Sensine, p
to. Éd. Lemerre, p. 142
11. Éd. Charpentier, p. 229. | | 12. Op. cit. I, 31, p. 213, éd. franç. p. 269; cf. Rydberg, Le dévelop-
bement de facere dans les langues romanes, 1893.
pour effet et s’emploierait sans sujet dans le véritable sens du terme. I! fait doit donc être traduit par : une chose qui n'est pas à déterminer a pour effet ce qui est exprimé par linfinitif précédé de l'adjectif. Telle aurait été la valeur primitive de cette tournure, telle en est, selon Tobler, la véritable nature encore de nos jours, bien qu’on ne s’en rende pas toujours compte.
M. Kjellmann : critique l'hypothèse de Tobler en faisant observer qu’elle n’explique guère tous les exemples que le moyen âge nous fournit de cette combinaison, notamment ceux où l’'infinitif a un régime pronominal ou substantif, et ceux dont le sens ne répond pas à l'exposé du grammairien allemand :
BENOÏT DE SAINTE-MAURE, Roman de Troie, v. 392 :
Moult le fera bien escouter. — Ib., v. 20669 : Les dames claime trichereces Et les pueceles mentereces, Dit mal fier se fait en eles. — CHRESTIEN DE TROYES, Cligés, v. 677 : Mauveis joër se fet a lui. — Ib., v. 1030 : Si le me fait chier comparer. — Ib., v..5324 : Meis le commandemant Saint Pol Feit bien garder etretenir. — Erec, v. 1222 : Por ce feit il buen consoil prandre. — BENOÎT DE SAINTE-MAURE,
Roman de Troie, v. 16502 : Des ore il fait bien escouter. — Chronique des ducs de Normandie, I, v. 22$ : Muet li fereit bien demander, Buen aprendre, bon escouter ?.
M. Kjellman voit dans 1/ fait bon demourer une recomposition de ce fait bien à demeurer, sous l’influence de la phrase : bon est faire, traduisant le latin bonum est facere. Cette hypo-