Ed. Lalanne, IV,p
vous-même est en votre pouvoir, en disant : « Mal parlé, il devoit dire : n’aimer que vous-même, etc., ou bien : il est en votre pouvoir de n'aimer que vous ».— Cette observation nous paraît conforme au point de vue que nous avons adopté. Exprimer par de le rapport causal entre l’infinitif sujet et le prédicat convient essentiellement aux verbes impersonnels : il est donc assez naturel qu’au xvir* siècle on ait éprouvé le besoin d’intercaler un sujet apparent dans ce genre de propositions. Ce sujet grammatical peut être le pronom 1/:
MALHERBE, Commentaire sur Desportes * : On peut bien en fuyant tuer quelques-uns des poursuivants ; mais de vaincre, il estinimaginable. — Ib. ? : De le rapporter à la foi, il ne se peut. — La BRUYÈRE, Caractères, De la ville : Voilà un homme, dites-vous, que j'ai vu quelque part : de savoir où il m'est difficile; mais son visage m'est familier.
Bien plus fréquent est le démonstratif ce, cela, dont l’emploi est beaucoup plus ancien et s’appuie sur le latin classique : |
MaALHERBE, Lettres + : De demander pourquoi il fait les choses avec cette diversité, c'est une question dont peut-être nous serons éclaircis quand nous serons en lieu où la lumière sera plus grande. — Commentaire sur Desportes $ : D'avoir les yeux tantôt doux et tantôt rigoureux, cela se peut, mais non le reste. — DESCARTES, Discours de la méthode $ : Mais ce ne pouvoit être le même de l’idée d’un être plus parfait que le mien : car, de la tenir du néant, c'étoit chose manifestement impossible. — Pascai, Lettres provinciales, XVII 7 : Ce n’est pas qu'il n’y eust bien de l’apparence que
. Éd. Lalanne, IV, p. 349.
; IV, p. 443.
. Ed. Servois, I, p. 285.
Éd. Lalanne, IV, p. 221-222.
. IV, p. 254.
. Éd. Adam-Tannery, VI, p. 34.
. Éd. Brunschvicg, VI, p. 352.
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vous disiez vray ; car de dire que des paroles sont mot à mot dans un auteur, c’est à quoy l'on ne peut se mébrendre.. — 1b., XVII : : Dites que ce sont des ignorants et des stupides, et qu’ils entendent mal Jansenius ;... mais de les appeler hérétiques, cela n'y a nul rapport. — MoLiÈrE, Monsieur de Pourceaugnac, I], sc. IV ? : De vous dire que cette fillelà mène une vie déshonnête, cela seroit un peu trop fort. — BoiLEAU, Traité du sublime, VIII 3 : En effet, de trop s’arréler aux petites choses, cela gäte tout. — Ib., XXVI + : D’appeler l’eau une divinité sobre, et de se servir du terme de chätier pour tempérer ; en un mot, de s’étudier si fort à ces petites finesses, cela sent, disent-ils, son poëte, qui n'est pas lui-même trop sobre.
MarivAUXx, L'heureux stratagème, T, sc. V 5. : Il vous est fort permis de souhaiter que j'en aie[de l'amour]; mais de venir me reprocher que je n’en ai point, cela n’est pas raisonnable. — LESAGE, Gil Blas, II, ch. VII $ : Dans cette situation, je ne savais à quoi me résoudre : de relourner sur mes pas, quelle scène pour mes camarades ! c'était me livrer à toutes les mauvaises plaisanteries du monde ; d'aller aussi chez Mergelina dans le bel état où j'étais, cela me faisait de la peine. — VouTaIRE, Lettre à M®° de Fontaine (27 février 1761) 7 : C’est beaucoup d’être indépendant ; mais d'avoir trouvé le secret de l’être en France, cela vaut mieux que d’avoir fait la Henriade. — Rousseau, La nouvelle Héloïse, IV, lettre XIV 8% : De vous dire que mes jeunes gens sont plus amoureux que jamais, ce n’est pas sans doute une merveille à vous apprendre. De vous assurer au contraire qu'ils sont parfaitement guéris, vous savez ce que peuvent la raison, la vertu ; ce n’est pas là non plus leur plus grand miracle.
. VII p. 36.
. Éd. Despois-Mesnard, VII, p. 297.
. Éd. Amar, III, p. 60.
