CAPACITÉ MOYENNE DES CRANES DE L'AGE DE PIERRE
58 masculins .♦ 1.5*4
30 féminins 1,422
La capacité moyenne des crânes masculins sauvages est inférieure de 16 centimètres cubes \ tandis que celle des crânes féminins est supérieure de 84 c c.
(L/Manouyeukii, de la Quantité rk l'encéphale [Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, 111, 1835].)
de ses victoires, raconte Hérodote, élevait des obélisques chez les peuples vaincus, et, aûn dQ marquer son mépris pour ceux qui ne lui avaient pas opposé de résistance, il faisait graver dessus, comme emblème de leur lâcheté, l'organe sexuel de la femme; la langue populaire de France conserve le souvenir de ce sentiment quand elle désigne du nom du même organe l'homme imbécile. Par contre, les Femmes guerrières des tribus dahoméennes emploient l'épi thqte homme comme une injure. L'homme supplanta la femme dans la direction de la famille pour secouer son ascendance et s'emparer de ses biens et pour satisfaire sa propre jalousie.
Car probablement cette révolution familiale fut déterminée par l'accroissement des richesses mobilières; il valait alors la peine de détrôner la femme de son autorité. Cette dépossession s'accomplit plus ou moins brusquement et brutalement selon les peuples. Tandis que les Lacédémonïennes conservaient jusque dans les temps historiques une partie de leur indépendance el de leurs biens, ce qui faisait dire a Àristote que c'était chez les peuples exclusivement adonnés à la guerre que les femmes exerçaient le plus d autorité, à Athènes et dans les villes maritimes, enrichies de bonne heure par Le commerce, elles furent violemment expropriées de leurs droits et de leurs biens. Les femmes de l'Attique défendirent leurs privilèges les armes à la main, et se battirent avec une énergie si désespérée que toute la mythologie et même l'histoire grecque garde le souvenir de ces luttes héroïques.
De ce bref aperçu de révolution familiale, je retiens ce fait important que la constitution de la famille individuelle sous la forme matriarcale d'abord, patriarcale
PROPRIÉTÉ COLLECTIVE CONSENT. UtNE 357
ensuite, brisa le communisme de la gens* 11 se forma dans son sein des familles particulières, qui eurent des intérêts privés et indépendants de ceux délabras; celleci n était plus la famille commune de tousses membres, mais un ensemble de familles consanguines, c'est-a-dïrc issues d'un ancêtre commun,
La propriété commune de la gem dut à son tour se morceler pour constituer la propriété privée des familles désagrégées.
Propriété collective consang^imie.
Les terres continuent â être possédées en. commun après que la gens s'est fractionnée en familles privées, matriarcales ou patriarcales ; mais elles ne sont plus cultivées en commun, et leurs récoltes ne sont plus consommées en commun par tout le clan : elles sont annuellement partagées entre les familîes désagrégées du clan; chacune cultive son lot et possède sente les récoltes qu'elle a été seule à produire. Ce nTest pas encore la propriété privée du sol, mais l'usage privé de la terre,
La famille n'est pas formée par un seul couple, mais par plusieurs ménages1 étroitement apparentés ; elle est un feu, selon l'expression du moyen âge, c'est-àdire un ensemble de ménages vivant en communauté « au même pain et au même pot », et autour d'un même foyer. Le communisme de la gens est remplacé par le communisme d'un plus ou moins grand nombre de fa-
milles unies par les liens du sang, alors naît le colléetivisme consanguin1.
Les terres arables sont divisées en longues et étroites parcelles, puis réunies en autant de lots qu'il y a de ménages dans les feux ; ces lots, formés de parcelles de différentes qualités, sont aussi égaux que possible, car la plus scrupuleuse égalité doit présider aux partages : chaque ménage reçoit une quantité de terres équivalente à ce que peut labourer en deux jours une paire de bœufs ; cette unité de mesure est aux Indes de deux charrues et à Rome de deux jugera 2. Une partie des terres pst mise de côté pour accroissement possible de la population, pour dépenses générales, payement des impôts, des fonctionnaires du village, etc. Cette réserve, d'abord cultivée en commun, est par la suite affermée.
