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Je n'entrerai pas dans tous les détails des mesures de protection qu'exige l'alimentation de la première enfance. La recherche, par l'épreuve de la tuberculine, de la tuberculose chez les vaches ,laitières, l'inspection des troupeaux et des laiteries, la surveillanve de la distribution du lait, les précautions à prendre contre l'adultération, autant de questions d'une importance majeure, qui n’ont cependant pas leur place ici. Au point de vue pratique, et pour la protection du bébé dans la famille, ce que je voudrais proclamer bien haut, c'est que, pour aucune considération, on ne devrait donner du lait cru à un bébé. Il faut bien se rappeler que le contrôle des animaux tuberculeux est très difficile à établir, que l’on n’est jamais sûr de la provenance du lait, à moins d’être soi-même propriétaire de l'animal, et dans ces conditions, mieux vaut faire bouillir le lait destiné à un bébé, que de lui faire courir les risques d’une contagion fatale. La stérilisation du lait est d'application facile dans les familles et peu dispendieuse : il s'agit de savoir comment la mettre en pratique et surtout d'avoir la volonté de s’en servir. Les dangers que le lait fait courir à l'enfant sont tellement considérables que, lorsque l’on donne à l'enfant l'allaitement artificiel, personne n’est excuseble de ne pas stériliser, ou pasteuriser ce lait. C'est une des conditions sine quà non de la protection de la première enfance.
Contagion par l'air inspiré : danger des craïhats. Le Le)
Ohez les adultes, la tuberculose se propage plutôt par l'air qu'ils vespirent que par les aliments qu'ils absorbent. Ce n’est plus ici les
bestiaux qu'il faut accuser, mais les tuberculeux eux-mêmes, qui sont.
par leurs crachats des foyers actifs de contagion. Les bacilles tuberculeux sont rejetés des poumons des phtisiques par l’expectoration ; les crachats se dessèchent, les bacilles font alors partie de la poussière des rues et des habitations ; ils sont mis en mouvement par le vent ou le balayage ; ils flottent dans l'air, et pénètrent dans le poumon de personnes jusqu'alors en bonne santé, pour y recommencer leur œuvre néfaste. Voilà dans toute sa netteté un fait scientifique établi d’une manière incontestable, et qui sert de base à l'un des moyens les plus rationnels de prévenir la tuberculose, la destruction des crachats. (est cette donnée scientifique qu'il faut inculquer dans l'esprit de tous : Lg {uberculeux est dangereux par ses crachats, Comme le dit avec beaucoup de justice le secrétaire de la Ligue française contre la tuberculose, ‘le phtisique n’est aucunement dangereux par son contact, ni par Son voisinage, ce n’est ni sa personne ni son haleine qui sont nocives, on peut causer avec lui de longues heures, vivre avec lui pendant des années, et même coucher dans sa chambre et lui donner les soins les plus constants sans courir derisque sérieux,
à la condition de prendre certaines précautions dont la principale est de
recueillir son expectoration, et de ne p=s attendre ponr détruire ses cra-
chats qu'ils se soient dessévhés et répandus en poussière dans Patq
mosphère.” Le crachat, voilà l'ennemi. C’est un moyen de contagion
der plus dangereux et, il faut hien le dire, des plus fréquents, Voici sur cette question ce que disait le Congrès de la tuberculose tenuen
Fe
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1888, dans une circulaire adressée au public : ‘ La source contagieuse la plus fréquente et la plus redoutable réside dans les «rachats de phtisiques. À peu près inolensifs tant qu'ils restent à l’étut liquide, c’est surtout lorsqu'ils sont réduits en poussière qu'ils deviennent dangereux. Ils revêtent promptement cette forme lorsqu'ils sont projetés sur le sol, le plancher, les carreaux, les murs ; lozsqu'ils souillent les vêtements, les couvertures, les objets de literie, les rideaux, etc, où sont reçus dans les mouchoirs, serviettes, etc. C’est alors que, desséchés et pulvérulents, ils sont mis en mouvement par le balayage et l'époussetage, le battage et le brossage des étoffes, des meubles, des couvertures, des vêtements. Cette poussière sus-
endue dans l’air pénètre dans les voies respiratoires, se dépose sur es surfaces cutanées et muqueuses dépouillées de leur vernis épidermique, sur les objets usuels servant aux usages alimentaires, et devient ainsi un danger permanent pour les personnes qui séjournent: dans l'atmosphère ainsi souillée.”
