‹ La proposition infinitive simple et subjective dans la prose française depuis MalherbeChapitre 36 sur 163 · Éd. Laplace-Sanchez, p · texte numérisé non relu

Éd. Laplace-Sanchez, p

s2 CHAPITRE II

MONTESQUIEU, Lettres persanes, CX : : Quelle gêne d'esprit, quelle attention pour concilier sans cesse les intérêts de deux rivaux, pour paraître neutre à tous les deux pendant qu’elle est livrée à l’un et à l'autre, et se rendre médiatrice sur tous les sujets de plainte qu ‘elle leur donne ! Quelle occupation pour faire succéder et renaître les parties de plaisir et prévenir tous les accidents qui pourraient les rompre!

M°° DE STAËL, Delphine, I, lettre XII ? : En achevant ces mots, il me tendit cette lettre. Quel prétexte pour la refuser ? — BourGET, Le démon de midi, XIII 3: Quelle maison pour y passer une lune de miel!

L’infinitif avec à est rare :

GoncourT, Sœur Philomène, Il + : Quel soin à bien écrire, à bien former ses a, à ne pas faire de pâté !

La construction syntaxique enfin prend sa forme complète dans les phrases suivantes :

PascaL, Lettres provinciales, VIT $ : Cette charité est veritablement grande, mon Pere, de sauver la perte de l’un par le dommage de l'autre. — Jb., IX © : Lecontre-temps seroit étrange de chercher des roses sur la neige. — MoLière, Les précieuses ridicules, sc. IX % : Je m'imagine que /e plaisir est grand de se voir imprimé. — La critique : de l'École des femmes, sc. I : Uranie : La délicatesse est trop grande, de ne pouvoir souffrir que des gens tués. Elise : Et /a complaisance est trop générale, de souffrir indifféremment toutes sortes de personnes.

LEsAGE, Gil Blas, IV, ch. IV ° : Imaginez-vous quel dut être l’étonnement de ce prince, d’y trouver un homme et de

. Éd. Hachette, p. 171.

. Éd. Garnier, p. 35.

. Éd. Plon-Nourrit, II, 270.

. Éd. Lemerre, Paris, 1890, p. 29.

. Éd. Brunschvicg, V, p. 146.

Éd. Despois-Mesnard, IL, p. 84.

. II, p.312.

. Éd. Garnier, I, p. 263.

© ŒuM An BR D

sentir une épée opposée à la sienne. — VOLTAIRE, Lettre au roi de Prusse (21 avril 1760) ' : Quelle cruauté atxz-twus de me dire que je calomnie Maupertuis, quand je vous dis que le bruit a couru qu'après sa mort on avait trouvé les œuvres du philosophe de Sans-Souci dans sa cassette ?— RoUssEau, La nouvelle Héloïse, 1, lettre XLIII * : Quel étrange empire est le vôtre, de pouvoir rendre les privations aussi douces que les plaisirs, et donner à ce qu’on fait pour vous le même charme qu’on trouverait à se contenter soi-même! — Jb., V, lettre V 5 : Concevez, mylord, quel tourment C'est de vivre dans la retraite avec celui qui partage notre existence et ne peut partager l'espoir qui nous la rend chère; de ne pouvoir avec lui ni bénir les œuvres de Dieu, ni parler de l'heureux avenir que nous promet sa bonté ; de le voir insensible, en faisant le bien, à tout ce qui le rend agréable à faire, et, par la plus bizarre inconséquence, penser en impie et vivre en chrétien !

SAND, Les maîtres sonneurs, V + : Grande fut ma surprise de voir accourir toutes les mules éparses enmi les blés. — PRÉvOST, Lettres à Françoise, XVIII 5 : Le résultat serait déplorable d'élever les jeunes filles à l’image de nos collégiens d’aujourd’hui.

Et c’est ainsi que l'infinitif, après avoir transmis son caractère émotif aux termes qui l’accompagnent, devient tout à fait dépendant du substantif qui le précède et se réduit à la fonction d’un simple complément adjectif avec de ou à:

SAINT-SIMON, Mémoires $ : On fait en France tout ce qu'on veut là-dessus, nulle voie de l’empécher, nulle justice à attendre. — Ib. 7 : Le domaine simplement utile laissé à

. Éd. Moland, I, p. 393.

. Éd. Garnier, p. 83.

. Éd. Lebègue, Bruxelles, 1853, t. 1, p. 83.

Éd. Lemerre, p. 205.

. Éd. Boislisle, XV, p. 467.

- XX, p. 33.

JON RBS D

M. de Bouillon n’opéroit rien à cet égard : pas un mot des droits, de l’effet, de l’exception de la souveraineté ni d’état personnel de souverain, ni dans le contrat d'échange, ni dans le brevet de rang de prince étranger, nulle raison, nul prétexte, même le plus frivole, à M. de Bouillon, de n’éfre et ne s'avouer pas sujet du Roi, lui duc et pair, grand chambellan, et qui n’avoit pas même un Roues de terre hors du Royaume, ni lui nises enfants. — Jb.* : Je lui appris... que... la résolution éloit prise et arrété entre nous de faire énoncer par nos avocats en plaidant.. les raisons et les motifs de chacun des déserteurs. — Jb. ? : L'activité fut grande à réparer un inconvénient si fâcheux.

CHATEAUBRIAND, Le génie du christianisme, IV, lettre VI, ch. XIII 3. Point d'esprit de prosélytisme chez les anciens; aucune ardeur pour enseigner ; point de retraite au désert pour y vivre avec Dieu et pour y sauver les sciences. — Huco, Les snisérables, 1, livre V, ch. VIIL 4: Pur acharnement de voir, de savoir et de pénétrer. Pure démangeaison de dire.

L’infinitif interrogatif remplit en français moderne les fonctions les plus diverses.

Il figure comme sujet logique d’un verbe impersonnel : IL YA:

MaALHERBE, Le XXIIE livre de Tite-Lives : En l'affaire de Corinthe, Chalcis et Démétriade, :/ y avoit de quoi douter. — Lettre à M. de Balzac7 : Je ne crois pas qu'il y ait de quoi m'accuser de présomption. — CorNEILLE, Théodore, leitre à

. XX, p. 280.

. XX, p. 295.

. Éd. Garnier, IL, p. 284.

. Éd. Lacroix, t. II, p. 86.

s. Le fait que le pronom interrogatif assume ici la fonction d’un relatif ne saurait np notre point de vue. Il montre tout au plus que dans certains cas il n’y a pas de limite bien tracée entre l’interrogatif et le relatif.

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