LA F IX 1»KS TBMPS ")T
prophéties annoncent qu'avant la fin des temps le Saint-Siège sera forcé do quitter Home et de s'établir à Jérusalem pour fuir la persécution des ennemis de l'Église. Le crime de la capitale du monde catholique sera d'autant plus digne de châtiment qu'elle était plus favorisée de Dieu. Du reste, l'interprétation de l'Apocalypse, de Daniel et de Zacharie confirme cette interprétation. En effet, Daniel dit qu'au temps de l'antechrist dix rois régneront, comme au temps de la migration des peuples. De ces dix rois, l'antechrist en fera tomber trois, pour mettre leurs royaumes sous sa domination, tandis que les autres se courberont volontairement sous son autorité souveraine. Nous voyons ensuite que les armées de l'antechrist s'assembleront en un lieu nommé Armogedon, nom qui signifie « montagne de Mageddon, » et nous rappelle la ville de Mageddon, célèbre par la victoire des Israélites sous Barak et Dcbbora et par la défaite de Josias, qui fut tué par les Egyptiens.
St Jean nous donne lui-même la signification mystique de ce champ de bataille sur lequel doit périr une puissance hostile à l'Eglise, car l'exégèse nous prouve qu'il ne s'agit ici ni de la mort de l'antechrist, dont la chute n'aura lieu qu'à la septième plaie, ni de la défaite des fidèles, qui ne doivent pas être atteints par les châtiments contenus dans les sept coupes. St Jean nous représente la Rome païenne sous la ligure d'une femme
572 ATPARITIOX DU CHRIST
assise sur sept montagnes. En outre, on trouve une grande ressemblance phonétique entre Arma' gedon et Rhomehaggedola, — la grande Rome, — nom que l'ancien Orient donnait à la ville éternelle, et dont nous trouvons aussi dans l'Apocalypse des traces sous les noms de grande ville et de Babylone la Grande. Enfin, le nom de Armagedon écrit avec les lettres hébraïques : he, resch, mem, ghimel, daleth, vau, nun, peut, d'après la méthode juive de Gammatria, se mettre à la place de Rhome haggedola, écrit avec resch, he, vau, mem, jod, he, ghimel, daleth, lamed, he, car les deux noms contiennent la même valeur numérique, celle de 308. Ce « Maggedon de la montagne » est donc Rome, la ville aux sept collines, et peut avec raison être comparé au « Mageddon de la vallée, » situé dans la Palestine, puisque les batailles juives correspondent, comme figures, aux combats que doit soutenir l'Église, ainsi qu'à ses vicissitudes dans ses relations avec les différents États de l'Europe, et particulièrement avec la ville de Rome. De môme que dans l'histoire symbolique des Hébreux, la période des Juges représente la période de la migration des peuples dans l'histoire de l'Eglise, de môme la période de la captivité de Babylone représente celle de la nouvelle oppression de l'Église après le moyen âge. La victoire de Barak et de Debbôra est donc un symbole de l'Église traversant victorieusement les
tempêtes de la migration des peuples, après lesquelles elle domina pendant mille ans, par l'influence de ses doctrines, sur Tordre politique et social, et plaça la ville de Rome sous la domination immédiate du successeur de St Pierre; de môme, la défaite et la mort du pieux roi Josias à Mageddon figure la défection des États et des peuples de l'Europe, qui depuis la réforme se détachent de plus en plus de l'Eglise. En disant que les troupes de l'antechrist s'assembleront à Mageddon, l'Apocalypse nous révèle donc que Rome deviendra le siège des forces révolutionnaires qui persécuteront l'Eglise, que des batailles sanglantes auront lieu sous ses murs et que la ville elle-même sera détruite ; c'est ce qui ressort de ce texte et de ceux qui le précèdent et le suivent.
