‹ La proposition infinitive simple et subjective dans la prose française depuis MalherbeChapitre 24 sur 163 · Ed. Ollendorff, p · texte numérisé non relu

Ed. Ollendorff, p

S. ERINGA. — La proposition infinitiue.

me respecter. — Te respecter, toi? — Oui, moi! — Te respecter. .. toi qui nous a tous déshonorés, par ta cupidité ! — BourGET, Le déinon de midi, I : Ils ont vécu ensemble, songeait-1il. Vivre ensemble, la nuit, le jour, le soir, le matin, elle si fine, et lui, d’étoffe si grossière !

Tantôt linfinitif rend l’idée exprimée dans la phrase qui précède, sans en reproduire exactement le verbe :

Marivaux, L'heureux stratagème, IT, sc. III ? : La marquise : Dorante vaut son prix, comtesse. Adieu. Sc. IV : La comtesse : Dorante! vouloir m'enlever Dorante ! Cette femme-là perd la tête, sa jalousie l’égare ! elle est à plaindre. — Les fausses confidences, VIT, sc. I[3 : Marthon : Ne dissimule point. Dubois : Moi, un dissimulé! moi, garder un secret ! Vous avez bien trouvé votre homme. — BEAUMaR- CHAIS, La mère coupable, V, sc. IV +: Le comte : Tant mieux! c'est tout ce que je veux. Ah! qu'il garde le reste. Figaro: Lui laisser par dépit l'héritage de vos enfants ? ce n’est pas vertu, c'est faiblesse.

Dumas PÈRE, Les trois mousquetaires, XVII 5 : Milady ne me connait pas, je mapproche d'elle sans qu’elle me redoute, et lorsque je trouve ma belle, je l'étrangle. — Fi donc, dit Aramis, tuer une femme! Non, tenez, moi, j'ai la véritable idée. — MusseT, 1 ne faut jurer de rien, II, sc. 1: Van Buck : C’est inutile, je ne souffrirai pas que cette mauvaise plaisanterie s'achève. Valentin : Vous dédire ! Comme vous voudrez; je me dédis aussi sur-le-champ. — AUGIER, Les Fourchambault, II, sc. I 7 : M"° Bernard : Ne vaudrait-il pas mieux avoir des enfants toi-même ? Bernard: Me marier ? Tu y reviens ? — Sarpou, La famille Benoiton, IL, sc. XIV : Et avec un peu plus de modestie, moins

. Éd. Plon-Nourrit, I, p. 93.

. Éd. Laplace-Sanchez, p. 388.

. Beaumarchais, Œuvres, Paris, Lebigre, 1832, [I, p. 313. . Éd. Nelson, IL, p. 210.

. Éd. Charpentier, p.316.

. Éd. Calmann-Lévy, p. 46.

. Éd. Calmann-Lévy, p. 1o1-ro2.

© 1 mu RE © D

d'ambition, deux domestiques supprimés et quelques réductions de dépenses superflues sur les chevaux, la toilette... Marthe : Quelletoilette ?...lamienne?... Didier: Mais, dame oui ! latienne !... Marthe: Réduire ma dépense… moi!...

Le phénomène que nous venons de constater ne se borne d’ailleurs pas à l’infinitif. Tous les mots qui dénotent un sentiment quelconque et qui frappent par là l'esprit de l'auditeur sont susceptibles d’être répétés de la même manière. L'infinitif, à son tour, peut se subordonner à un de ces mots et se répéter avec lui :

Musser, Carmosine, IL, sc. VIIT ! : La reine : Je vous ai afligée ? Vous me ferez croire que j'ai eu tort de venir ici, et de vous parler: comme je l’ai fait. Carmosine : Tort de venir l'ai-je dit cela, lorsque j'en suis encore à comprendre que la bonté humaine puisse inspirer une générosité pareille à la vôtre ! Tort de venir, vous, ma souveraine, quand je devrais vous parler à genoux !

Ce qui nous intéresse ici, c'est que l’infinitit ainsi répété se développe de la même façon que dans les autres propositions exclamatives. Il peut, lui aussi, être accompagné d'une interjection ou d’un terme d'appui quelconque :

MoLièrE, Les précieuses ridicules, sc. VII ? : Deuxième porteur : Je dis, monsieur, que vous nous donniez de l’argent, s'il vous plaît. Mascarille : Comment, coquin ! demander de l'argent à une personne de ma qualité ! — Ze malade imaginaire, III, sc. XIV 3 : Argan : Je pense, mon frère, que vous vous moquez de moi. Est-ce que je suis en âge d'étudier ? Béralde : Bon, étudier ! Vous êtes assez savant.

* Marivaux, La double inconstance, III, sc. VIII 4 : Fla- -

Page 1