‹ La proposition infinitive simple et subjective dans la prose française depuis MalherbeChapitre 43 sur 163 · Éd. Lalanne, IL, P · texte numérisé non relu

Éd. Lalanne, IL, P

en elle qui puisse lui servir d’instrument pour ébranler ce que ses idées lui représentent. — Lettre à l’Académie, IN :: Il faudrait même les comparer ensemble, pour donner au lecteur de quoi juger du degré d’excellence de chacun d’entre eux. — La BRUYÈRE, Caractères, Des femmes ? : L'on peut tirer de ces deux caractères de quoi en faire un troisième, le pire de tous. — Jb., Des grands 3 : Je ne sais où la robe et l'épée ont puisé de quoi se mébriser réciproquement.

RoussEAU, La nouvelle Héloïse, IV, lettre XIV +: Je vous ai vue quelquefois sourire à mes observations sur l'amour; mais pour le coup jetiens de quoi vous humilier. — Les confessions, I, livre IT $ : Joignez à tout cela des stations fréquentes et bonnes, un grand appétit et de quoi le contenter.

CHATEAUBRIAND, Le génie du christianisme, II, livre V, ch. IV 6 : Si l'Écriture.. renferme des mystères capables d’exercer les plus éclairés, elle contient aussi des vérités simples. : elle porte à l'extérieur de quoi allaiter les enfants et dans ses plus secrets replis de quoi saisir d’admiration les esprits les plus sublimes. — Jh., IV, livre IIE, ch. 17: Au printemps, il [Jésus-Christ] s’assied sur une montagne, et tire des objets environnants de quoi instruire la foule assise à ses pieds. — Musser, André del Sarto, II, sc. [ 8: Voilà un gentilhomme blessé à mort. Apporteznous un verre d’eau et de quoi panser la plaie. — FLAUBERT, Mr Bovary, I, ch. II 9°: Il se donnait un mal de cinq cent diables, bien qu’il ne fit pas... de quoi avoir seulement du beurre sur son pain.

Les deux tournures. que nous venons de discuter dans

1. Fénelon, Lettre à l'Académie, p. p. À. Cahen, Paris, 1920, 8e éd., . Éd. Servois, I, p. 176.

Ed. Garnier, p. 430.

. Éd. Garnier, I, p. 333.

. Éd. Charpentier, p. 165.

. Éd. Charpentier, p. 280.

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ce cha pitre se développent donc de manière fort différente. Le su bstantif qui se combine avec un infinitif affectif en ‘renforce la valeur émotionnelle, et la phrase se distingue par la richesse de ses variantes. L'infinitif précédé d’un aderbe interrogatif perd en grande partie son caractère émotif, qui disparaît dans la structure logique de la phrase. Les deux tendances signalées au début de notre étude se font ici nettemment sentir. Elles se confondent plus ou moins dans ies types de phrases que nous aurons à examiner dans les chapitres suivants. |

S. ERINGA. — La proposition infinitive. | ÿ

L'infinitif pur employé comme sujet simple.

L'infinitif pur, employé comme sujet de la phrase, se présente dès le latin classique, où il peut se faire précéder d’un pronom démonstratif ou possessif :

Errare humanum est. — Cic., Disp. T., V,111 : Docté homini vivere est cogitare. — Tusc., IV, 46 : Ipsum 1llud aemulari non esse inutile. — Ad Attic., XIIL, 21,3 : Inbibere illud tuum, quod valde mihi adriserat, vehementer displicet. — Brut., 140 : Ipsum latine loqui est illud quidem in laude ponendum :.

” Cet usage s’étend dans le latin postclassique, où linfini-

tif s'ajoute même le génitif d’un pronomet d’un substantif.

En vieux français linfinitif sujet, également, peut être précédé ou non de Particle :

Merlin, Il, 163 : Li retorners, che dist Gifflès, seroit folie. — Roman de la Rose, v. 2507 : Gesir est ennuieuse chose, Quand l'en ne dort ne ne repose ?.

1. Cf. E. WôlMio, Der substantivierte Infinitivus (Archiv für lat. Lexicographie, ID ; C. Schäfer, Der substantivierte Inf. im Franzôsischen, Diss. Kiel, 1900.

2. Merlin, roman en prose du xxtre siècle, p. p. G. Paris et J. Ulrich (Société des anciens textes français, Paris 1886). — Le Roman de la Rose, éd. Fr. Michel, Paris, 1864. — Cf. H. Kjellman, La construction de l'infinitif dépendant d'une locution impersonnelle en français des origines au XVe siècle, thèse d’Upsal, 1913, p. 262 sqq. Pour le xvie siècle, . voir F. Brunot, Histoire de la langue française, Paris, Il (1906),

Les mèmes conditions se présentent en français moderne. L’infinitif y est précédé de l’article dans :

MaALHERGBE, Lettre à monseigneur le duc de Luynes : : Les finances, au maniement desquelles, pour ce que le pécher est s1 profitable, il est si malaisé de ne pécher point. — Les épitres de Sénèque, XI ? : Le rougir est du nombre de ces infirmités. — 1b., LXXXI 5 : Comme le payer est plus agréable que l'emprunier, par la même raison nous devons être plus aises de rendre une courtoisie que de la recevoir. — Lettres à divers +: Le bien régner, à mon avis, ne consiste €n autre chose tant qu’en la distribution des charges aux personnes de mérite. — 1b.$ : Le vivre et le vieillir sont choses si conjointes que l'imagination même a de la peine à les séparer. — DESCARTES, Sixième méditation $ : Le boire Est nécessaire à la santé du corps. — Réponses aux quatrièmes Mméditations ? : Entre les mouvements qui se font en nous, il ÿ En à plusieurs qui ne dépendent point du tout de l'esprit, tOnme sont le battement du cœur, la digestion des viandes, 4 Dütrition, la respiration, le marcher, chanter, et autres #Ons semblables, quand elles se font sans que l'esprit y Pense. __ Pascar, Lettres provinciales, IX 8 : Le simple vivre St In comparablement plus malaisé que Le bien vivre. — P Ses ?: Le croire est si important ! Cent contradictions LES mt vraies. — FÉNELON, Traité de l'existence de Dieu, 1, h. LE 0: Le bon vouloir est ce qu'il y a de plus précieux dans Lhomme. — BEAUMARCHAIS, Le mariage de Figaro, V, S [TX x: Pour bien gagner du bien, /e savoir-faire vaut MU XX que le savoir. |

l+ Æ d. Lalanne, I, p. 393. |

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