‹ La propriété, origine et évolution; thèse communisteChapitre 16 sur 149 · Les Sociétés africaines · texte numérisé non relu

Les Sociétés africaines

espaces immenses ; les Iroquois, les Cherokees, les Greeks, les Choctaws, les Odjibaws, les Apaches, se trouvaient trop à l'étroit sur les territoires de l'Amérique du Nord.

Les parcours de chasse sont forcément indivis entre les membres de la même peuplade. On ne peut pas faire le bornage de la forêt ou de la prairie pour cantonner l'éléphant ou le bison de tel ou tel ; ce n'est que dans une civilisation beaucoup plus avancée que commence la culture. Cette besogne silencieuse et patiente qui exige un double effort, l'épargue de la semence et l'attente de la récolte, est antipathique à la plupart des peuplades, quoique Livingstone affirme les bonnes dispositions du nègre pour elle ; mais en si grand mépris que les chasseurs tiennent la culture, ils éprouvent cependant le besoin, dès qu'ils sont arrivés à la phase de prévoyance, de varier leur ordinaire et de s'assurer contre la disette, en faisant cultiver par les femmes quelques plantes : du manioc, du sorgho, delà banane, du maïs.

Le peuple chasseur, resté dans l'indivision pour la chasse, établit la propriété individuelle pour les terrains qu'il fait cultiver par la femme.

Au fur et à mesure que la civilisation se développe, la propriété du champ tend, même chez les Peaux Rouges, à devenir de plus en plus individuelle. M. Letourneau le constate à regret1, et M. Lafargue ne le contredit pas, en dépit de la première phrase de son premier chapitre.

Cette culture implique une appropriation d'autant plus

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