‹ La proposition infinitive simple et subjective dans la prose française depuis MalherbeChapitre 61 sur 163 · Éd. Lemerre, p · texte numérisé non relu

Éd. Lemerre, p

4. Dans les Sfudier i Modern Spräkvetenskap, publiées par la Nyflologiska sällskapet i Stockholm (Upsala, 1908, IV), nous trouvons, parmi les. Mélanges syntaxiques de À. Malmstedt, un article sur l'infinitif sujet avec de, auquel nous empruntons le passage suivant (p. 76 sqq.) : « Au XVIe et XVIIe siècles cet infinitif... est très souvent précédé de la préposition, avant le verbe aussi, auquel cas il est ordinairement répété sous la forme de ce ou cela (Zs. f. neufranzôs. Spr., IV, 166 et IX, 298). Nous ne connaissons du xvirie siècle que trois exemples dont l’un anacoluthique... Pendant les deux premiers tiers ou les trois premiers. quarts du xixe siècle cette construction ne semble pas avoir été très. usitée, à en juger par le fait que dans les deux thèses sur l’inf. en français moderne de MM. Wigert et Modin, parues en 1875, il n’en est pas. fait mention. Dans les grammaires de MM. Lücking et Plattner elle. n'est pas non plus mentionnée, et dans celles de MM. Gullberg et Erdstrôm et de M. Vising elle occupe une place très effacée. Mais au cours des vingt ou trente dernières années, elle a eu une vogue toujours croissante, et parmi les auteurs chez qui elle se rencontre fréquemment nous nommerons Erckmann-Chatrian, Catulle Mendès, Sarcey, Brune--

C’est donc surtout dans les phrases de subordination que l’on constate la suppression du sujet grammatical. Dans la phrase simple ou de coordination l’emploi de l'infinitif avec de sans sujet apparent est assez rare :

BourGET, Le démon de midi, VIT’ : Son âme souffrait, elle ne détestait pas son péché. Bien au contraire, voici que d'y penser douloureusement lui en redonnait la nostalgie. — Ib., VIIL: : D'entendre cette messe et sans doute infligé à la naïveté du jeune homme une désillusion salutaire. — 1b., VI5 : Tu me manquais beaucoup, mais de revoir ce brave ménage, m'élait tout de même une joie.

La préposition de exprimant la felation entre l'infinitif et la proposition suivante ne se rencontre pas seulement dans les phrases où l’infinitif figure comme sujet logique. Voici quelques exemples où cette relation se modifie grâce au changement subi par la structure de la principale :

MaALHERBE, Traité des bienfaits de Sénèque, I, ch. I 4 : Mais aussi de le méconnaître il y a de la vilenie extréme. — Les épitres de Sénèque, XLVIT* : Il dépend de nous d’être ou bons ou mauvais, mais d'être employés à une chose ou à l’autre, cette distinction appartient à la fortune. — Lettres à Peiresc © D'écrire tant de fois une même chose, 5] n’y a point d'ordre. — La BRrUYÈRE, Caractères, Des grands ï : Les grands se

tière et Doumic... C’est surtout depuis les 25 ou 30 dernières années que cet usage a fait de rapides progrès. » — Ces progrès, évidemment, sont moins rapides que ne croit M. Malmstedt, puisqu'au xvirte siècle et au début du xixe les exemples de l’infinitif sujet avec de sont loin d’être rares.

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