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Le fanatisme religieux, par exemple, par ses mesures de

persécution, a produit des effets que ses partisans étaient loin de prévoir et une sorte de sélection à rebours. « Par une suite de supplices et d'euipoisouuements, dit Galton dans son Hereditary Genius, la nation espagnole a été vidée de libres penseurs et comme drainée à raison de 1000 personnes par an, pour les trois siècles entre 1471 et 1781; car une moyenne de cent personnes ont été exécutées et une moyenne de 900 emprisonnées chaque année durant celte période. Pendant ces trois siècles, il y a eu 32 000 personnes

l'inévitable effet des lois biologiques, c'est-à-dire de la concurrence vitale, de l'hérédité et de la sélection naturelle. Une bienfaisance qui ne tient nul compte de ces lois peut devenir malfaisante, et la fraternité à courte vue qui ne considère que la génération actuelle peut se changer, comme nous allons le voir, en une véritable injustice envers les générations futures. Le grand danger auquel s'expose une charité aveugle, séparée de la science et de la justice contractuelle, c'est d'abaisser le niveau physique et moral de la race. C'est aussi le danger des utopies socialistes. Quelles sont sur ce point les conclusions du darwinisme? On peut, avec Spencer, les résumer dans ces deux propositions, que tout philanthrope et tout économiste, selon lui, devrait avoir sans cesse présentes à l'esprit ; « La qualité d'une société baisse sous le rapport physique par la conservation artificielle de ses membres les plus faibles; la qualité

brûlées, 17 000 brûlées en effigie (la plupart sont mortes en prison ou ont quitté TEspagne), et 291 000 ont été condamnées à la prison ou à d'autres peines. Il est impossible qu'une nation résiste à une politique pareille sans une grave détérioration de la race. En enlevant à la nation ses hommes les plus intelligents et les plus hardis, cette politique a eu pour résultat notable la formation de la race inintelligente et superstitieuse de l'Espagne contemporaine. » On a aussi plusieurs fois appelé l'attention sur l'eflet désastreux du régime militaire de notre époque, qui enlève à la famille et au travail la partie la plus valide de la jeunesse et, ne laissant dans les foyers que les hommes chétifs ou infirmes, produit une sélection à rehours dans la nation. Quand la guerre vient se joinlire à l'armement universel, elle mo ssoime la partie la meilleure d'un peuple et abâtardit les générations qui restent.

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d'une société baisse sous le rapport moral par la conservation artificielle des individus les moins capables de prendre soin d'eux-mêmes '. » Exposons successivement et essayons de restreindre à leur vraie portée ces deux propositions capitales.

La loi de Malthus, dont Darwin a déduit celle de la concurrence vitale, tend à amener, dans l'état actuel de la société, une surabondance numérique d'individus qui luttent pour l'existence en même temps que pour la propriété. L'excès de fécondité a de bons et de mauvais résultats. Tous les individus se trouvant ainsi soumis à la difficulté croissante de gagner leur vie et d'arriver à une des formes quelconques de la propriété, il se produit dans la société une sorte de « pression » dont l'effet naturel est en moyenne un progrès. Ceux-là seuls, en effet, peuvent survivre qui sont capables de résister à cette pression et même de progresser sous son influence; or ceux là doivent être « les élus de leur génération ». Quand un individu succombe, c'est toujours faute de pouvoir triompher d'une certaine action du milieu ambiant, froid, chaleur,' humidité, insalubrité de l'air, etc. ; il ne peut faire face à une ou à plusieurs des nombreuses forces qui agissent sur lui et en présence desquelles doit se déployer son activité vitale. Il peut dès lors succomber plus ou moins vite, selon la vigueur de son organisation et

1. Herbert Spencer, Introduction à la science sociale, p. 368.

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les incidents de sa carrière; mais, dans le cours naturel des choses, ceux qui sont imparfaitement oiganisés disparaissent avant d'avoir une postérité, et les organisations les plus vigoureuses concourent seules à produire la génération suivante. Telle est la sélection naturelle, favorable à Tamélioraîion de l'espèce, qui se produit dans l'humanité quand on laisse agir la nature sans la contrarier. a C'est, dit Spencer, un travail d'élimination naturelle par lequel la société s'épure continuellement elle-même. » Supposez maintenant qu'une philanthropie ignorante de la science sociale et des sciences naturelles entreprenne de corriger la nature, de diminuer à tout prix les chances de mortalité pour les faibles, de les faire survivre artificiellement par ses secours, quels seront les résultats pour les générations futures? — D'abord la population s'accroît plus qu'elle ne l'aurait fait; tout le monde se trouve donc réduit à une plus grande difficulté de vivre et soumis à des actions destructives plus intenses. Cet accroissement de la population pourrait encore produire de bons résultats s'il n'était pas dû à un accroissement du nombre des faibles. Mais la survivance des faibles gâte tout : ils se marient avec les forts, qui autrement auraient seuls survécu; ce mariage altère la constitution générale de la race, il la fait descendre à un degré de force et pour ainsi dire de tonicité moindre, correspondant aux conditions d'existence que l'on a créées artificiellement.

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