LE PR0BLÈM1-: DE LA POPULATION
pouvant apporter mainte perturbation dans les effets de cette loi.
Dans tous les cas, un temps doit venir où s'établira enfln l'équilibre. Le système nerveux finira par devenir capable de faire face sans se surmener aux difficultés de l'existence, « de fournir à toutes les demandes reçues » ; il cessera alors de se développer aux dépens de l'organisme. Par cela même, la fécondité sera normale, ni trop grande ni trop petite; l'barmonie existera entre la population et les conditions de l'existence, entre la population et la propriété. Il y a donc du vrai dans cette conclusion finale à laquelle Spencer aboutit : l'excès de fécondité a rendu la marche de la civilisation inévitable (ajoutons la marche de la philanthropie), et la marche de la civilisation doit inévitablement ramener la fécondité à ses conditions normales. Ainsi se résoudra peut-être le problème qui avait tant inquiété Malthus. Par là aussi on voit que la philanthropie scientifique, en répandant l'instruction avec le bien-être et la propriété, en élevant ainsi le niveau intellectuel des classes misérables, tend à établir chez elles l'équilibre de la fécondité et des fonctions intellectuelles, par conséquent à diminuer cette prolifération aveugle et parfois excessive qui inquiète les économistes sinon pour le présent, du moins pour l'avenir. Ici encore les avantages de la pliilanthropie compensent, et au delà, des inconvénients qui n'ont rien d'essentiel.