Enfin, la septième et dernière période de l'histoire de l'Église commence au jugement dernier et n'aura point do fin ; elle sera comme le septième jour de la création, et pendant cette dernière période les justes se reposeront éternellement dans le Seigneur. La grande catastrophe qui l'ouvre est la dernière partie du troisième malheur, car au second avènement du Juge terrible « tous les peuples de la terre, comme l'a dit Jésus-Christ, seront dans les pleurs et les gémissements. » L'année du jugement dernier est connue de Dieu seul. Suivant les indications historiques et chronologiques de toutes les prophéties, mais surtout de l'Apocalypse,
cette année semble toutefois tomber dans le courant ou vers la fin du vingtième siècle. C'est alors que nous entrerons clans cet âge, annoncé par saint Paul, où l'humanité chrétienne passera de l'enfance de la foi à la virilité, de la foi obscure à la foi lumineuse, de la lettre à l'esprit, de la science morcelée à la science constituée dans son ensemble, c'est-à-dire au bonheur éternel.
Quoi qu'il en soit de la fin des temps, des prophéties qui l'annoncent dans un avenir très-prochain et des événements qui doivent la précéder, elle arrive tous les jours pour environ quatre-vingthuit mille hommes. La vie n'est qu'un convoi funèbre, où nous allons tous à notre propre enterrement. Ce convoi commence à notre berceau. La fosse dans laquelle nous devons tomber est sur notre route, mais nous ignorons à quel endroit elle se trouve ; nous savons seulement qu'elle nous est cachée, et que, bien portant ou malade, enfant ou vieil homme, du moment où nous y mettrons le pied dessus, tout sera fini, c'est-ù-dire que pour nous commencera cette vie définitive qui ne doit pas finir, et dont celle-ci n'est qu'une préparation.
Les fous courent à cette fosse avec l'insouciance de l'homme privé de raison ; les sages y vont aveccette gravité que leur inspirent les précautions à prendre pour ne pas être surpris par la mort. Pour se rendre compte de ce que doivent durer les folles joies de ceux qui se laissent aller au dévergondage
LA FIN DES Tli.MP- ïflh
de leurs passions, à rentraincment des sens, à leur indifférence religieuse, et les épreuves de ceux qui souffrent, imitent Jésus-Christ pour régner avec lui dans l'éternité, de ceux enfin qui font passer les intérêts de leur âme avant tout autre intérêt, il suffit de se rappeler ce que c'est que l'éternité. Un mil* lion d'années, relativement ù l'éternité, n'est pas même ce qu'est une goutte d'eau, relativement à l'océan, car la goutte fait partie de l'océan, tandis qu'un million d'années ne fait pas partie de l'éternité ! Ne sont-ils donc pas mille fois plus insensés que le plus insensé des hommes renfermés dans nos maisons d'aliénés, ceux qui font de la vie présente leur unique préoccupation, et ceux que découragent les misères qu'ils doivent chrétiennement supporter en vue de la vie future ?
En quelques mots, voici les conclusions de ce qui précède. L'homme est le pontife de la création et trahit son mandat lorsqu'il forfait à sa mission. Quand il sacrifie son âme à son corps, la loi divine à la loi humaine, à celle qu'il se fait, il trahit son Dieu, détourne de leur fin les êtres qui devaient, par lui, glorifier leur Créateur, et se sert contre son Maître suprême et son bienfaiteur des dons qu'il avait reçus pour l'honorer et le servir. Jésus- Christ étant le grand pontife de l'univers entier, l'univers entier doit être uni à Jésus-Christ pour remplir son mandat, sa mission, le but de son être. Pour que le sacerdoce de l'homme soit sensible et
visible, — puisqu'il fait partie d'un monde sensible et visible, — pour que ce sacerdoce soit aussi plus facile à remplir, — puisque Dieu est tout tendresse et miséricorde, — Jésus-Christ nous a laissé sur la terre son représentant et son Eglise ; s'éloigner de ce représentant et de cette Église, c'est donc s'éloigner de Jésus-Christ, manquer à ses devoirs les plus impérieux, les seuls obligatoires au suprême degré, et s'isoler dans une vie propre, coupable, indépendante de Dieu. Comme rien ne peut exister sans Dieu, se retirer de Dieu, c'est se retirer la vie, c'est mourir pour l'éternité.
