‹ La prophylaxie actuelle de la diphtérieChapitre 7 sur 38 · LES MESURES LÉGALES · texte numérisé non relu

LES MESURES LÉGALES

Il existe, avant tout, un certain nombre de mesures de première nécessité prévues par les lois en vigueur (loi du 15 février 1902, décret du 14 août 1914).

La déclaration des cas de diphtérie est obligatoire (maladie n° 6). Elle doit même être effectuée pour toutes les formes cliniques de diphtérie : et l’on conçoit ainsi, dès que l’on aborde la question de la prophylaxie antidiphtéwique, l’importance de l’examen bactériologique systématique, qui décèlera les formes frustes ou anormales, si fréquentes et souvent aussi graves de la diphtérie la plus typique, et qui permettra de dépister les porteurs de ger-

mes sains.

L’isolement est aussi prévu par la loi. Mais pour qu'il soit efficace, il doit durer tant que le malade est contagieux, et c’est là une des grosses difficultés de la prophy-. laxie : certains convalescents sont en effet des porteurs die germes prolongés, et il est impossible cependant d’imposer à de tels sujets une séquestration de plusieurs mois. La recherche de {a virulence des germes pourrait apporter la solution du problème, mais elle n’est pas d’une technique assez simple pour être couramment pratiquée.

Quant à l'isolement des porteurs de germes sains, il se heurte à des difficultés plus grandes encore, un individu bien portant ne pouvant aisément accepter une claustration prolongée (1).

Enfin la désinfection des locaux et des objets souillés par les porteurs de germes est également une mesure prescrite.

2° LES AUTRES MESURES prophylactiques habituellement employées sont destinées :

— Les unes à empêcher le malade de nuire à son entourage..

— Les autres à protéger les sujets sains.

— Les premières consistent dans la désinfection des muqueuses : aucun des produits antiseptiques employés en lavages, gargarismes, inhalations n’a donné satisfaction. |

L'application locale de sérum antidiphtérique (pastilles Martin pour la gorge, poudre de sérum en inhalation ou pulvérisation pour les fosses nasales) semble avoir donné de meilleurs résultats.

(1) IL est à noter d’ailleurs que la mise en liberté des porteurs de germes après 2 prélèvement négatifs à huit jours d'intervalle peut parfois être prématurée : ces deux prélèvement négatifs ne constituent pas un test de guérison absolu et le portage pendant la convalescence, peut être sujet à des intermittences de deux à trois semaines

Cette méthode est cependant actuellement encore la seule couramment employée.

L’insufflation d’air:chaud est un procédé quelquefois employé. En réalité, il n'existe aucun moyen de désinfecter sûrement et complètement les muqueuses.

— La protection du sujet sain est réalisée par la sérothérapie préventive. Bien qu’elle ait été souvent pratiquée sans indications précises, à dose insuffisante et sans s'entourer de toutes les précautions indispensables, l'injection préventive de sérum antidiphtérique n'en constitue pas moins une remarquable méthode prophylactique. Mais la sérothérapie exposant à des accidents parfois redoutables, l'injection du sérum est souvent faite

avec une certaine appréhension, après une temporisation malencontreuse, à dose minime, bref dans des conditions qui la rendent inefficace.

£n résumé, récemment encore, la prophylaxie de la diphtérie était contenue tout entière dans les formules suivantes

— Déclaration de la maladie. Isolement du malade.

— Dépistage, isolement et traitement des porteurs de germes.

— Sérothérapie préventive.

— Désinfection des locaux.

Nous n'avons envisagé ici que les mesures prises en foyer épidémique. Mais, en dehors de ces circonstances, la prophylaxie était pour ainsi dire inexistante bien que la vaccination préventive à l’aide de mélanges de toxine et d’antitoxine ait été préconisée par quelques auteurs, elle semblait encore une méthode peu sûre, et restait, en France du moins, du domaine de l’expérimentation,

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