*. La propriété collective consanguine, sous le nom de mzV, de marche, de communauté de village, etc., a dernièrement été étudiée en Allemagne par Haxthausen, Maurer, Engels, etc. ; en Angleterre par Kemble, Maine, Gomme, etc.; en Belgique par Laveleye; en Russie par M0»* Efinrenko, Kovalewsky, etc.; en France par Paul Viollet.
Je donne à cette forme de propriété le nom de collectivisme consanguin pour la distinguer du communisme primitif dont elle dérive, et parce que primitivement les familles qui avaient droit au partage annuel des terres communes reconnaissaient toutes un ancêtre commun.
2. Varron et Pline nous apprennent que Romulus, après avoir mis de côté des terres pour le culte et le domaine public, comme cela se pratiquait au Pérou, fit trois parts, une pour chacune des trois tribus; chaque part fut divisée en trente lots pour les trente curies, qui de nouveau furent subdivisées en parcelles, de façon que chaque famille reçût une quantité de terre équivalente à deux jugera. —Lejugum ou jugerum est une mesure de surface qui désigne la quantité de terre que peut labourer en une journée un joug de bœufs.
Les lois, une fois faits, sont Lires au sortaûn qu'il n'y ait pas de passe-droits ni de sujets de mécontentement. On retrouve ce partage de terres et ce tirage au sort pour ]a distribution des lots chai: tous les peuples, — L'Éternel ordonne aux Israélites, entrant dans la terre promise, de partager les terres par tribus et par familles proportionnellement au nombre de leurs membres et de distribuer les parts par la voie du sort : dans les langues grecque et latine le mol sort — • kleros et sors — signifie également patrimoine ; car les pères de famille recevaient au sort leur domaine familial. En cas de plainte justifiée, on redresse Terreur en accordant a la famille une part supplémentaire prise sur h réserve.
Les personnes qui ont assisté a ces partages agraires ont été étonnées de l'esprit d'égalité qui y préside et de l'art des paysans arpenteurs, Haxlhausen raconte que - le ministre des domaines de la couronne de Russie, te comte KisselefT, a fait faire en plusieurs endroits du gouvernement de Woronïeje l'arpentage et l'estimation des terres par des arpenteurs et des taxateurs de profession, sachant leur métier à fond. Les résultats de '-c travail prouvèrent que l'arpentage des paysans était entons points, sauf quelques différences insignifiantes, parfaitement conforme à ïa vérité. Qui sait encore lequel des deux était le plus exact * ? »
Les pâturages, les forêts, les eaux t les droits de chasse et de pêche, d'autres usages et bénéfices, tels que impôts prélevés sur les caravanes, sur les marchands, etc.,
i. À. ph Haxteausen, Études sur la situation inférieure, la vie nationale et tes institutions rurales de la Russie ; édition frîiDçaifie, 1847.
m LE COLLECTIVISME CONSANGUIN
demeurent indivis, et leur jouissance est commune â tous les habitants du village.
Bien que les terres arables soient partagées périodiquement entre les ramilles qui en possèdent les récoltes, cependant le village, c'est-à-dire l'ensemble des familles qui le composent, conserve son droit de propriétaire. Les cultures se font sous la surveillance du conseil des anciens ou de son délégué. « Une famille ne peut cultiver à. sa guise son lot, dit l'agronome Marshall, parlant des villages collectivistes de l'Angleterre du , siècle dernier ; elle doit semer sur son champ le même grain que les autres familles de la communauté K » Même lorsque la terre cesse d'être partagée, le propriétaire n'en possède que ta surface ; « tout trésor trouvé dans son champ ne lui appartient pas, mais revient à la communauté : il en était de môme pour les métaux et le charbon, qu'on n'ohli'iuiil qu'on creusant la surface. Tous ces droits ont été volés par les seigneurs et les rois, à leur seul profit a. » La concession perpétuelle des mines en France est un attentat contre le droit communiste.
