‹ La prophylaxie de la tuberculose [microforme]Chapitre 4 sur 4 · MERE · texte numérisé non relu

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de la spécialité, et que les résultats obtenus dans les sanatoria sont excellents. Ces parents ex ces amis deviennent alors, comme le malade lui-même, des apôtres de la prophylaxie.

Au point de vue de l’hygiène proprement dite, le sanatorinm est un moyen prophylactique de premier ordre. Nou seulement il fait l'éducation du tubereuleux et de son entourage, mais il l’isole, et souvent il le guérit, en l'astreignant au seul traitement vraiment effcace connu jusqu'à ce jour : renos absolu, suralimentation, vie au grand air, Le tuberculeux au sanatorium, c'est un foyer de contagion supprimé, ou du :noins rendu inoffensif, par l'éducation d’abord par l'amélioration et la guérison ensuite, et enfin, durant le séjou. du malade à l'institution, par l'isolement. On peut donc affirmer, sans crainte de se tromper, que J4 sanaïiorium est un moyen très actif de lutter contre la marche envahissante de la tuberculose.

Aussi, les sanatoria devraient-ils être déclarés d'utilité publique, et les gouvernements devraient s'intéresser à leur établissement tout autant que les citoyens. Üar, si le sanatorium est utile au riche, c'est une nécessité bien plus pressante encore pour le pauvre. La tuberculose exerce dans la classe pauvre des ravages considérables et d'autant plus facilement, que les moyens prophylactiques y sont plus inconnus et plus négligés.

La lutte contre la tuberculose, commencée par l'hygiène de la première enfance et la réforme des logements insalubres, continuée par l'éducation des masses et la vulgarisation des moyens préventifs contre l'infection alimentaire et celle des voies respiratoires, resterait incomplète, sans La creation de moyeus de guérison efficaces. S'il est bon d'instruire sur la nature du mal, guérir est encore meilleur ; pour rendre la prophylaxie de ia tuberculose complète, fournissons aux pauvres les moyens de se guérir, aidons à l'établissement des sanatoria, et tâchons d'obtenir dans ce but le concours des pouvoirs publics.

L'installation d’un sanatorium n’est pas si compliqué qu'on le croit. [l n’est pas nécessaire de choisir des pays spéciaux, des climats particuliers, ni de construire des habitations dispendieuses. On peut localiser ces établissements aussi bien dans une plaine que sur une montagne ; une installation simple, rustique, n’en est que plus favorable. L'important, c'est l’air pur, et, sous ce rapport, notre province n'a rien à envier aux autres pays. Ceux qui pourraient en douter n’ont qu’à se rendre à Sainte-Agathe, ils y trouveront un sanatorium très bien organisé et dont les résultats se comparent avantageusement avec ceux obtenus ailleurs.

Inscrivons donc sur notre programme la création, près des villes,

. de sanatoria publics pour les indigents, et efforçons-nous de per-

suader les hôpitaux possédant des terrains spacieux, qu'ils doivent

créer et attacher à leur institution, un sanatorium ou pavillon spé-

cial, où les tuberculeux seront isolés et soumis à toutes les méthodes de prévention et de traitement qui donnent des résultats si satisfais

AIS 10 us Conclusion.

Æn somme, la prophylaxie de la tuberculose ne peut pas être simplement personnelle. Si l'on veut enrayer: la marche envahissante de ce fléau. il faut étendre le plus possible cette prophylaxie à toute la communauté. Il en estde la prévention des maladies évitables comme de la dsinfection : elle ne pent être efficace qu’à la condition d’être complète. Enfants et grandes personnes, pauvres ou riches, elle doit atteindre tout le monde.

- Avec le secrétaire de la Ligue française contre la tuberculose, je dirai en terminant: “ Si les mesures indiquées étaient mises en pratique, nous ne disons pas dans toutes les familles où il existe un tuberculeux, et par tous les phtisiques, mais seulement par le quert de ces familles et de ces phtisiques, nous verrions diminuer dans une énorme proportion les ravages de cette maladie : et les habitudes de propreté et d’antiseptie rigoureuses que l’on conseille, finissant peu à peu par entrer dans nos mœurs et par devenir générales, on arriverait progressivement, sinon à son extinction presque totale, du moins à réduire le chiffre de ses victimes aux proportions des autres maladies. Car l’hérédité et les autres conditions prédisposantes et sdjuvantes, dont personne ne méconnaît l'importance, ne suffiraient pas à elles seules pour produire la maladie, si les germes étaient détruits.”

Montréal, 81 janvier 1900.

fins

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