‹ La prophylaxie du typhus exanthématique en TunisieChapitre 12 sur 16 · VIRUS EN SUSPENSION HUILEUSE · texte numérisé non relu

VIRUS EN SUSPENSION HUILEUSE

Dans cette série de vaccination, Ch. Nicolle et J. Laigret se servirent de cerveaux de rats, et de cobayes, enrobés ou non dans du jaune d'œuf et mis en suspension huileuse. Les inoculations se firent soit avec du cerveau de rat, soit avec du cerveau de cobaye, soit avec du cerveau de cobaye d’abord, soit avec du cerveau de rat ensuite.

a) Une première série de vaccinations porte sur 70 sujets qui ont reçu une suspension huileuse de cerveau de cobaye non enrobé en jaune d'œuf; 22 d’entre eux ont reçu une deuxième, et 6 une troisième inoculation, la vaccination des autres ayant été complétée par des cerveaux de rats.

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Les vaccins utilisés ont donné la preuve de leur virulence par inoculalion intra-périlonéale aux animaux.

Toutes ces inoculations ont été bien supportées même lorsqu'il fut injecté 1/50 de cerveau. Un seul eut de la fièvre que rien ne permet de ratlacher à la vaccination, n'avant reçu qu'un #00 de cerveau. Cette fièvre, apparue au 28° jour, dura quatre jours. La réaction de Weil-Felix resta toujours négative.

La deuxième inoculation pratiquée après un intervalle de 25 à 35 jours n'a donné aucune réaction ni thermique ni locale. Le Weil-Felix fut négatif.

A la troisième inoculation, deux sujets sur six eurent un Weil-Felix positif au 1/400°. IS avaient reçu 1/25° de cerveau, la dose la plus forte. Par ailleurs pas de réaction fébrile.

ils ne présentèrent

b) Dans une deuxième série de vaccination les essais furent faits uniquement avec des cerveaux de rats, en suspension huileuse, les uns enrobés en jaune d'œuf, d'autres sans enrobage. 25 sujets furent ainsi vaceinés avec des doses variant de 1/800 jusqu'à 1/100 de cerveau de rat. La virulence des vaccins fut contrôlée. Aucun des 25 vaceinés n'eut la moindre élévation thermique. La réaction de Weil-Felix suivie sur 10 d'entre eux se montra toujours négative.

c) Une troisième série de vaccinations comprit 51 sujets qui reçurent d’abord du cerveau de cobaye puis du cerveau de rat.

Un premier lot de 25 sujets reçut d'abord 1/00 de cerveau de cobaye, puis, 25 à 30 jours après 1/100 de cerveau de rat dans l'huile sans enrobage préalable en jaune d'œuf,

Une seule réaction eut lieu; ce fut à la suite de la deuxième inoculation où l’un deux fit un typhus bénin avec une réaction de Weil-Felix positive à 1/400.

Chez 1% vaccinés du lot, on fit une troisième inoculation qui peut être considérée comme une véritable épreuve puisque certains d'entre eux reçurent jusqu'à 1/12 de cerveau de rat en suspension huileuse et enrobé en jaune d'œuf. Aucun des sujets n'a réagi, la réaction de Weil-Felix est toujours restée négative. Le virus était contrôlé à la dose beaucoup plus faible de 1/400, il avait infecté deux cobayes.

Dans un deuxième lot, 17 sujets reçurent 1/200 de cerveau de cobaye et 25 jours plus tard 1/25 de cerveau de rat, ces deux cerveaux étant enrobés en jaune d'œuf, et mis en suspension huileuse, On ne constata aucun trouble; la réaction de Weil-Felix fut toujours négative.

Un troisième lot reçut du vaccin de cobaye et du vaccin de rat à doses variées. Les vaccins étaient les mêmes que précédemment. Il n'y eut aucune réaction.

Au total donc 153 sujets ont été traités par le virus en suspension huileuse. Un seul fit un typhus qui fut bénin. Les autres supportèrent sans dommage des doses parfois considérables de virus vivant, allant jusqu'à 1/12 de cerveau de cobave ou de rat. Deux enrobages différents ont élé utilisés : lun dans l'huile seule, Pautre dans le jaune d'œuf d’abord, dans l'huile ensuite. L'unique cas de typhus est imputable au virus en suspension huileuse non enrobé en jaune d'œuf. I est dû à un cerveau de rat. Les auteurs ne peuvent conclure d'un seul cas, mais pensent que comme pour les vaccins en suspension aqueuse, le virus de rat semble plus dangereux pour l’homme que le virus de cobaye.

Qu.

Infection des poux nourris chez un vacciné fébrile

Un lot de 100 poux fût nourri chez un vacciné. Celui-ci avait reçu 1/200 de cerveau de rat enrobé en jaune d'œuf et placé en solution aqueuse. II faisait partie du lot des 7 vaccinés dont, # avaient contracté le typhus. Les poux placés sur lui, le 19 avril, ont été nourris jusqu'au 8 mai, période qui part done du deuxième jour suivant l’inoculation, et qui. représente l’incubation de la fièvre. A cette dernière date ces poux broyés ont été inoculés à deux rats et à un cobaye dans le péritoine.

Les deux rats n’ont pas réagi.

Le cobaye a présenté une ascension thermique après une courte incubation de # jours. Cette fièvre ne S'accompagna pas d’orchite, mais comme elle persistait entre 40°5 et 41°. l'animal fut sacrifié le seplième jour. Les cultures de son sang et de son cerveau sont restées négatives.

On a pratiqué un passage du cerveau à deux rafs et à deux cobayes.

Les deux rats n’ont pas réagi. Leur sérum avait un Weil- Felix négatif.

Les deux cobavyes ont présenté des fièvres typiques :

Chez l'un : incubation 4 jours, fièvre 7 jours.

Le second : incubation 7 jours, fièvre 5 jours.

Le deuxième, éprouvé un mois plus tard par le virus historique, s’est montré immunisé.

Ch. Nicolle et J. Laigret concluent que si le simple enrobage en jaune d'œuf s’est montré efficace pour la vaccina- LA

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tion contre la fièvre jaune, il est apparu insuffisant pour le virus lyphique. L'enrobage du virus sec dans l'huile s’est montré plus efficace puisque sur 98 inoculations, il n'y eut qu'un seul cas de typhus. Enfin, en combinant les deux méthodes, c’est-à-dire en enrobant le virus dans le jaune d'œuf, puis dans l'huile, les résultats se montrèrent excellents: sur 110 inocoulés il n’y eut aucune réaction fébrile, ni formation d’abècs ni même de réaction locale.

En août 1935, la vaccination mise au point par ces derniers travaux se composait de deux injections :

Dans un premier temps, on inoculait 1/200 de cerveau de cobaye avant subi le double enrobage, puis 25 à 30 jours 1/200° de cerveau de rat, préparé de la même manière.

Par l'épreuve intra-péritonéale aux animaux, tous les vaccins se sont montrés virulents: c’est donc là la preuve que ces virus ont été inoculés à l'état vivant,

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