’ordre, un slogan devise; le tract, feuille un peu plus grande, facile à : compoñée avec des caractères différenciés, souvent illus se glisennt facilement dans une boîte aux lettres ou tribuant à tout venant dans l'agitation des rues, Ses intrinsèques : style bref et incisif, emploi d’argume
| d’impératifa et d’interjeotions, de statistiques et d en font un comprimé de doctrine d’un effet bien plus qu’un gros infolio. Par ses avantages extrinsèques,
(1) Rai: Gunstalia. Le Livre et Le Mythe, pla
té surtout, on ne s’en ‘astie pas ; Enix, on souhaite Îtee papier qui traîne partout, que lion voit entre les mains de voisin, dont aucun titre n’éveille la méfiance ni ne 1s sumer le contenu, Sa diffusion énorme et facile, son eo que, font äu tract un auxiliaire précieux du propagandist grâce à lui atteindra des gens, indifférente ou save en qui sans lui resteraient hors de son action.
Le dépliant aussi, plus étoffé, composé avec soin
\ pour flatter le sens artistique du lecteur et lui offrir div
renseignements le ne souvent statistiques ou a
La brochure, Dodo: instruction aux mi1 1 tant:
site elle apporte la documentation et les mots d’orûre
céssairen, mais atteint également aussi le public.
L’aftiohe enfin, de nos jours reîne des murailles de toute surface verticale, objet d’un art et même d’une sciet
. ce très étudiéés. Par son format, son illustration, son | elle fixe immédiatement l'attention et l'imagination du pss | Par 98 multiplication, elle s’impose à lui et détermine une
réelle obsession poussant insconsciemment à l’adhésion. S: utilisée par la publicité commerciale, nous la voyons auta nos jours servir la propagande politique. ;
‘11 n’en est pas moins vrai que c’est le journal,
encore que la revue, ls grand quotidien moderne qu tient
rôle incomparablement Le plus important parmi toutes ces d'imprimés. Il ne faudrait pourtant pas, ai la place
par la presse est bien de premier plan, aller jusqu’à pr
comme certains le font avec un plaisir trop évident, qu'el
soit responsable de tous les malheurs du temps présent,
pour une double raison ; que L’individu se laisse infli par la presse, dont il sait l’action, c’est qu’il le
en outre, il est impossible de mesurer la portée de son: particulièrement diffuse et instable. Qui peut dire, par
dix mille journaux environ qui pets la part de cha
dans us ‘opiniont e
Traitant de ia prease, disons de . nous prétendons pas envisager e problème dans son ensemble, : gens qualifiés s’y sont employés, et ce n’est pas notre. Contentons-nous de quelques remarques générales sur L 0 pressé dans le caûre de la propagande.
Comme la parole étena de plus en — sa sp diva l'écrit recherche narmalement une diffusion éla
moyen de l’imprimé. Mais plus que dans les limites.
du livre ou de la revu, c’est dans le — sn en
J\rstion qu’il l'obtient ie mieux. o
‘#Le M ai qmne à l'homme du XXe s
“ait G. DUHAMEL (I), Il achève, au saut du lit, de lui de ter les paupières, Il le réveille et lui jette au visage ui
“poignée de faits et dlddes. C’est le déjeuner du matin, 1 “composé de manière à frapper l'imaginstion plutôt qu’à vrai finstruire, c’'est-h-dire conatruire, Il excité l'esprit, re “les évènements, expose des opinions. Ii s’aide, chaque jo davantage, d'artifices typographiques, IL f2it une place de fplus en plus grande aux image a qui ne réclament de l’espri ‘aucun effort. Il aherche d’abord à séduire son lecteur, IE flui donne assurément des pensées, des règles, un peu de miel ftétaire, de ia subetance phi losophique, mais d’abord, et "tout, 1i apporte une provende à ‘actualité toute chaude*,
Le grand publie n’a pas le tempe de se faire si dviction personnelle, Il faut lui en fournir, eÿ mère temps l’on fait croire au gourernement qu’il en a foncièrement Lui
La presse relie toutes les opinions dispersées peuvent exister, Elle crée la puissance du nombre, Et n ce qu’en imposant aux conversations la plupart de leurs # elle fabrique L’opinion, È
Individuelle et sociale, son influence eut ausa directe et indirecte, Directement, elle 5 "exerce par les ar cies de fond et les commentaires, mails ce n’ent peu prob®bl
12 son influence la plus importante, paroe Que la plus ouv Dans l'éditorial, signé ou non, le lecteur retrouve immédi “ent la couleur politique; il est fort peu de gens qui, l’a lu, le comprenne et le. retienne ; en somme 11 ne frappe gt que ceux qui ont déjà choisi, pour ou contre, et sur le justement 11 n°a guère d’aotion, Le grand quotidien n°” aujourd’hui le journal d'opinion, à part tripes journæ parti, 11 s’adrèsse à tous. |
Ausai l'influence 1: plus grande mr ds presse.
