‹ La prophylaxie actuelle de la diphtérieChapitre 13 sur 38 · L'AGE OPTIMUM · texte numérisé non relu

L'AGE OPTIMUM

Nous avons signalé l'importance de l’âge à propos des réactions vaccinales possibles.

En effet, de l'avis de la plupart des auteurs, les réactions sont pour ainsi dire constamment nulles au-dessous de six ans. Celles dont nous avons parlé au chapitre précédent s’observent presque exclusivement chez les en-

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fants plus âgés. Elles augmentent d’ailleurs progressivement avec l’âge et sont souvent assez fortes chez les adultes:

Mais, d'autre part, les tout jeunes enfants, et notamment les nourissons de moins de six mois, sont très difficiles à immuniser par l’anatoxine. Par la récherche de l’antitoxine dans le sang après vaccination, on a pu mettre en évidence l'absence d’immunisation active chez bon nombre de nourrissons. L’immunisation du nouveau-né et du nourrisson serait cependant possible, en injectant simultanément à l’anatoxine des substances capables de provoquer une réaction locale importante (lait, propidon, par exemple). Mais la vaccination devient alors une opération assez délicate (r).

Malgré l'intérêt qu'il y aurait à pratiquer une vaccination très précoce, étant donné la gravité de la diphtérie des nourrissons, ilest donc préférable d'attendre au moins l’âge de six mois ou même d’un an pour faire une vaccination vraiment utile.

L'âge de prédilection pour la mise en œuvre de la vaccination est donc compris entre un an el Six ans.

Il est.bien entendu que ce principe n’a rien d’absolu. Nous avons suffisamment insisté par ailleurs sur la complète innocuité de l’anatoxine : en cas de nécessité on doit vacciner sans crainte les enfants et même les adultes, aucun accident grave n'étant à redouter.

DuRÉE DE L’'IMMUNITÉ

L'immunité active conférée par l’anatoxine apparaît, nous l'avons vu, entre la quatrième et la sixième semaine de la vaccination.

(1) De même, les essais de vaccination des femmes enceintes afin d'immunicer les enfants n'ont pas donné ‘de résultats conclunnts : le nouveau-né est réfractaire à l'immunisation antidiphtérique provoquée.

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Ce point étant fixé, reste à savoir combien de temps doit durer cet état réfractaire.

« Il est très généralement admis, dit M. Ramon, que l’immunité acquise soit spontanément, soit artificiellement (par immunisation active) et qui se traduit par la réaction de Schick négative est une immunité solide et pouvant durer toute la vie. Il n’y a pas de raison pour qu'ilen soit autrement de l’immunité acquise grâce à l'anatoxine. »

En effet, bien qu'il soit encore impossible, à l'heure actuelle, de fixer d’une façon certaine, la durée de l’immunité, les faits publiés jusqu’à ce jour ne font que confirmer l’opinion de M. Ramon.

MM. Lereboullet et Joannon ont pu revoir, après un an, dix enfants réceptifs vaccinés par deux injections. Leur Schick, négatif après la vaccination, est resté entièrement négatif.

MM. Darré, Loiseau et Laffaille ont recherché, chez trois sujets vaccinés, après 11, 12 ec 13 mois, la teneur en antitoxine du sérum sanguin : ils ont trouvé des titres de une demi unité, cinq unités, neuf unités, bien supé-

rieurs, par conséquent, à la quantité d’antitoxine suffisante pour négativer une réaction de Schick (1/30 d'unité).

MM. Roubinowitch, Loiseau et Laffaille ont revu, après deux ans, des enfans vaccinés,

— Les uns par une seule injection de un demi ce. d’anatoxine (Schick négatif après cette seule injection)

— Les autres par deux injections

Parmi les premiers, les Schick sont restés négatifs chez dix-sept seulement sur vingt-trois.

Parmi les seconds, les Schick sont tous restés négatifs (dix-sept sur dix-sept).

Tous ces auteurs, en outre, insistent sur un point particulier de leurs observations : c’est que, dans les milieux où ils ont fait ces recherches, l’immunisation sponanée est très faible ou nulle, et ne peut'être invoquée pour expliquer l’entretien ou la prolongation de l’immunité due à l’anatoxine. :

La longue durée de l’état réfractaire est donc due toute entière à l’action de l’anatoxine.

— M. Zoœller, enfin, a revu, après un an, dix sujets vaceinés; |

— Sept d’entre eux présentaient, après vaccination, un Schick négatif : six sont restés négatifs.

— Trois présentaient après vaccination (deux injections) un Schick faiblement positif; un est devenu négatif, un est redevenu positif, le troisième est devenu négatif, mais aux dépens d’une diplhtérie légère (les deux injections avaient été faites pour ce dernier à huit jours d'intervalle).

En somme, l’immunité conférée par l’anatoxine paraît durable.

Mais la vaccination, nous l'avons vu, pour être efficace, doit être pratiquée dans certaines conditions. Or, ces conditions, nécessaires pour que l’action du vaccin se fasse sentir, sont indispensables a fortiori, et l'expérience l’a prouvé, pour que cette action soit prolongée, durable.

Il faut :

— Faire {rois injections d’anatoxine (4,1 et 1 à ce.

— Les espacer suffisamment (au moins 15 jours d'intervalle). |

Disons enfin, pour terminer, que l’immunisation spontanée, dont l’intervention a été volontairement réduite au minimum dans les observations précédentes, peut jouer un rôle utile chez les vaccinés. |

En dehors du domaine expérimental en effet, ce facteur doit souvent intervenir et ne peut que contribuer à ren-

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forcer l’immunité conférée par l’anatoxine : de telle sorte que, si le pouvoir antitoxique du sérum des vaccinés diminue (comme c’est la règle), il suffira de quelques confacts microbiens minimes pour que la réactivité spécifique (due à l’anatoxine) entre en jeu à nouveau et pour que l’immunité prenne un nouvel essor.

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