Chaque phtisique est donc un foyer de contagion dangereux, et l’on comprend que la tuberculose ait pu s'étendre avec une tenacité si extraordinaire dans toutes les couches de la population, lorsque l’on sait que de tout temps les phtisiques ont craché partout avec la plus entière liberté. Aujourd’hui le danger est connu, démontré, il n’y à plus de raison pour que cet état de chose persiste.
Mais, me direz-vous, on ne peut pas empêcher un phtisique de cracher. C'est vrai; mais on peut empécher que ses crachats soient nuisibles aux autres. Et facilement. La science nous donne aujourd'hui sur ce sujet des données très précises. Et, en ce faisant, non seulement elle nous rend un immense service en nous fournissant un moyen puissant de protection, mais encore elle vient au secours du tuberculeux lui-même et l'empêche de se réinfecter par ses propres crachats, augmentant ainsi d'autant ses chances de guérison.
La lutte contre les crachats des tuberculeux doit s’efforcer de couvrir les points suivants :
1° Convaincre ous et chacun qu’il est nécessaire de prendre les plus grandes précautions au sujet des matières expectorées par les pbtisiques. Ne jamais laisser cracher ces muülades par terre. De préférence, leur donner un crachoir de poche spécial, facile à manier et à nettoyer; ou bien les faire cracher dans des crachoirs contenant des liquides désinfectants et non pas des substances sèches comme la cendre, la sciure de bois. Les crachoirs sont vidés tous les jours dans le feu ou dans les cabinets d’aisance, et nettoyés à l’eau bouillante additionnée de bicarbonate de soude. Les malades ne doivent pas cracher dans leurs mouchoirs. Ceux-ci cepe: dant, de même que tout le linge des tuberculeux, doivent être jetés dars un vase rempli d’une solution désinfectante en attendant qu'ils soient bouillis, et avant d’être mis au linge sale.
__. 2° Travailler activement à supprimer les crachats dans les lieux publics: églises, écoles, magasins, bureaux, théâtres, tramways, etc., et pour cela, généraliser l'emploi des srachoirs hygiéniques conte- nant des solutions antiseptiques.
= malade inoffensif pour son entourage.
89 Enfin, faire à ce sujet l'éducation du public. Signaler à tout le monde le danger extrême des crachats des phtisiques et la nécessité de s’en protéger, afin de rendre plus facile l'exécution ‘es règlements mb pr formulés par les bureaux de santé, les compagnies de chemin de fer et de tramway, les grandes maisons de commerce, les administrations, les ateliers, etc.
Désinfection des chambres et des logis.
Le danger des crachats des phtisiques comporte encore une autre indication, c’est la désinfection des chambres et des logis habités par les malades.
Dans les familles où l'hygiène est mise en pratique, cette mesure est d'application facile ; non seulement on prendra les soins voulus pour que les crachats du malade ne souillent pas le plancher, les murs et les objets de literie, en plaçant à sa portée des crachoirs contenant des solutions antiseptiques, mais encore on disposera la chambre de manière à faciliter le lavage du parquet et des cloisons, en enlevant tout ce qui peut conserver la poussière : tapis, rideaux, tentures, etc... Et la mort, ou le départ du phtisique sera suivie d’une désinfection complète de la chambre habitée par lui.
Mais combien de fois aussi ces mesures de prudence ne sont pas mises en pratique. Et il arrive alors de deux choses l’une : ou bien la chambre souillée est habitée par une autre personne de la famille, cu bien la famille abandonne le logis, qui passe à d’autres locataires. Mais le bacille tuberculeux demeure caché dans la poussière des recoins, conservant toute sa virulence et prêt à saisir d’autres victimes à l’occasion.
