‹ La prophylaxie du typhus exanthématique en TunisieChapitre 8 sur 16 · SAN · texte numérisé non relu

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caoutchouc encore imprégné d'huile de vaseline, se gonflerait à la stérilisation et deviendrait inutilisable.

Le sang sera pris avec des précautions rigoureuses d'asepsie. Suivant l'état du sujet on en recueillera de 50 à 200 centimètres cubes.

On mettra: les tubes contenant le sang dans un endroit frais et on attendra la séparation du sérum et du caillot. On recueille le sérum au moyen d’une pipette el on remettra le tube contenant le caillot au repos pour recueillir encore un peu de sérum. La deuxième récolle sera mélangée à la première.

On additionne le sérum recueilli d'acide phénique à la dose de 0 gr. 50 par litre de sérum. Cette addition d’un antiseptique est nécessaire pour deux raisons : pour la stérilisation des tréponèmes dont la présence est toujours à suspéeler, et que l'acide phénique détruit en quelques instants à la dose indiquée, et aussi en raison des très grandes difficultés que l'on rencontre pour assurer une aseplie rigoureuse dans l'entourage d'un malade indigène.

Le sérum uñe fois prèt sera mis en ampoules de 10 c.c. qu'on conservera en glacière où à défaut dans un endroit frais. Charles Nicolle pense que le sérum garde ses propriétés préventives sûrement pendant un an, sans doute pendant deux.

L'époque de la maladie où ces propriétés sont les plus marquées va du sixième au quinzième jour de la convalescence, le premier étant celui qui suit le dernier jour de la fièvre. On choisira donc pour faire le prélèvement le jour le plus favorable dans cette période, [y à tout intérêt à le

choisir parmi les moins reculés.

La dose à inoculer est de 10 c.c. par voie sous-cutanée. On répétera l'inoculation en deux eas; s'il sagit d’une personne piquée par les poux, la deuxième inoculation se fera six à huit jours après la première; s’il s’agit de gens continuellement exposés à la contagion (personnel infirmier, médecins) dans ce cas on pourra répéter les inoculations tous les 10 à 12 jours.

La constitution d’un stock de réserve de sérum de convalescent est très difficile à réaliser, aussi Charles Nicolle essaya-{-il de se procurer ce sérum en inoculant des animaux. Malheureusement les gros animaux sont peu sensibles au virus typhique et leur sang est très pauvre en anticorps. Charles Nicolle tenta de provoquer chez l'âne un typhus fébrile en inoculant le virus par voie cérébrale. Il a réussi ainsi, mais de manière irrégulière, à obtenir des sérums fortement protecteurs. :

B. —— MÉTHODE DE ZINSSER.

Hans Zinsser et Ruiz Castañeda pour réaliser un sérum immunisant Injectent à un cheval une émulsion formolée de Ricketisia du virus Mexicain et réussirent à provoquer dans le sérum de cet animal une réaction de Weil-Felix positive à un titre assez élevé de l'ordre de 1/640°.

Partant de l'observation que le virus du typhus reste intra-cellulaire pendant les premiers jours de la maladie, et ne peut être atteint par les anticorps pendant ce Stade, les auteurs administrent le sérum immunisant à un animal de laboratoire que les 4° (2 c.c.) et 5° (0 c.c. 5) jours de la maladie. Appliqué de cette manière le sérum de cheval vac-

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ciné se montre efficace contre l'infection du cobaye par le” virus européen.

IT. — Immunisation par les vaccins Immunité active

a) Weigl a mis au point une technique originale : la culture des Rickellsia chez le pou. Il fait l'élevage en grand de ces insectes, et les poux adultes sont inoculés de virus par voie rectale à l’aide de pipettes très fines. Au bout de six à dix jours les /iickettsia se développent en abondance dans l'intestin de l’animal et les poux peuvent êlre utilisés. On les dissèque un à un, on recueille leurs intestins que l’on broie et que l’on met en suspension dans l’eau phéniquée. C'est cette suspension phéniquée de Rickettsia de poux qui constitue le vaccin de Weigl.

La vaccination par ce procédé comporte trois inoculations à huit et dix.jours d'intervalle. Il faut pour vacciner une personne de 120 à 150 intestins de poux.

La vaccination de Weigl est très répandue en Pologne et en Chine, et depuis son emploi les contaminations ont manifestement diminué, sans que toutefois la garantie soit absolue : on a vu des vaccinés contracter le typhus.

Un des grands défauts du vaccin de Weigl est que sa préparation est très compliquée. De plus il est très onéreux.

b) Hans Zinsser et Ruiz Castañeda, préparent une émulsion de Rickeltsia du virus mexicain provenant de la cavité péritonéale de rat, dont la résistance a été atténuée par les

fäyons X. Les rats font une maladie grave généralement mortelle s'accompagnant d'un développement intense de Aickellsia dans leur cavité péritonéale et leur sacs vaginaux. L'administration de ce vaccin confère une immunité active contre le virus mexicain à tous les cobayes infectés, et une immunité contre le virus européen dans une proportion variant de 30 à 50 %. Les auteurs en concluent à l'identité des deux virus américain et européen el attribuent les petites différences de leur caractère antigénique à leur passage chez des animaux différents.

Ce vaccin expérimenté au Mexique aurait donné des résultats très encourageants.

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