‹ La propriété socialeChapitre 38 sur 55 · LE PROBLÈME DE LA POPULATION · texte numérisé non relu

LE PROBLÈME DE LA POPULATION

C'est donc l'application excessive et anormale du cerveau qui diminue par compensation la vigueur

cTzipiioi. £1? TT.v x£râ).r,v à-jior,. Comme la fleur double est obtenue par l'hypertrophie ou la transformation des organes de la génération, comme la floraison et la fructification épuisent la vitalité de l'être qui accomplit ces fonctions, de même il est possible que le moyen de concentrer toute la force nerveuse au cerveau, de la transformer toute en cerveau, si l'on peut ainsi dire, en atrophiant l'autre pôle, soit trouvé un jour. L'une de ces fonctions est un alTaiblissement de l'autre; ce qui est donné à l'une est enlevé à l'autre. » (Dialogues philosophiques, p. 119.) Diderot, dans le Rêve de d'Aleyyibert, exprime des idées analogues, mais au fond moins hasardées, parce qu'elles reposent sur le développement des forces spontanées de la nature et non sur l'artifice de la science humaine : « J'ai vu deux moignons devenir à la longue deux bras... Au défaut des deux bras qui manquaient, j'ai vu deux omoplates s'allonger, se mouvoir en pince et devenir deux moignons. — Quelle folie! — C'est un fait. Supposez une longue suite de générations manchotes, supposez des etTorts continus, et vous verrez les deux côtés de cette pincette s'étendre, s'étendre de plus en plus, se croiser sur le dos, revenir par devant, peut-être se diviser à leurs extrémités, et refaire des bras et des mains. La conformation originelle s'altère ou se perfectionne par la nécessité et les fonctions habituelles. Nous marchons si peu, nous travaillons si peu et nous pensons tant, que je ne désespère pas que l'homme ne finisse par n'être qu'une tête. — Mlle de Lespinasse : Une tête! une tète! c'est bien peu de chose; j'espère que la galanterie effrénée... Vous me faites venir des idées bien ridicules. »

Selon M. Ribot, <i une sélection consciente, pratiquée longtemps, aurait de bons résultats, » mais la race ainsi formée ne pourrait jamais être abandonnée à elle-même; car, sans parler de l'atavisme, qui ramènerait brusquement des formes mentales en apparence éteintes, nous savons que l'hérédité a toujours une tendance à retourner au type primitif, « ou, pour parler sans métaphore, que ce qui est acquis depuis peu a peu de stabilité. Peut-être aussi ces constitutions d'élite ressemblent-elles à des composés très instables, qu'il est bien difficile de fixer. » {^De l Hérédité, p. 417.)

génératrice, et surtout ce sont les mauvaises conditions d'hygiène dans lesquelles vivent les « penseurs )), ou la nécessité de se surmener que leur impose souvent un travail excessif. Chez les peuples qui marchent à la tête de la civilisation, les minorités qui travaillent à l'excès pour Favancement de celte civilisation s'épuisent vite et ont besoin d'être remplacées par des générations nouvelles. C'est une des causes de la stérilité relative des villes comparée à la fécondité des campagnes. Les foyers de vie intellectuelle, les grandes cités sont les Minotaures de la civilisation; mais ce n'est pas seulement, comme semble le croire M. Jacoby, parce qu'on pense trop dans les grandes villes, c'est parce qu'on y pense mal et qu'on y vit contrairement à toutes les règles de l'hygiène *. La loi biologique admise par Spencer n'est vraie que dans ses principes les plus généraux, non dans les conséquences extrêmes qu'il en a tirées, les circonstances spéciales

1. Aussi Balmsen n'a nullement prouvé, selon nous, que les peuples qui seront à la tête de la civilisation à venir devront sortir de races aujourd'hui à demi ploni^ées dans l'ignorance. Bahnsen, s'appuyanl sur le rapport inverse du développement cérébral et du développement sexuel, a écrit cette phrase curieuse, spécimen de fatras germanique : « Plus la lumière de la conscience, arrivée au zénith de sa splendeur historique universelle, dessine avec nellcté les contours des fleurs de la vie, plus sûrs et plus rapides sont le déclin et l'anéantissement de la puis<-ance germinative sous l'éclat de cette lumière trop vive, tandis que la fraîcheur d'une demiconscience, douce comme un clair de lune, conserve les peupies réserves pour l'avenir. •

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