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chefs de famille payant au moins

1.000 francs de contributions; il n’y enaque 15,000, approximativement, payant au moins 500 francs. Au-dessous de ces cotes, voici le tableau offert par des relevés dignes de foi :

chefs de famille payant

300 fr.

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25 et au-dessou8,

Et l’on traiterait d’aristocratie une propriété foncière dont la plus grande partie est entre les mains de ceux qui payent 200 francs de contributions et au-dessous! La petite propriété a même été fort attaquée de nos jours sous le nom de morcellement ^ comme funeste à l’agriculture. Il est trèsvrai que ce morcellement est sur plusieurs points excessif. Prise dans sa généralité, la petite propriété n’en a pas moins produit beaucoup de bien, au point de vue moral et économique. Elle est très-productive par l’énergique travail qu’elle développe. Elle forme des millions de familles attachées au sol. Quant aux maisons, on a estimé que, à Paris, qu’on peut prendre comme type de beaucoup d’autres grandes villes, plus d’un quart a pour propriétaire un homme enrichi w par le petit commerce, la truelle, la lime, le rabot. La plupart des autres ont pour maîtres des fils ou petits-fils d’ouvriers et de paysans.

Messieurs, la proprié té prendra de plus en plus ce .caractère démocratique et populaire

dont je vous ai entretenus. Elle deviendra de plus en plus, le passé nous répond de l’ave-

nir, accessible aux masses laborieuses. Si les paysans aujourd’hui sont en grand nombre propriétaires, les ouvriers laborieux et éco" nomes le deviendront à leur tour ! Je me reprocherais de faire naître des désirs irréalisables, de même que de flatter trop le tableau de votre situation dont je connais les souffrances. Mais enfin tout tend à généraliser le bien-être et à diminuer la somme de misère. La masse des économies augmente. L’instruction, la moralité, l’association sagement pratiquée non -seulement dans le travail, mais plus encore dans l’épargne et la prévoyance, contribueront pour une forte part à accroître le nombre des •propriétaires de capitaux, je n’ai nul doute à cet égard.

Déjà, messieurs, certains essais que je cou-.# sidère, quant à moi, comme des gages d’avenir, ont été faits pour appeler un certain nombre d’ouvriers naguère nécessiteux à la propriété. On vous a parlé ici des cités ouvrières de Mulhouse. Ces maisons ne sont

pas les vastes demeures qu’on a quelquefois construites sous ce nom de cités ouvrières. Ce sont, au contraire, de petites maisons qui appartiennent aux ouvriers eux-mêmes, ou qui leur appartiendront dans quelques années. En attendant, ils les louent à un prix très-modéré; et, par le fait seul de cette location régulièrement payée, en vertu d’une combinaison que je ne puis vous expliquer en ce moment, ils en sont ou en deviendront, d’ici à peu de temps, propriétaires définitifs. Cette maison, elle peut loger commodément une famille. Il s’y joint habituellement un petit jardin. Vous ne sauriez croire combien ce modèle de propriété ouvrière, imité dans d’autres villes, a déjà produit d’heureux fruits. Les âmes s’y sont épurées, les habitudes ennoblies par l’aban- ^ don du cabaret, les corps s’y sont fortifiés I La famille ouvrière, trop souvent dispersée et dissoute par la manufacture, et ne se reti'ouvant que pour quelques heures de nuit dans de tristes réduits, étroits, incommodes, insalubres souvent, a trouvé là comme un

nid où elle se développe ; nid d’affections saintes, nid de verdure aussi, où les enfants s’ébattent joyeusement et où viennent chanter les oiseaux. Messieurs, j’ai défendu la propriété comme une institution légitime, bienfaisante, favorable à la masse humaine. Mais laissez-moi vous le dire en finissant : quand je la rencontre sous cette forme populaire , sous cette forme bénie, je fais plus que la comprendre et la défendre, je m’incline devant elle avec respect et attendrissement. Je souhaite, et c’est plus qu’un vœu, c’est une espérance, je souhaite qu’elle se généralise dans une forte mesure au profit de ces populations laborieuses , dont tout effort mérite d’être encouragé et récompensé, en raison même des difficultés qu’elles ont à vaincre.

Impr. L. TOINON et Comp., à Saint-Germain

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