‘elle, de nos jours, indirecte, provenant du choix des n et des sources. Le public ne veut plus de l’opinion toute te d’un journaliste, Ts cherche à se la faire lui-même, des faits et des éléments qu’il er rtiaux. La me propagande est done celle qüi se déguise sous l'apparence information objective, Or celle-ci, outre son corsctère ment Lis est sujourd’hui à peu près. généralement ten: se. rs ne peut entretenir en effet des corre: dants he l'étranger, 11 achète ses renseignements ces de presse, véritables trusts de nouvelles snêre le
eux, Où, mieux, sous Ia
LL annees
docunentation fournie PT rendent par .
gouvernementaux de presse existant dans tous les pays, meme souvent auprès de chaque ministère, de même que pär les conf rences de presse. Les journalistes de po donc à peu prà la même matière de fond pour composer leurs feuilles, mais.
\rédacteurs ne sont plus à même de discerner luuteur des inf
imations dont ils usent, et encore moîns les influences qui d
|tent à leurs journaux leurs tendances politiques, Et les &
ticles mêmes provenant de la rédaction sont le résultat de délibérations d’un comité de rédaction derrière lequel se di simulent les vrais directeurs spirituels du journal : partis annonceurs, financiers politiciens, hommes au pouvoir, gouve nements étrangers....
S’11 y 2 donc tant de journaux c’est que chacun ci sit dans le lot commun des renseignemente officiels de quoi tistaire sa politi ue et ses intérets, et qu’il seit faire. ce tri, par la façon dont il le présentera, la pature de se lecteurs. ; ea
On a bien souvent fait remarquer que le journal
fait en grande partie l’opinion du lecteur, doit pourtant
bir dons une certaine mesure l’influerice de celui-ci, chere la confirmation de ses propres sentiments, l’approbation de qu’il approuve, is critique de ce qu’il critique. De sorte qu’il ne peut plus y avoir que deux partis : le Juste et 1° juste, celui des Bons et celui des Kéchants.
Et cependant ne connnit-on pas maints cas de "r nerent" à peu près complet de certains journaux, qui conse rent néanmoins leur ancienne clientèle ?
Mais le lecteur ressent aussi un besoin certa stimulation émotionnelle, D’où la transformation récente la présentation des journaux, empruntée à la presse américa avec ses manchettes et titres énormes, que presque seuls nissent encore de leurs colonnes quelques traditionnels et sages Times. ee
Cette puissance de la presse semble bien vraimen: sans limites, L'histoire nous la montre ge dégageant de @ tsines campagnes d’opinion restées célèbres : c’est elle qui déclenche en 1898 la guerre hispano-américaine; qui détermi l’entrée en guerre de l’Italie dans la première guerre mont Son impuissance est parfois aussi manifeste : l’échec de entreprises contre le Président Roosevelt en 1936 en est preuve récente. EE : pi
La Presse est devenue dans notre société un ind sable instrument de gouvernement, qu’elle seoit étatisée e nopolisée comme en Russie, contrôlée comme sous les régim ciste et hitlérien, plus ou moins ouvertement subvention comme dans presque tous les pays. 2 de
si danse List titre le oies est un:
fonctionnaire officiel chargé d'exprimer la seule pensée per se, la vraie Liberté de l2 presse n’existe nulle part. Le naliate n’est indépendant de personne, ni du gouvernement n du propriétsire de #2 feuille, ni des s, ni des lecteurs et qu la :
t'Tque /f?
C’est Macaulay qui disait que 84 la este pouvait s’incarner et disposer de gros capitaux, aussi$ôt sortirai des journaux et des livres à ls gloire de la peste, de sa m sion historique et bienfaisante, Et l’on se souvient du fam
fonds des reptiles de Bisrarck. <
Gar le souci de ls vérité passe loin es me celui du tirage. Un journal est aujourd’hui une eg£re ins énorme qui ne-survit que gräce au concours de EE an tégré dans la chaîne d’un trust capitaliste qui souvent fabri que à ia fois papier, encre, nouvelle, opinionat clientèle.
On comprend alors facilement que certain directeur d’un journal parisien sit pu prétendre que son fauteuil val trois trônes.
“Peut-étre un temps viendra-t-11l où les gouvernan ne seront plus que les employés des journaux - ironisait Luoi Romt% r (1) - et où lu politique d’un Etat traduira simplement l’équilibre des intérêts qui auront réusei à s’emparer de la presse, suprême puissance".
Pourtant , de tout ceci, la presse n’est te part: responsable et çc rest bien là la raison profonde des Limi sa puissance, D'ailleurs, son rôle peut aussi étre bienf! Elle peut empécher les hommes en place de commettre trop à ELle peut étre un facteur de progrès. La presse locale peut contrebalancer eau l'influence de la grande pren: Tout Réponds de l'usage qui en est fait. ”
C’est une constatation évidente que nous vivons règne de la presse. Les éditions des journaux rythment À des divisions du jour. On s’inquiète parfois de la concur: que de nouveaux procédés de diffusion de la pensée, cinéma et surtout radio, sont susceptibles de lui faire, Mais nous oro ons, malgré __ et conflits qu’il souleva, que le prob - ne se pose pas. Le journal restera toujours PE por: l’homme pour occuper certains de ses loisirs, pour pare v: machinalemen t une gazette durant ss déplacements ou ses
-On peut du reste avoir confiance en Lu techni L'on e des grands journaux. Ils gsuront bien trouver ls perfectionnement ou l'aménagement —. e perpétuation: de leur puissance. De
ee L, Ronier - Hxplieations ( de notre tenpe, visa.