On ne saurait trop insister sur ces faits et sur l'importance qu’il ÿ à, quand on s’installe dans un logis nouveau, déjà babité par d’autres personnes, d’en faire au préalable la désinfection. Ceci est plus important, beaucoup plus important que le grand ménage habituel dans ces circonstances ; car il ne s’agit pas seulement de rendre le logis propre et brillant, mais il s’agit encore de détruire les germes de maladies contagieuses qui ont pu être laissés par les précédents locataires. Rappelons-nous que ces germes sont nombreux, et que, là où il y à eu des mslades atteints de ces maladies, on peut trouver par la suite les microbes de la fièvre typhoïde, de la scarlatine, de la diphtérie, de la tuberculose, etc., disséminés dans les poussières de l'appartement. ”
Déclaration des cas de tuberculose.
Dans quelques villes, et à New-York en particulier, on exige la
déclaration des cas de tuberculose, afin justement d'obvier au danger
que je vous signale. Les logis infectés sont visités par les officiers
- sanitaires (a), puis ils sont désinfectés après la mort ou le départ du
ne ma
&) Ces officiers indiquent aux familles comment il est facile de rendre Je : ï :
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malade, et, lorsque la famille quitte le logis, le propriétaire est même tenu, dans certaines circonstances, de faire des réparations spéciales, tel que renouveler le papier collé sur les murs. Dans la Province de Griles, la déclaration des décès causés par la tuberculose est obligatoire, afin de permettre la désinfection des logis infectés, mais la déclaration des cas de tuberculose n’est pas imposée par les règlements.
D'ailleurs, il n’est pas encore démontré que la déclaration des cas de tuberculose soit un moyen efficace de prophylaxie, Je crois même que dans certains cas c’est une mesure intile et même nuisisible ; par exemple, quand le tuberculeux est un travailleur, névessaire au soutien de Ja famille. En eflet, il ne faut pas oublier, qu'à l'encontre des autres maladies contagieuses, la tuberculose est une maladie chronique qui peut évoluer pendant des mois et des années, sans rendre le malade incapable de vaquer à ses occupations. Le tuberculeux, s'il sait prendre les mesures nécessaires, s'il sait contréler ses crachats, n’est pas dangereux. En le signalant aux autorités, on risque de lui faire perdre son emploi, on lui inspire naturellement l'idée de cacher son mal, et on l'empêche de £e faire soigner, par crainte de révéler sa maladie. C’est an mal que ne compense pas l’avantege problématique de la déclaration. Ne vaut-il pas mieux p’océder par an autre moyen et, suivant les conseils de sir
Thorn "horn, en Angleterre, et de l’Académie de Médecine, 1
France, gagner la confiance de ce tuberculeux et faire son éducation, afin qu’il sache se rendre inoflensif ?
Avant toute chose, instruisons la population sur les moyens de prophylaxie de la tuberculose. La médecine à déjà fait sa part, par ses découvertes &t ses bons conseils. Faisons plus encore. Vulgarisons les notions d'hygiène : à l’école d’abord, par un cours élémentaire et bien expliqué; dans la famille ensuite, par de la littérature populaire, des propagandes personnelles, des conférences publiques et gratuites dans les quartiers populenx. C’est le meilleur moyen de diffuser les mesures hygiéniques, de les faire comprendre, de les faire adopter de bonne volonté, sans contrainte, sans pro’’squer de résistance.
Le Sanalorium.
Je n'aurais pas aocompli toute la tâche que je me suis proposée : vous faire connaitre les moyens les plus efficaces de protection contre la tuberculose, si, avant de terminer, je ne vous Gisais quelques mots du sanatorium.
Au point de vue de l'éducation du public, le sanatorium rend de signalés services. Il apprend avant tout aux malades à ne pas être dangereux pour les autres. C’est une école d'application pratique, la plus convaincante. Et les parents, les amis, renseignés sur les mesures que l'on prend et que l’on fait prendre aux malades, y ajoutent une dE on plus vive que ces mesures revêtent le sceau
sans partoutiailleurs.