. JE, p. 135.
Éd. Laplace-Sanchez, p. 366.
Éd. Garnier, I, p. 135-136.
. Éd. Moland, I, p..427.
. Éd. Garnier, p. 430.
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SAND, Les maîtres sonneurs, VI: Si on te questionne demain, dis que tu n'as rien vu, car de témoigner en justice contre un muletier, c’est quasiment aussi mauvais que de témoigner contre un seigneur... Joseph avait raison ;... mais je n'en étais pas plus content pour ça, car de reculer devant la crainte d’un défi, c’est sagesse pour les vieux et dépit pour les jeunes. — DaubDeT, Jack, II, ch. VII? : De se sentir Si près de lui, cela la remettait en présence des années heureuses qu'ils avaient jadis vécues ensemble. — Jb., II, ch. X 5 : De revoir sa mère, cela lui fera du bien à ce malheureux.
L'emploi de la préposition de est assez fréquent dans les substantives dépendant d'un verbe déclaratif, et dans les autres phrases de subordination :
MALHERBE, Le X XIIT° livre de Tite-Live +: Toutefois, pource que c’étoit une affaire faite et que d’en témoigner du déplaisir, cet élé faire avec danger une chose qui n’auroit de rien servi, ils se résolurent de tenir bonne mine. — Jb. 5 : La dernière opinion fut suivie ; et jugea-t-on que d'y pourvoir un peu plus tôt ou un peu plustard ce pouvoit bien être chose de quelque conséquence. — PascaL, Pensées © : Tants’en faut que d'avoir oui dire une chose soît la règle de. votre créance, que vous ne devez rien croire sans vous mettre en l’état comme si jamais vous ne l'aviez oui. — M°° DE SEÉVIGNÉ, Lettre à Mr de Grignan (6 novembre 1675) ? : Il me paroît que de mentir sur une chose de fait et connue... c’est donner hardiment de la fausse monnaie. — M"° DE LA FAYETTE, Zaïde, I © : Il faut avouer que de n’espérer plus de posséder Bélasire éloit une cruelle chose pour un homme qui s'en étoit vu
. Éd. Lebègue, t. I, p. 88.
. Éd. Dentu-Flammarion, p. 431.
. Éd. Lalanne, I, p. 399.
. EL, p. 454.
. Éd. Havet, XXV, 49, p. 513.
Éd. Monmerqué, IV, p. 216.
… Éd. Auger, p. 97-98.
si proche et qui l'aimoit si éperdument. — BoisEAU, Lettre au comte d'Ericyra (1697): : Il m'a paru que d’avoir un traducteur de votre capacité et de votre élévation étoit pour moi un titre de mérite, qui me distinguoit de tous les écrivains de notre siècle. — Lettre à Brossette (1° avril 1700) ? : S'il avoit laissé passer la sienne [sa colère], il auroit vu que de traiter de haut en bas un auteur approuvé du public, c'est traiter de haut en bas le public même ; et que me mettre à califouréhon sur le Lutrin, c’est y mettre tout ce qu’il y a de gens sensés. — SAINT-SIMON, Mémoires 5 : Il pouvoit se flatter que d'être admis au Conseil ne seroit pas une grâce difficile; maisil soutint que quitter le commandement des armées sur les malheurs qui lui étoient arrivés, ce seroit se déshonorer.
BRUNETIÈRE, Essais sur la littérature contemporaine + : Et de là, puisque ces lois ne sont pas autre chose que l’expression de ces rapports, il en résulte que, de nier la possibilité de la critique objective, c’est nier la possibilité d’une science quelconque. — PRÉVOST, Lettres à Françoise, XXIV 5 : Puis je pensai à vous, Françoise, et je me dis que d'avoir su vous plaire et d’être pour vous le complice rêvé de lPavenir heureux, c'est une fortune autrement rare que de publier un roman loué par Sarcey, ou d’être M. Pierpont-Morgan, le célèbre milliardaire américain.
Ce n’est pas seulement la fonction spéciale de linfinitif qui explique ici la présence de la préposition de, c’est aussi la facilité avec laquelle de s’introduit après la conjonction. Du moment qu’il importe d'exprimer le rapport logique entre la principale et la subordonnée, on en vient naturellement à énoncer la relation entre l’infinitif et la locution impersonnelle qui suit. Ce qu’il y a d’intéressant c'est que, évi-