La môme loi qui régit les individus régit les sociétés. Si Dieu semble parfois fermer les yeux sur le mal privé, l'indifférence personnelle, le crime secret de l'individu, il châtie toujours visiblement le mal public, le crime ostensible des peuples. Étant le Créateur, le Maître et le Juge de tous, on peut se soustraire à son service, à ses devoirs envers Lui, mais ses châtiments atteignent toujours, tôt ou tard, les sociétés qui disent : Non serviani} « je ne servirai pas.» L'étude de l'histoire nous apprend môme, avons-nous dit, que le châtiment arrive avant l'extinction de la génération qui a vu se consommer le crime public. L'histoire enregistre à chaque page cette vieille loi du talion, à laquelle les peuples et leurs chefs ne peuvent se soustraire.
Enfin, Dieu ayant tout créé par un mot, étant le
r. a fin DE S ii: m PS 577
principe de tout, rien ne saurait se conserver sans une création permanente ; pour tout détruire, il n'a donc qu'à cesser de créer. Quand viendra la dernière de cette création permanente? File viendra lorsque, trouvant que le monde est trop pervers et trop idolâtre de lui-même, Dieu dira : C'est assez de crimes; maintenant, jugeons l'homme selon ses œuvres!
Alors là-bas, là-bas, sur cette terre qui fut le berceau de l'humanité, le berceau de l'Eglise, là-bas sur cette terre où Jésus incarné par amour pour l'homme, pour racheter, régénérer et sauver l'homme, Jésus viendra dans sa puissante majesté demander à l'homme ce qu'il a fait de cet amour et du prix de son sang et de sa croix ?
Plus brillant que mille soleils, les rayons de sa gloire pénétreront les multitudes bienheureuses qui l'environnent et rempliront l'espace du reflet éclatant, inimaginable delà gloire de Dieu. Toutes les générations d'hommes se trouveront réunies làbas pour rendre un compte terrible de leurs actes.
Jésus-Christ, avec ses plaies éblouissantes de splendeur, renouvellera son dernier jugement sur l'homme, et répétera ces paroles prononcées, il y y a plus dix-huit siècles, par Lui : « Retirez-vous, maudits, allez au feu éternel préparé pour Satan... Venez les enfants bénis, de mon Père, venez à la place qui vous est préparée dès le commencement du monde. »
578 \ P l'A RI1 ION DU « il i; | BT
Et la séparation des bons et des méchants se fera dans un instant. Et les élus monteront au ciel on chantant : « Gloire à Dieu, au plus haut des deux ; » et leur corps et leur âme, qui auront souffert le dédain, l'injustice, la persécution, les privations, les mortifications par amour pour Dieu, jouiront du bonheur inénarrable et sans fin que St Paul lui-même ne pouvait dépeindre. Et les l'éprouvés, ceux qui auront préféré le vice à la vertu, le théâtre à l'Eglise, le monde à Dieu, le temps à l'éternité, rugiront de terreur, maudiront leur orgueil, leur luxure, leurs joies passées, leurs complices, ils se maudiront eux-mêmes et se précipiteront dans ce gouffre horrible où régnera sculi', pendant l'éternité, la justice divine.
Et tout sera dit ! Et le monde aura vécu ! Et L'aiguille du temps sera brisée à tout jamais! 11 n'y aura, pour les uns comme pour les autres, plus d'heures, plus de minutes, il n'y aura que l'éternité!
K1N 01 TOME DEl XIEM I.
30 K. 74. — Seine). Impriment Jl Ll S BOYEB
\.\- ' ■ ■ -S.imt-Anini-tni. S l'.irU.