‹ La prophylaxie du typhus exanthématique en TunisieChapitre 13 sur 16 · TECHNIQUE DE LA PRÉPARATION DU VACCIN CONTRE LE TYPHUS EXANTHÉMATIQUE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE DE LA PRÉPARATION DU VACCIN CONTRE LE TYPHUS EXANTHÉMATIQUE

Jean Laigret et Roger Durand, dans une publication récente, donnént des détails précis sur la technique qu'ils ont mise au point dans la préparation du vaccin contre le tvphus exanthématique.

Les rats ou les cobayes sont sacrifiés au deuxième jour de la fièvre. On prélève d’abord le sang, par ponction cardiaque, pour une hémoculture qui devra rester stérile. On prélève ensuite le cerveau et on l’immerge dans un tube de glycérine neutre stérile. Enfin, le cervelet, prélevé à son tour, est broyé et son produit de broyage utilisé pour faire :

1° Des ensemencements en bouillon et sur gélose (premier contrôle de stérilité bactérienne);

2° Des inoculations péritonéales à deux cobayes, ou deux rats qui devront faire le typhus (contrôle de la virulence initiale du cerveau).

Le tube contenant le cerveau en glycérine est placé au frigorifique, où il séjournera 24 heures.

Le cerveau retiré de la glycérine est essoré sur un papier buvard stérile et porté dans un mortier garni de 2 gr. 50 d'un mélange de phosphate disodique et de phosphate monopotassique anhydres. Le cerveau est roulé dans la poudre, puis broyé. Il se forme une masse pâteuse, dont en ensemence une anse en bouillon et sur gélose (deuxième contrôle de stérilité bactérienne) et qu'on porte au dessicateur garni de chlorure de calcium fondu.

On fait le vide et on place l'appareil à la glacière, à environ + > degrés pendant 24 heures.

La poudre ‘obtenue à la suite de cette opération est la poudre-mère, qui conserve sa virulence au frigorifique, à — 15 degrés, pendant au moins deux mois.

On effectue le contrôle de la virulence de cette poudremère phosphalée en inoculant deux rats ou deux cobayes par la voie péritonéale : cinq centigrammes par animal. Ces animaux font le typhus. Sinon, la poudre est inactive et on ne l'utilise pas pour la préparation du vaccin.

Dans un mortier stérile, on verse alors la totalité de la poudre phosphatée résultant de la dessication du cerveau, soit environ 2 gr. 50, puis en laisse tomber goutte à goutte, sur cette poudre, huit centicubes de jaune d'œuf tyndallisé au préalable à 56° pendant une heure, trois jours de suite, on triture avec une spatule de platine, il se forme une pâle. On porte le mortier avec son contenu dans un dessicateur garni de chlorure de Ca, on fait le vide et on abandonne à la glaclère pendant 24 heures.

Le lendemain, on broye le produit sec et on le passe à travers un tamis fin. On ensemence une anse de poudre, pour un dernier contrôle de sa stérilité bactérienne.

Pour la pralique des vaccinations anti-exanthématiques en grand, la poudre est comprimée à l'aide d'un compresseur-dloseur, réglé de telle manière que chaque comprimé contienne vingt doses, soit un dixième de cerveau.

. Les comprimés sont empilés dans des petits tubes, qu'on vide d’air.

Ces comprimés sont conservés au frigorifique à — 15 degrés, IIS v gardent leur virulence au moins un mois. Dans

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Fr

la pratique, on renouvelle la provision de vaccin chaque quinzaine.

À la température ordinaire, la conservation n'est pas sûre au delà de #8 heures. Un vaccin ayant subi, sans réfrigéralion, un transport plus long, pourrait être utilisé chez l’homme, à condition qu'on inocule, en même temps, des animaux de contrôle, par exemple des cobayes et des rats: ces animaux témoins doivent faire typhus. Sans cette précaution écrivent les auteurs « nous ne pourrions pas, dans l'état actuel de nos expériences, affirmer l'efficacité d'une vaccination qui aurait été pratiquée avec un vaccin anliexanthématique soumis, pendant plus de deux jours, à l'action de la température ordinaire ».

Pour l'emploi du vaccin un matériel restreint est nécessaire :

Mortier stérilisé au four ou simplement flambé et refroidi. (Les petits mortiers qui servent couramment pour le broyage extemporané du vaccin variolique sec conviennent). I es utile d'avoir un mortier de plus grandes dimensions pour les vaccinations en série.

On met d'abord, dans le mortier, le vaccin comprimé: puis, on verse goutte à goutte de l'huile d'olive, à raison de un centicube pour une dose, en broyant. On inocule un centicube de la suspension huileuse dans la région de la pointe de l’omoplate; l'injection est indolore.

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