Le système de culture est généralement la rotation des trois champs et parfois des quatre. Toutes les terres Arables du village sont divisées en trois parts égales, qui alternativement sont ensemencées, la première avec des grains d'hiver (blé et seigle) et la deuxième en grains d'été (orge, avoines, pois, etc.) ; la troisième année elles sont laissées en jachère-
Le genre de grains à semer, Fépoque des semailles
i. Màhshàli/, Efcmentanj and praotlcal treatise an landed jtroperty ; 1SÛ4.
2, F, EjgelSj Sooialism utopian and scientific ; 1892.
et le moment de la moisson sont fixés par le Conseil communal. Chaque village des Indes, rapporte Sir G. Campbell, possède un astrologue, dit Brahmine-calendrier, chargé de désigner les jours propices pour semer et récolter. Haxthausen, observateur intelligent et impartial des mœurs collectivistes du mir russe, constate que Tordre le plus parfait, semblable à une discipline militaire, dirige les travaux des champs. Le même jour, à la même heure, tous les paysans se rendent à l'ouvrage, les uns pour labourer, les autres pour herser, etc. , et tous reviennent ensemble. « Cette régularité n'est pas prescrite par le staroste, ancien du'vi liage, elle est le résultat de cet esprit de sociabilité qui distingue Je peuple russe et du besoin d'union et d ordre qui anime la commune. » Ces caractéristiques, qui étonnent le fonctionnaire prussien et qu'il croit spéciales au peuple russe, sont données par la forme collective de la propriété et ont été retrouvées partout.
Maine, qui, en sa qualité de jurisconsulte du gouvernement anglais aux Indes, a pu étudier de près les collectivités villageoises, dit : « Le conseil des anciens ne commande rien; il déclare seulement la coutume :il ne promulgue pas ce qu'il croit avoir été commandé par une puissance supérieure : ceux qui sont les plus autorisés pour parler sur ce sujet, nient que les indigènes de l'Inde aient besoin d'avoir une autorité politique ou divine, comme base de leurs coutumes; leur antiquUé est considérée comme une suffisante raison pour les suivre aveuglément1. »
La discipline militaire dont parle Haxthausen est
1. H.-S. Maine, Village communities in the East and the West.
chose naturelle et non commandée, comme le sont les mouvements des soldats ou les manœuvres des travailleurs des Bonanza farms, ces colossales exploitations agricoles du Far- West américain.
La moisson terminée, les terres distribuées aux familles redeviennent propriété commune ; tous les habitants du village ont droit d'y envoyer paître leurs bestiaux. Cette coutume de remettre les terres en commun pour la vaine pâture s'est conservée en France longtemps après Tinstitulion de la propriété privée du sol; les terres des nobles étaient soumises à ce droit coutumier. Les bourgeois du xvnr3 siècle se plaignaient amèrement de cette dernière trace de l'antique droit communiste : « Le droit de parcours et de vaine pâture, dit un lauréat de l'Académie de Besançon, atténue le droit de propriété. Tout héritage grevé de ce droit devient communal dès le moment que le propriétaire a enlevé la récolte, au jour qui lui a été indiqué. Sa propriété cesse à cette époque; elle est interrompue pour être transmise au public1. »
Les terres n'étant, à l'origine, partagées qu'entre les pères de famille descendant des premiers occupants, chaque villageois doit connaître et pouvoir prouver son origine. Dans certaines communes de l'Inde, une classe spéciale de fonctionnaires existe pour dresser et préserver les généalogies ; ils peuvent réciter, sans en sauter un, tous les noms des ancêtres. Les registres des familles del'Attique étaient soigneusement tenus; y inscrire
1. Ethis de Novéan, premier secrétaire de l'intendance de Franche-Comté, Mémoire y couronné par l'Académie de Besançon et publié dans la Gazette du commerce , de V agriculture et de la finance de 1767.