‹ La prophylaxie du typhus exanthématique en TunisieChapitre 9 sur 16 · III. — Tentatives d’immunisation · texte numérisé non relu

III. — Tentatives d’immunisation

contre le typhus exanthématique à l’aide de virus vivants

a) Charles Nicolle a montré en 1911 que pour obtenir une immunité solide et durable contre le typhus il fallait employer des vaccins vivants. Les vaccins de Weigl et de Zinsser sont des vaccins morts. Leur très grande richesse en virus mort explique qu'ils donnent un certain degré de résistance mais celle-ci ne saurait être de longue durée.

Les premiers essais de vaccinations avec le virus typhique vivant ont été faits par Charles Nicolle qui se servit de sang très dilué de singe et de cobaye infectés par le virus historique. Plusieurs sujets purent être immunisés par cette méthode, mais la virulence étant très variable, il fût fait ensuite usage du cerveau de cobaye dont la teneur en virus est plus régulièrement fixe. Avec des suspensions très di-

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luées de ce cerveau Ch. Nicolle et H. Sparrow inoculèrent des enfants. Ce choix était judicieux car à cet âge le typhus est généralement bénin. Plusieurs vaccinés s'infectèrent et la méthode fut abandonnée.

TYPHUS MURINS,

A côté du typhus historique dont la gravité nous est connue, il existe d'autres typhus, ceux-là bénins pour l’homme, sporadiques, sans relation avec le pou. Les travaux effectués au Mexique par Mooser, par Lépine à Beyrouth et à Athènes, par Marcandier à Toulon, par Georges Blanc à Casablanca, par J. Jadin à Anvers et enfin par H. Sparrow à Tunis, ont montré que les virus de ce Lyphus viennent du rat, d’où leur nom.

Chez l'homme, l’incubation est plus courte que celle du {vphus exanthématique; elle est de 5 à 7 jours. La fièvre se dessine en plaleau moins régulier, on y voit souvent de petits crochets fébriles de deux à trois jours, suivis de rémission, puis de nouvelles ascensions de la courbe.

L'éruption est faite de taches larges, de cinq à six millimètres de diamètre, souvent légèrement saillantes. Elle envahit les membres jusqu'aux faces plantaires et palmaires.

Ce qui frappe surtout c’est la bonne conservation de l’état général au cours de ces fièvres et l'absence totale de symptômes nerveux. La guérison est de règle et la convalescence plus rapide que celle du typhus exanthématique.

Les virus murins apporterent des possihihtés nouvelles à la vaceination du {yphus par les virus vivants. Ces virus,

bien que peu pathogènes pour l'honune, immunisent contre le typhus historique.

b) Georges Blanc, M. Noury, M. Baltazard et J. Barneoud, ont utilisé pour leurs essais de vaccination un virus de typhus isolé par eux des rats du ports de Casablanca. Après avoir constaté le très faible pouvoir pathogène de ce virus pour l’homme, ils ont vérifié expérimentalement qu'une infeclion même légère donnait à l’homme limmunité contre ce virus lui-même, celui isolé par Marcander à Toulon, et aussi contre le virus exanthématique épidémique ou virus historique de Ch. Nicolle.

Ils ont essayé de diminuer encore la virulence de leur souche marocaine, sans lui enlever ses propriétés anligéniques. De bons résultats ont été oblenus en ajoutant au virus, constitué par le broyat de vaginales et de rates de cobayes infectés, de la bile de bœuf dans la proportion de > %. Ge virus bilé, utilisé après un quart d'heure de contact entre la bile et le produit virulent, ne donne plus qu'exceptionnellement de réactions à lhomme, même injecté à fortes doses, c'est-à-dire 1/10° à 1/20° du virus infecté. Il confère cependant une forte immunité non seulement contre les {yphus murins, mais aussi contre le {yphus exanthémalique. Ces vaccinés n'ont pas infecté des poux nourris sur eux pendant 25 jours.

Les conclusions que Uirent les auteurs de ces premiers travaux sont les suivantes :

a) Qu'il est possible par addition de bile au virus murin constitué par le produit de broyage des vaginales et des rates de cobayes infectés, d'atténuer sa virulence et de le rendre non pathogène pour l'homme.

VE Re b) Ce virus bien qu'allénué est encore vivant et vaccine contre le typhus exanthématique.

c) La vaccination ne crée pas de porteurs de germes, le sang des vaccinés ne pouvant pas, dans les conditions normales, infecter le pou.

De nouvelles recherches, les auteurs concluent qu'il est possible de diluer fortement le vaccin sans lui faire perdre son pouvoir antigénique, mais que les essais de purification par filtration sur papier ne font que diminuer son efficacité, sans supprimer totalement les réactions vaccinales. De plus, après un an de conservation du typhus murin de Casablanca sur cobayes, sa virulence pour l'homme n'est pas augmentée.

Les conclusions de ces travaux sont ainsi formulées :

a) Le virus du tvphus murin de Casablanca reste après 14 mois de conservation par passage sur cobayes aussi peu pathogène pour l'homme qu'il l'était aux premiers jours de l'isolement.

b) Il est possible de diluér jusqu'au millième les produits virulents obtenus par le broyage de la rate et des vaginales de cobaye infectés par le virus murin, et d'obtenir de cette solution diluée une vaccination efficace. Ce qui revient à dire que dans la pratique il est possible de vacciner 1.000 personnes avec le vaccin fourni par un seul cobaye.

c) La vaccination contre le typhus n'apparait efficace, même avec un virus vivant que si cette vaccination donne une maladie inapparente. Une telle vaccination faite avec le virus murin de Casablanca confère l’immunité et ne présente aucun danger.

LP

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